Le Trône de fer, troisième tome

le-trone-de-fer---l-integrale,-tome-3-561049C’est un pic, c’est un roc, c’est un cap… Celui des livres de plus de 1 000 pages !! Le Trône de fer, en terme de lecture, c’est pas pour les fillettes. Il vaut mieux ne pas avoir peur de se lancer dans un marathon de lecture où la nourriture et le sommeil (la télévision, même) ne sont plus que de lointains souvenirs. Avant de commencer l’un des tomes de l’intégral, laissez un message à vos proches, leur expliquant que vous êtes indisponible les trois prochaines semaines, avec pour mission d’envoyer les secours vous chercher dans un mois si jamais vous n’avez pas reparu dans le monde réel. Oui, 1 115 pages, ça fait lourd. Mais quand on aime, on ne compte pas…

Je ne vous ferais pas un résumé des épisodes précédents, mais disons dans ce nouveau tome que les choses se poursuivent dans la droite lignée du deuxième… ce qui n’est pas vraiment une surprise. Encore faut-il avoir gardé à l’esprit la fin du tome 2. Après la débâcle de la Néra, les forces en présence doivent se remettre en ordre de bataille, car il n’y a pas de paix du roi possible entre tous les prétendants au trône. Chaque camp avance donc ses pions, on lève le voile sur certains secrets des deux premiers tomes, de nouvelles questions surgissent… Bref, le trône de fer est plus que jamais le point de mire de toutes les familles. Les Lannister entendent bien le garder pour eux, le clan Baratheon veut faire entendre ses droits, les Stark veulent l’indépendance du Nord, les Martell arrivent dans le jeu pour réclamer vengeance, la garde de nuit fait face à des menaces dangereuses en attendant un secours qui ne vient pas, et la dernière Targaryen a bien des problèmes pour rallier son but. Au beau milieu des grands schémas, certains personnages, jetés sur les routes, ont bien du mal à trouver leur place, voire leur camp. Plus que jamais, l’avenir est incertain à Westeros…

C’est évidemment impossible de résumer un pavé dans ce genre, surtout vue l’ampleur de l’histoire. Plus que jamais il convient de saluer le brio de George Martin qui arrive à mener son histoire en toute cohérence, en la rendant palpitante, et en surprenant régulièrement son lecteur. Ce nouveau tome réclame pas mal de concentration car le nombre de personnages secondaires augmente encore… tandis que nous perdons régulièrement des personnages dans des morts relativement atroces. Bienheureux les estropiés serait peut-être la morale de cette histoire.

Fait intéressant, ce troisième tome est un peu différent des deux premiers. D’abord parce que le nombre de personnages narratifs (dans la saga, chaque chapitre est raconté du point de vue d’un personnage) augmente, ce qui donne à voir et à comprendre certains personnages qu’on avait mal saisi ou mal jugé. C’est notamment le cas de Jaime Lannister, qui est devenu je dois l’avouer l’un de mes personnages préférés grâce à un retournement de situation inattendu. Sa relation avec Brienne fait le sel de ce troisième tome, et je trouve que la dynamique des deux fonctionne d’autant mieux qu’elle met à mal beaucoup de clichés sur les couples hommes/femmes en littérature. Il n’est pas question d’intérêt amoureux, mais plutôt d’un idéal voire d’une innocence à retrouver. Brienne, bien que femme, représente l’idéal chevaleresque, elle est droite, honnête, courageuse… un peu trop pour son propre bien. Et elle est complètement désintéressée, ce qui fait d’elle un personnage complètement à part dans cette histoire. De son côté, Jaime est l’un des pires personnages (du moins on le croit au début), en fait hanté par le régicide qu’il a commis, alors que quand il était un jeune chevalier, il n’aspirait qu’à faire le bien. Entre les deux, ça fait des étincelles, et cela permet à l’auteur de questionner le lecteur sur sa définition de la moralité dans un monde où seule la loi des plus forts l’emporte à la fin.

Autre tour de force dans ce troisième tome : le thème du choix. C’est véritablement le moment de choisir pour tous les personnages. Alors que dans les deux précédents tomes chacun se lançait dans l’histoire d’un même mouvement, ce troisième tome les force à choisir pour de bon. Les personnages semblent plus lucides face aux enjeux de la guerre des rois, plus mûrs aussi. Au jeu du trône de fer, il faut dire que les enjeux montent vite, notamment avec la menace par-delà le mur qui ne cesse de se rapprocher. Le cas le plus emblématique est celui de Robb Stark, dont les choix vont avoir des conséquences décisives sur l’avenir du nord.

Il est presque inutile de préciser que j’ai tout bonnement adoré ce nouveau tome. Encore plus subtil que les précédents dans la psychologie des personnages, il démontre une profondeur et une ampleur sans commune mesure avec d’autres œuvres. Le rythme est toujours aussi bien soutenu (autre tour de force de l’auteur), ce qui fait qu’il est quasiment impossible de lâcher le livre tant qu’on ne l’a pas fini… ce qui risque d’être mauvais pour vos pauvres bras endoloris, parce que plus de 1 000 pages, ça pèse son poids !

Ayant vu la série avant de commencer à lire les livres, je ne cesse d’être agréablement surprise par la qualité des romans, la méticulosité avec laquelle l’univers de Westeros est bâti. Je suis en revanche souvent surprise de découvrir que la série n’a pas du tout respecté la chronologie des livres ! Ce tome 3 équivaut à peu près à la troisième saison, si ce n’est que certains événements du livre n’arrivent que dans la saison 4, et d’autres carrément dans la saison 5 !

Mis à part ce décalage littéraire, on prend vraiment beaucoup de plaisir à lire cette saga grandiose. Et je dirais qu’il n’y a pas besoin d’être une fan de fantasy pour apprécier ces livres dont l’histoire est d’abord basée sur des rapports de force entre les individus, ce qui dans le fond rapproche davantage les livres des romans psychologiques que des romans d’aventure. Il me reste désormais deux livres à lire pour être à jour dans les parutions. Et j’espère évidemment que le sixième tome finira par paraître un jour car les éditeurs n’osent même plus avancer la moindre date de publication tellement George Martin est en retard dans l’écriture ! L’hiver vient George, dépêche-toi !

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3 commentaires pour Le Trône de fer, troisième tome

  1. J’ai adoré ta chronique ! Merci 🙂

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  2. Je n’ose même pas commencer : j’ai peur de l’addiction. Mes deux jeunes ont adoré et adorent toujours. Comment lire une saga quand tant d’autres bouquins attendent à la porte ? Mystère.

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