L’Homme au ventre de plomb, roman policier historique de Jean-François Parot

ParotAprès avoir profité de l’été 2015 pour lire la première aventure de Nicolas Le Floch, enquêteur dans la police de Sa Majesté le roi Louis XV, j’étais bien décidée à lire les autres romans tant j’avais aimé ce premier livre. Janvier 2016 est donc l’occasion idéale de poursuivre mon périple littéraire dans une époque qui réserve décidément beaucoup de surprises. Cap sur le deuxième tome : L’Homme au ventre de plomb. Un titre énigmatique qui laisse présager une enquête passionnante…

C’est une belle soirée qui se prépare dans l’Opéra de Paris : la princesse Adelaïde, chaperonnée par le comte de Ruissec et entourée de nombreux membres de la cour de France, doit assister à la représentation. Une soirée plus studieuse pour Nicolas Le Floch qui a été réquisitionné pour faire partie du dispositif de sécurité de cette brillante soirée. Mais les festivités laissent rapidement place au drame lorsqu’une nouvelle vient noircir le tableau quand on apporte une nouvelle au comte de Ruissec : son fils aîné d’être retrouvée mort chez lui. Une affaire bien mystérieuse et très délicate, d’autant que tout laisse à penser que l’héritier du comte s’est suicidé… ce qui n’est pas acceptable pour les fils de bonnes familles. Mais Nicolas va rapidement parvenir à des conclusions différentes : l’assassinat ne fait aucun doute pour lui. L’affaire va encore se retrouver plus mystérieuse quand un complot contre la personne du roi apparaît dans le tableau. Mais quel rapport avec le comte de Ruissec ?

Dès les premières lignes du livre, on se retrouve instantanément plongé dans l’ambiance si particulière du Paris du XVIIIe siècle. L’ambiance de la cour, les mœurs de l’époque, les codes de la société d’ancien régime… Et surtout, l’intrigue commence sur les chapeaux de roues puisque dès les premières pages on découvre une mort suspecte. On suit donc avec beaucoup de curiosité les pas de Nicolas, qui se retrouve au cœur d’un scandale d’état, balloté entre son devoir de trouver la vérité et la pression hiérarchique qui impose la discrétion, quitte à laisser dans l’ombre certains faits qui ne doivent pas être connus du grand public.

L’intrigue est menée sur un rythme soutenu, avec pas mal de rebondissements. J’ai juste regretté que plusieurs fils se mélangent, au risque que parfois on perde un peu en clarté. Mais ça ne gâche pas le plaisir de la lecture car de page en page, l’auteur nous réserve de nombreuses surprises. C’est d’autant plus réussi que Jean-François Parot nous met dans un contexte politique précis et tendu. Il ne s’arrête pas au côté carte postale de son histoire et nous plonge vraiment dans les intrigues de l’époque. Et pas besoin d’avoir de grandes connaissances en histoire car Jean-François Parot est un très bon guide qui sait se mettre au niveau de son auditoire. Il prend son lecteur par la main et lui fait faire « le tour du musée » afin que la découverte soit la plus fluide possible. Un détail qui a son importance et fait de la lecture un excellent moment.

Pour ce qui est des personnages, je ne vais pas répéter ce que j’ai déjà pu écrire dans ma chronique du premier tome : je les adore tous. Nicola Le Floch est un personnage attachant que l’on a beaucoup de plaisir à suivre. Le fait qu’il soit issu de la noblesse (bien qu’il le cache souvent) lui permet de naviguer entre plusieurs univers : des falbalas de la cour aux tripots de Paris, toutes les portes s’ouvrent devant lui, ce qui permet aussi au lecteur d’avoir une vision à 360 degrés de la société française de l’époque. A ses côtés, on retrouve avec un immense plaisir des personnages secondaires tout aussi attachants : le gentil Bourdeau, Sanson le bourreau sensible, le docteur Semacgus, monsieur de Noblecourt et ses connaissances infinies, l’énigmatique comte de la Borde, et bien sûr monsieur de Sartine que j’adore à cause de son côté mystérieux et son humour pince-sans-rire.

Au beau milieu de la valse de ces personnages, on croise aussi pas mal de figures historiques, à commencer par le roi Louis XV et sa favorite, la Pompadour. Le mélange des genres est une franche réussite puisqu’on passe allègrement de l’aspect historique de l’histoire à l’intrigue policière. Ce qui fait de ce roman un modèle de réussite, et les fans de romans policiers historiques se régaleront vraiment.

Chose intéressante, dans ce second tome on remarque bien que Nicolas à mûri et qu’il est moins naïf dans ses relations avec ses supérieurs. Plus au fait de la vie parisienne, il avance désormais en terrain connu, et s’il lui arrive encore de faire des erreurs de jugements, c’est pour mieux retomber sur ses pattes. A travers son évolution, c’est aussi le lecteur qui évolue, entrant un peu plus en avant dans un univers a priori opaque, et qui recèle en fait plein de secrets passionnants. Bref, le genre de roman policier historique qu’il est impossible de lâcher !

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Un commentaire pour L’Homme au ventre de plomb, roman policier historique de Jean-François Parot

  1. WordsAndPeace dit :

    Ah! pour une fois, je l’ai lu avant toi. Je l’ai aimé aussi.
    et j’ai lu le #3, très bon aussi

    J'aime

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