Panorama des différents genres du roman policier

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Malgré des débuts difficiles, le roman policier a réussi à s’imposer pour devenir l’une des littératures de divertissement les plus populaires au monde : un roman sur quatre vendu dans le monde est un roman policier ! Mais depuis son apparition, il a beaucoup évolué, il a subi des mutations. A tel point qu’il est bien difficile de s’y retrouver aujourd’hui parmi toutes les sous-catégories du roman policier. Polar ? Thriller ? Roman policier historique ? Roman noir ? Tout cela semble bien compliqué, et j’ai donc décidé de clarifier un peu les choses. Je vous invite donc à pénétrer avec moi sur un territoire dangereux : celui des sous-genres du roman policier. Faites attention à vous : le crime rôde !

Le roman policier a donc eu, au fil du temps, plusieurs petits. Et pour bien comprendre qui est qui, voici le répertoire du crime littéraire, avec tous les indices pour bien reconnaître les différents sous-genres.

Le thriller

Le thriller est certainement le sous-genre le plus connu du roman policier. On le confond souvent avec le polar, sauf que le polar, c’est juste le surnom du roman policier, et pas un sous-genre. Le thriller est donc un genre de polar. Il se caractérise par une très forte tension narrative, beaucoup de suspense voir de la violence. Pour faire simple, c’est le genre de livre qui vous empêche de fermer l’oeil la nuit ! Par extension, les films policiers qui présentent les mêmes caractéristiques sont aussi appelés des thriller. A noter que ces romans sont souvent adaptés au cinéma à cause de l’usage des coups de théâtre et les émotions fortes que l’histoire suscite sur le lecteur/spectateur. Un bon exemple de thriller en papier et en film, c’est bien sûr l’excellent Silence des agneaux de Thomas Harris où on découvre bien une histoire policière qui fait froid dans le dos. Les romanciers nordiques sont également très connus pour leurs thrillers de qualité.

Le roman noir

Difficile de bien le définir, le roman noir. Disons que c’est l’enfant du roman policier, et que le roman gothique est son parrain. On y retrouve une certaine noirceur, un pessimisme, une gravité propres au roman gothique. C’est une atmosphère très lourde, avec souvent un décor en milieu urbain. L’enquêteur fait le lien avec des milieux troubles, des classes sociales qu’on ne voit pas habituellement, ce qui confère souvent un réalisme assez fort au roman noir. La morale est aussi peu présente. Eugène Sue a inauguré le genre avec son livre monstre Les Mystères de Paris. Depuis, beaucoup d’auteurs américains ont donné au roman noir ses lettres de noblesse. Par exemple, Raymond Chandler et son détective privé Philip Marlowe sont très représentatifs du genre aux Etats-Unis.

Le roman policier scientifique

Sous-genre incontournable du roman policier, la branche scientifique a très tôt rencontré un grand succès parmi le lectorat mondial. L’intelligence de l’enquêteur est la clef de voûte de l’enquête, mais c’est aussi un formidable hymne à l’inventivité humaine. Le roman policier scientifique tient compte des dernières innovations de son époque pour faire avancer son intrigue, d’où la fascination qu’il suscite auprès de ses lecteurs. On peut dire que le Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle marque le début du genre car Sherlock Holmes s’intéresse à la médecine, à la chimie et à beaucoup d’autres principes scientifiques qui l’aident à résoudre ses enquêtes. Aujourd’hui, le roman policier scientifique a muté puisque la science n’est plus seulement l’outil de l’enquêteur : elle est aussi l’arme du crime. Par exemple, dans les romans de Franck Thilliez, les dérives de la science sont souvent le point de départ de l’intrigue.

Le roman d’espionnage

Tout est dans le titre ! Le roman policier d’espionnage s’éloigne de son grand-frère car il s’intègre dans un cadre où ne cherche pas forcément un coupable. La dimension du mystère à résoudre est quand même là, mais l’enquête n’est pas mené de la même manière. On retrouve souvent des personnages assez proches du stéréotype du détective privé (taiseux, tourmentés), sauf que le contexte peut donner lieu à des thèmes politiques. Parmi les meilleurs représentants du genre, on citera bien sûr Ian Fleming dont le James Bond a fait date (lisez Casino Royal si ce n’est pas déjà fait !) et l’incomparable Tom Clancy avec toutes ses aventures de Jack Ryan.

La comédie policière

Peut-être est-ce le succès même du roman policier qui explique la création du pastique, mais toujours est-il que la comédie policière est devenu un véritable sous-genre à part entière. On y retrouve les éléments concrets du roman policier : un mystère, un ou plusieurs enquêteurs, des suspects, un mobile, un coupable, l’enquête à suivre… Sauf que le ton de l’histoire est très différents, et on peut trouver des éléments comiques. Le meilleur exemple, ce sont les San Antonio de Frédéric Dard. Mais on peut aussi citer les enquêtes de Stéphanie Plum sous la plume (joli jeu de mots, n’est-ce pas ?) de Janet Evanovich.

Le roman policier historique

Très simplement, le roman policier historique est un roman dans lequel l’intrigue se déroule dans le passé. On considère qu’un siècle en arrière, c’est le minimum pour qu’un livre puisse tomber dans cette catégorie. Ce genre est de plus en lus en vogue depuis les dix à quinze dernières années. Souvent, c’est un genre qui permet d’attirer des lecteurs qui ne sont pas forcément des passionnés de roman policier, et qui se laissent tenter grâce au côté « carte postale dans le passé ». A noter par exemple les livres de Claude Izner dont la saga des Mystères parisiens se déroule à la Belle Epoque.

Le roman « criminel »

Cette sous-catégorie n’existe pas officiellement, mais je tiens à en parler parce que c’est tout de même un courant intéressant… et surtout très français ! Je veux parler des romans policiers qui mettent en scène, non pas un enquêteur, mais le criminel lui-même. Le premier auteur auquel je pense est bien sûr Maurice Leblanc avec ses aventures d’Arsène Lupin. Cet excellent auteur a réussi à passionner des générations de lecteurs en racontant des histoires policières où on sait d’avance qui est coupable ! Il raconte l’histoire du point de vue du criminel et fait de son personnage un héro. Même exemple avec la saga des Fantômas écrite par Pierre Souvestre et Marcel Allain, même si le personnage est beaucoup moins recommandable.

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3 commentaires pour Panorama des différents genres du roman policier

  1. Ping : Jane Austen aurait inventé le roman policier ? Sans blague ! | A livre ouvert

  2. Il est interessant de parler de tout ses sous genres parce qu’il est vrai que parfois on se mélange les pinceaux ! =)

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