Le Sixième Sommeil, nouveau roman de Bernard Werber

sixieme-sommeilRéglé comme du papier à musique, Bernard Werber nous invite chaque année à découvrir un nouveau livre. Les fans apprécient la régularité, mais surtout la diversité de l’ensemble. Car la grande force de Werber, c’est d’allée piocher des sujets « dans l’air du temps » pour en faire des fictions passionnantes. Si la plupart des lecteurs l’ont découvert avec le cycle des Fourmis, pour ma part je suis tombée sous le charme avec Les Thanatonautes, un roman dont le sujet n’était pas très éloigné du petit dernier : Le Sixième Sommeil. Cela faisait quelques temps que je n’avais pas lu un roman de Bernard Werber, mais c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas !

Le jeune Jacques Klein est né de parents pour le moins intéressants : un père navigateur en solitaire et une mère médecin spécialisée en troubles du sommeil capable de « coacher » les insomniaques et autres sinistrés du sommeil pour retrouver le plaisir de dormir. Avec une telle ascendance, on pouvait s’attendre à ce que le jeune Jacques développe rapidement des capacités extraordinaires. Et, si ce n’est une phobie de l’eau, c’est effectivement ce qui va arriver : devenu jeune homme, il étudie la médecine et se spécialise lui aussi dans les troubles du sommeil. Un sujet d’étude qui va le mener loin dans le monde réel (jusqu’en Malaisie précisément) et dans le monde des rêves (il va voyager dans le temps et rencontre son « moi » futur). Mais ses multiples aventures ne sont que des étapes dans la grande quête qui l’attend : celle du sixième sommeil qui lui permettra d’atteindre un nouveau niveau de conscience encore inexploré par les humains…

Comme souvent, il est bien ardu de résumer un roman de Bernard Werber. Déjà parce que les thématiques scientifiques ne sont pas faciles à résumer et ensuite parce que la narration n’est pas toujours aussi linéaire qu’on le croit. Bernard Werber aime bien faire pénétrer son lecteur dans un monde complexe. Il ne nous prend pas par la facilité, et c’est l’un des aspects qui fait de ses livres des romans si intéressants.

Le thème de ce petit nouveau avait tout pour me séduire tant il est vrai que le sommeil est une des grandes passion de ma vie. Je suis comme les chauve-souris : je peux dormir douze heures par nuit et quand même faire une sieste d’une heure et demie dans l’après-midi. J’exagère à peine ! J’aime dormir et j’adore rêver. J’aime la sensation de somnolence pendant une grasse matinée, et le sommeil du matin est celui que je préfère par-dessus tout. Or, le sommeil est un sujet sensible, tant les mauvais dormeurs sont nombreux. Ils ont même tendance à considérer avec pas mal de condescendance ceux qui dorment bien.

Dans son nouveau livre, Bernard Werber aborde le sommeil d’une manière à la fois très poétique (car c’est une source d’inspiration, de création, de reconstruction du mental) mais aussi d’un point de vue pragmatique en soulignant notamment les bienfaits du sommeil sur l’organisme (la réduction du stress par exemple). Alors évidemment, on apprend plein de choses, et on en vient à considérer le sommeil autrement : comme un élément vital.

Cet aspect de l’histoire était le plus intéressant pour moi car c’est l’occasion pour Bernard Werber d’être dans une démarche apprenante, et c’est ce qu’il préfère par-dessus tout. Par contre, j’ai été un peu moins sensible à l’histoire de Jacques Klein qui est sensé être le personnage principal. J’ai eu la sensation qu’il était plutôt un prétexte, le lien entre le lecteur et l’histoire. Il m’a semblé manquer de consistance, et dans la majorité des cas, les éléments périphériques sont plus intéressants que lui. Disons que ce n’est pas un personnage aussi emblématique que d’autres personnages nés de l’imagination de Bernard Werber.

Ce livre a été une bonne lecture, même si le personnage principal ne m’a pas fait forte impression. Dès le début du livre, on embarque bien dans l’histoire, notamment grâce au personnage de Caroline Klein, un excellent personnage secondaire qui capte merveilleusement l’attention du lecteur. J’ai bien aimé aussi certains clins d’oeil que Werber se permet de faire, notamment avec l’apparition de Franck Thilliez (l’auteur de romans policiers) dans la peau d’un détective privé très sympathique. Et si le rythme n’est pas très homogène, Le Sixième Sommeil n’en reste pas moins un bon livre avec lequel vous pouvez espérer passer plusieurs bonnes heures de lecture. Tâchez d’éviter la nuit blanche !

Publicités
Cet article a été publié dans Littérature française. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s