Interview de Nicole Ligney

Après avoir écrit pendant des années sur « le monde réel », Nicole Ligney s’est finalement faite rattrapée par son goût de la fiction. Elle vient de publier en mars dernier son premier roman, Six mois entre deux rives. Une histoire d’amour qui ne sombre jamais dans la romance simpliste mais brosse au contraire le portrait touchant et authentique de deux personnes qui se rencontrent et tombent amoureuses. Une belle surprise au beau milieu des nouveautés habituelles. Du coup, j’ai eu envie de lui poser quelques questions pour en apprendre plus sur son projet d’écriture. L’occasion aussi de vous la faire découvrir et de vous donner, je l’espère, encore plus envie de découvrir son livre.

Tout d’abord, pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

Comme Lili, j’ai appris à lire dans le journal…je crois que c’est ainsi qu’est née ma vocation. Après mes études je suis passée par tous les services d’un journal professionnel. Un parcours qui commence donc à l’envers, par la pratique. J’ai acquis la théorie au CPJ, en cours du soir. Diplôme de journaliste en poche, j’ai frappé à beaucoup de portes avant que s’ouvre celle que j’espérais : Partir, un journal de voyages. L’aventure a duré trois ans. Après avoir publié les bios de Joan Baez et Georges Brassens, être passée par l’édition, j’ai intégré l’équipe de Femme Actuelle au poste de rédactrice en chef adjointe. Après vingt ans de bons et loyaux services, l’heure des grandes vacances a sonné. Par plaisir, et à la demande des Editions de l’Archipel, j’ai réécrit et romancé le témoignage d’une jeune femme née au Biafra. Quand est paru « La petite fille qui dansait dans sa tête », j’ai pensé qu’il était temps que j’écrive à nouveau en mon nom.

Six mois entre deux rives est votre premier roman. Comment vous est venue l’envie d’écrire ce livre ?

L’envie d’écrire un roman était là mais je n’étais pas à l’aise avec la fiction. Les bios me semblaient tellement plus faciles, à cause de la matière existante. Je ne me sentais pas capable d’inventer des vies. Un ami m’a convaincue, arguant que les idées prenaient place dans la tête et qu’elles sortaient quand on ne s’y attendait pas. C’est ce qui s’est produit. Un matin, au réveil, j’ai pensé à un semblant d’histoire, les personnages me sont apparus, je me suis mise à écrire.

Dans ce livre, l’histoire se construit en croisant deux portraits de femmes. Pourquoi avoir fait le choix de cette construction qui alterne les points de vue de Rubene et Lili ? Vous auriez pu tout raconter du point du vue de Lili…

A partir du moment où il y avait deux personnages centraux, il me semblait intéressant d’avoir les deux points de vue. D’autant qu’aux questionnements de Lili répondent ceux de Rubene. L’une est totalement perturbée par cette rencontre et les sentiments qu’elle fait naître, l’autre est totalement perdue à cause de ce qu’elle a vécu et se demande si ce nouvel amour peut tout lui faire oublier et la sauver.

Vous décrivez une histoire d’amour, mais pas du tout comme une romance, plutôt comme un portrait psychologique qui permet d’observer le cheminement émotionnel des personnages. Est-ce que le livre a pris ce style spontanément ou bien avez-vous travaillé de façon volontaire pour obtenir ce résultat ?

Au départ ce n’était pas volontaire mais ça m’a vite semblé nécessaire. Comme je le dis dans la réponse précédente, Lili et Rubene sont perturbées chacune à leur façon. Il me fallait expliquer pourquoi et brosser le portrait psychologique de chacune pour y répondre au mieux.

Sans trop en dévoiler, le livre se termine sur un rebondissement incroyable et terrible. Comment avez-vous eu cette idée ? Est-ce que ce n’est pas une fin un peu pessimiste ?

Difficile d’expliquer ce rebondissement sans trop en dévoiler. J’y ai pensé alors que je n’étais qu’à la moitié du livre. C’est toujours bien de connaître la fin de ce qu’on écrit pendant qu’on écrit. Ça permet de savoir vers quoi on va et, surtout, vers quoi on ne veut pas aller ! Je savais que j’allais avoir un mal fou à me séparer de mes personnages et j’ai opté pour une fin ouverte. Une fin qui laisse aux lectrices le pouvoir d’imaginer cette fin. Vous la trouvez pessimiste, pourquoi ? On peut aussi être optimiste et ne pas s’attendre au pire.

Avez-vous déjà un autre livre en projet ? Quelles sont vos envies en matière d’écriture ?

J’hésite entre une suite à « Six mois entre deux rives » ou un roman très psychologique sur la fatalité. Les idées sont en train de germer… J’ai envie de personnages assez banals face à des situations qui ne le sont pas. J’aime bien imaginer la réaction de ceux qui sont confrontés aux mauvais coups de la vie. Comme aux coups de cœur !

En enfin, la question que je pose à chaque fois : quel est le dernier livre pour lequel vous avez eu un coup de cœur ?

Sans aucune hésitation, « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut. J’ai adoré l’histoire de cet amour fou. C’est réjouissant, poétique, tendre et grave à la fois. On sourit mais les larmes ne sont jamais loin.

Je remercie beaucoup Nicole Ligney d’avoir accepté de répondre à mes questions. Je rappelle que vous trouverez son roman Six Mois entre deux rives aux éditions Remanence.

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