Chère Mrs Bird, roman d’A.J. Pearce

Vous allez certainement croire que je suis obsédée par la Seconde Guerre Mondiale, mais effectivement, après vous avoir présenté La Chorale des dames de Chilbury la semaine dernière, roman qui se déroulait en Angleterre pendant la guerre, je vais aujourd’hui vous parler du roman d’A.J. Pearce, Chère Mrs Bird, qui se déroule… aussi en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale ! C’est un hasard, mais j’ai lu les deux livres dans la foulée, et je dois avouer que je suis très imprégnée du sujet. Lire deux livres qui parlent de la même chose peut être un risque : on pourrait les comparer et finir par déprécier un livre alors même qu’il a plein de qualités. L’avantage dans le cas présent, c’est que même si les deux romans évoquent le même sujet, ils ne l’abordent pas du tout de la même manière. Et là où La Chorale des dames de Chilbury était un roman à plusieurs voix qui lorgnait du côté du roman historique, Chère Mrs Bird se démarque par son ton (il y a beaucoup d’humour) et par son approche plus intime du Blitz. En lisant mes deux chroniques, vous pourrez donc faire votre choix… sachant qu’à mon avis, le mieux reste encore de lire les deux !

Cette année 1940 n’est décidément pas drôle pour les Anglais en règle générale, et pour les londoniens en particulier. Le Blitz, cette stratégie de bombardement de la capitale par les forces allemandes, fait trembler la ville chaque nuit, et les sirènes des secours répondent au bruit des bombes qui tombent du ciel. Au beau milieu de tout ce chaos, Emmy tente par tous les moyens de se rendre utile, en répondant notamment au standard d’un poste de secouriste pendant les bombardements. Mais la réalité de la guerre ne lui a pas fait oublier son rêve : devenir un grand reporter. Quand une annonce pour un groupe de presse apparaît dans le journal, elle décide aussitôt de tenter sa chance. Ce n’est qu’un poste d’assistante, mais ce sera le premier échelon vers sa future carrière de journaliste intrépide ! Sauf qu’à la suite d’un quiproquo pendant l’entretien d’embauche, elle est en fait engagée au sein de la rédaction d’un journal féminin passé de mode, et elle doit servir d’assistante à la terrible Mrs Bird, qui répond au courrier des lectrices avec un rigorisme victorien qui fait fuir les lectrices. Confrontée à des lettres émouvantes de femmes confrontées à la guerre, séparée de leurs maris et parfois de leurs enfants, Emmy découvre l’autre visage de la guerre, celui du « front intérieur » et des femmes courageuses qui font face tous les jours au danger. N’écoutant que son cœur, elle décide de prendre la plume pour répondre à ses femmes et les soutenir… au risque de provoquer l’a colère de Mrs Bird !

L’avantage avec Chère Mrs Bird, c’est que même si vous n’aimez pas les romans historiques et que vous pensez que la Seconde Guerre mondiale est un sujet beaucoup trop déprimant pour vous relaxer le soir en rentrant du travail… eh bien vous allez changer d’avis !

Contrairement aux apparences, Chère Mrs Bird est un roman extrêmement drôle, bourré d’énergie et de bonne humeur. Quoi, c’est un peu paradoxal étant donné le sujet ? Oui, mais justement le livre aborde une période où les autorités britanniques faisaient tout pour garder le moral de la nation au plus haut, et où faire bonne figure était devenu un acte de patriotisme. Du coup, et même si c’est un peu déstabilisant au début, le roman d’A.J. Pearce regorge de bons mots, de situations cocasses et d’une touche de chaleur humaine qui fait forcément mon bonheur en tant que lectrice.

L’histoire est très originale parce qu’elle ne se contente pas de nous plonger dans l’intrigue farfelue d’Emmy, qui se fait passer pour une autre en écrivant des lettres. Cette intrigue romanesque se mêle à la grande histoire, car le Blitz sert de toile de fond. Le quotidien d’Emmy et de ses amis, c’est le bombardement de la ville. Il y a donc deux pans dans le roman : la tragédie de l’histoire en marche, et la comédie d’une correspondance illicite menée par une jeune fille qui pense pouvoir sauver des vies à sa façon.

Même si ce roman est globalement un livre léger, il n’en oublie pas non plus le drame de la guerre, et certains passages abordent le drame du bombardement de façon plus précise, dans ce qu’il a de plus tragique pour la population qui le subit. L’auteure jongle avec beaucoup d’élégance entre ces deux aspects, à tel point qu’on pourrait penser qu’on suit les aventures de Bridget Jones pendant la guerre. Et ça marche : on se prend d’affection pour Emmy, pour sa meilleure amie Bunty, pour son collègue monsieur Collins et pour tous les autres personnages. On rit dans les moments drôles, on frémit dans les instants graves… et on ne peut pas lâcher ce roman avant la fin !

Donc si vous aimez les beaux portraits féminins, les romans bien écrits, les histoires riches en rebondissements, et globalement si vous cherchez un roman qui vous redonnera la pêche, alors Chère Mrs Bird est le livre qu’il vous faut.

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3 commentaires pour Chère Mrs Bird, roman d’A.J. Pearce

  1. Ce livre me tente énormément ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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