Les Chroniques de Downton Abbey, de Jessica Fellowes

Chroniques-de-DAVoilà plusieurs saisons que nous nous passionnons tous (enfin, moi en tout cas oui !) pour le destin de la famille Crawley et de leurs employés de maison. Nostalgie d’un temps où il faisait bon vivre, où les changements sociaux et technologiques allaient bouleverser la donne, et surtout microcosme régi par ses propres règles où les personnages se débattent : autant d’ingrédients qui ont fait le succès mondial de cette série télé anglaise. Les éditions Charleston avaient déjà publié un premier ouvrage sur la série, il y a deux ans. Mais le moment est venu de faire un nouveau point historique : la Première Guerre mondiale est terminée, alors jetons un coup d’œil sur le quotidien des personnages de Downton Abbey !

Tout d’abord, il faut dire que ce livre se compose de chapitres dont chacun est dévolu à un personnage en particulier. On brosse ainsi son portrait, on découvre son histoire, et le tout est superbement illustré par des photos nombreuses, variées et vraiment magnifiques. Ce qui est intéressant, c’est de découvrir, derrière chaque personnage, la typologie de personnes qui est représentée. Par exemple, le comte de Grantham représente les enjeux de la société aristocratique de l’entre-deux guerres. Parler de lui permet d’aborder de nombreux thèmes comme la question du droit de succession ainsi que les problèmes financiers rencontrés par les grandes familles au sortir de la guerre. De la même manière, les portraits des domestiques jettent un éclairage passionnant sur la vie des personnels de maison à l’époque. Si leur sort semble difficile pour un spectateur contemporain, il faut remettre les choses en perspectives et le livre permet de comprendre que ces emplois étaient très recherchés car mieux payés que de simples ouvriers.

S’il est vrai que ce très beau livre s’adresse en priorité à des fans de la série, je veux souligner qu’on peut très bien le lire, même si on ne connait pas la série. D’abord parce que l’histoire des personnages est un peu résumée au fil des pages, ce qui permet de bien comprendre à qui on a à faire ; ensuite parce que l’intérêt du livre est d’abord historico-social. Il nous donne à voir un monde pas si éloigné du nôtre dans le temps, et pourtant avec lequel nous n’avons plus beaucoup de lien. Tout le cérémoniel de la vie quotidienne à cette époque nous semble être un carcan très contraignant, et aucun de nous ne voudrais vivre comme ça aujourd’hui ! Pourtant, c’est justement ce monde qui a donné naissance à notre société.

Le livre jette un éclairage passionnant sur l’histoire anglaise et il est extrêmement bien documenté. J’ai eu un coup de cœur pour les (très) nombreuses photos car elles m’ont tout de suite fait replonger dans l’atmosphère de la série. On profite bien des costumes et des décors. Surtout, ce livre est écrit d’une manière légère, un peu comme si son auteure, en guide touristique prévenante, nous prenait par la main pour nous faire faire le tour du propriétaire ! On le dévore avec plaisir, et on ressort de ses pages avec la furieuse envie de revoir l’intégralité de la saison… ce qui est un excellent de patienter avant la diffusion de l’ultime saison de la série (déjà, hélas !).

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Un commentaire pour Les Chroniques de Downton Abbey, de Jessica Fellowes

  1. Je l’ai, je l’ai lu, il circule évidemment depuis. Il y a de nombreux fans. Ceci dit, quand vous dites « nostalgie d’un temps où il faisait bon vivre », ça dépend pour qui : il ne faut tout de même pas oublier que le personnel de maison travaillait 7 jour sur 7, hormis quelques heures arrachées au quotidien de ci, de là, qu’il devait même payer ses propres vêtements, qu’il n’avait pas de retraite ni de soins médicaux, que souvent, les jeunes bonnes étaient « bonnes » et corvéables à merci pour leur Seigneur, le droit de cuissage n’étant pas un vain mot à l’époque, que ces gens ne décrochaient ce genre de travail que sur recommandation, tant pis pour les autres, (hop, c’était le travail en usine ou la prostitution comme on le voit bien d’ailleurs dans le feuilleton) et que le comte Crawley est un très bon maitre, le genre bon père de famille qui n’abuse pas de ses privilèges ! Moi, je ne suis pas nostalgique du tout ! Mais j’adore la série.

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