Police, roman de Hugo Boris

Livre chroniqué par Julie.

Connaissant certaines des œuvres précédentes de Hugo Boris, La Délégation norvégienne notamment, j’ai eu l’agréable surprise de voir sortir pour la rentrée littéraire aux éditions Pocket son dernier roman, Police. Assistant-réalisateur pour des documentaires de télévision, l’auteur s’est fait remarqué par la critique dès son premier roman en 2005, Le Baiser dans la Nuque, et s’est vu récompensé de plusieurs prix à l’instar du prix Thyde-Meunier, du prix Emmanuel-Roblès, et dernièrement, du prix Eugène-Dabit du roman populiste. Brut et en même temps riche d’une sensibilité profonde, Hugo Boris dévoile en effet une écriture et des thèmes qui ne laissent pas indifférent.

Dans un huis clos haletant et bouleversant, trois gardiens de la paix se livrent le temps d’une nuit. Epuisés par leur journée de travail, ils se voient confier une mission inhabituelle, la reconduite à la frontière d’un réfugié tadjik voué à une mort certaine. Ces quatre tragédies personnelles, dévoilées durant un trajet sombre et difficile, suffiront-elles à leur ouvrir les yeux pour changer leur monde à la dérive ?

Hugo Boris est décidément un auteur à connaître et à suivre de très près. Il possède un talent certain pour plonger dans les âmes les plus troubles et pour trouver l’espoir au fond de la noirceur. Impossible, de prime abord, de s’attacher à des personnages aussi paumés, et pourtant, au fil des pages, on s’attache à Virginie, jeune fliquette en manque d’amour et à la recherche de sa féminité perdue, à Aristide ce faux dur au cœur pas si fermé que ça, et à Erik, enfermé dans une image austère qui ne lui correspond pourtant pas. Ce trio que tout oppose va pourtant vivre une aventure unique et se retrouver solidaire autour du Tadjik en danger.

Court, le roman de Hugo Boris gagne ainsi en intensité, plongeant tout de suite dans le vif du sujet. L’atmosphère est pesante, chargée en émotions, et ce n’est pas sans mal qu’on s’extirpe de cette tranche de vie. On ne connaîtra pas la suite de leurs aventures, mais on reste cependant marqué par cet épisode d’une nuit. Pas de caricature ici malgré des traits de caractère parfois poussés à l’extrême. On apprécie la sincérité de l’auteur pour ses personnages à qui il semble ne rien épargner.

Pas de livre policier ici, malgré le titre trompeur, mais un roman humain et haletant qui devrait très certainement plaire aux amoureux de huis clos originaux et riches en émotions. Police est décidément un très grand cru dans cette rentrée littéraire pleine de surprises !

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