Cracks : drame psychologique dans un pensionnat anglais

Cracks-affiche

J’aime bien vous parler des adaptations de romans portés à l’écran, que ce soit pour la télévision ou le cinéma. Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est vous faire découvrir de petites pépites, des séries ou des films qui n’ont pas forcément fait parler d’eux en France alors qu’ils ont pourtant des qualités. C’est la raison pour laquelle je vous parle aujourd’hui de Crakcs, un film anglais réalisé par Jordan Scott et basé sur le roman éponyme de Sheila Kohler. Le film date de 2009… et j’ai vraiment l’impression que personne ne le connaît ! Donc aujourd’hui, séance de rattrapage pour tout le monde.

La vie suit un cours tranquille dans le pensionnat pour jeunes filles de St Mathilda. Situé dans un joli coin de campagne anglaise, ce lieu parfait retiré du monde et des tourments politiques de ces années 1930 permet aux jeunes filles de bonnes familles de grandir dans une bulle de sérénité. Elles sont jeunes, intelligentes et ont la vie devant elles. Mais par-dessus tout, elles sont toutes fascinés par Miss G, l’une de leurs professeurs, une jeune femme brillante qui a apparemment vécu une vie trépidante avant de se consacrer à l’enseignement. Pour Di, l’une des élèves, Miss G est un modèle de perfection. Mais le cours des choses bascule quand une nouvelle jeune fille arrive : Fiamma est belle et vient d’Espagne. Miss G semble rapidement captivée par la nouvelle venue. Sa curiosité vire à l’obsession tandis que Di ressent une rivalité violente croitre entre elle et Fiamma. Une rivalité qui va déboucher sur des événements tragiques…

Les pensionnats anglais auront décidément inspiré bien des auteurs ! Je ne sais pas si le danger y rôde réellement, mais ce qui est sûr c’est que cette histoire s’inscrit dans ce qu’il est convenu d’appeler une tradition littéraire. C’est d’ailleurs cette histoire qui m’a attiré vers ce film dont pourtant personne ne semblait parler. Enfin, ça et le fait qu’Eva Green jour le rôle de Miss G car j’aime beaucoup cette actrice.

L’histoire est finalement assez simple puisqu’il s’agit d’une rivalité adolescente et d’un triangle amoureux. Mais ce qui est vraiment remarquable dans cette histoire, c’est le traitement des personnages et leur construction psychologique. Les choses ne sont jamais aussi simples qu’on le croit, et chaque personnage renferme un secret. La tension entre les filles et le professeur est palpable, et les rapports de force qui se mettent en place créent une atmosphère vraiment pesante dans laquelle on sent bien que le drame peut arriver à n’importe quel moment.

Jordan Scott, la réalisatrice du film (oui, c’est la fille de Ridley Scott), a signé elle-même le scénario adapté du roman. C’est peut-être la raison pou laquelle on sent une grande cohérence entre le fond et la forme. Les personnages sont souvent filmés en plans serrés, comme si on les observait à la loupe. Ils sont scrutés mais résistent pourtant à toute analyse. Ils s’échappent et ne se laissent pas prendre facilement. Il y a aussi beaucoup de non-dits. La caméra caresse les personnages comme pour les apprivoiser. La mise en scène ne cherche jamais à verser dans le sensationnalisme ; au contraire elle sait se faire discrète dans certaines scènes. Il y a une forme de pudeur dans cette histoire.

En même temps, le sujet de l’histoire est marqué par une certaine violence. Le film interroge la question du fantasme chez les adolescents. Comment, quand nous sommes jeunes, nous avons tendance à idéaliser les choses et à ne plus avoir de limites dans nos passions. Certaines passions peuvent alors être destructrices. C’est un aspect qui est traité avec beaucoup de finesse dans l’histoire.

J’ai beaucoup aimé ce film, et je trouve que tout le casting est épatant car chacune des filles est juste. On plonge avec beaucoup de fascination dans cet univers clôt et oppressant où chacun lutte pour maintenir son pouvoir et son emprise sur les choses. Le film en lui-même est un très bon film et il m’a vraiment donné envie de lire le roman dont il est tiré. Je ne crois pas qu’il existe de traduction française mais l’édition originale est disponible en format poche sur internet. Si vous appréciez les drames (je dis drame parce que c’est un film intense et sérieux, mais ce n’est absolument pas triste ou glauque), je pense que vous aurez une très belle surprise en regardant ce film qui est très bon.

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Un commentaire pour Cracks : drame psychologique dans un pensionnat anglais

  1. Natacha dit :

    Oh je note tout ça ! J’adore Eva Green

    J'aime

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