Les Lumières d’Assam, roman de Janet MacLeod Trotter

assamLorsque j’ai reçu ce roman dans ma boîte aux lettres et que j’ai ouvert son enveloppe, j’ai d’abord été frappée par la beauté de la couverture. Ça n’a l’air de rien, mais je fais partie de cette catégorie de lecteurs qui apprécient de belles couvertures ; ça fait déjà partie du plaisir de la lecture. Et ça m’a tout de suite donné envie de me plonger dans les pages de cette fresque romantique. D’autant que juste avant ce livre, j’ai lu le roman d’Anthony Doerr, Toute la lumière que nous ne pouvons voir, qui n’est pas franchement une histoire joyeuse ! Je ne connaissais pas l’auteure britannique Janet MacLeod Trotter, et j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ce livre, qui est son premier roman à être traduit et publié en français.

L’histoire commence au cœur de l’Inde, à l’époque où le pays est encore une colonie anglaise et où les anglais investissent dans les plantations de thé pour faire fortune. Clarrie et sa sœur Olivia vivent avec leur père sur leur plantation Belgoree, un endroit magnifique où elles sont nées et où elles ont grandi. Leur mère est morte plusieurs années plus tôt, et leur père ne s’en est jamais remis. Devenu alcoolique, le vieil homme ne s’occupe plus beaucoup de leur plantation qui périclite peu à peu. Le jour où elle rencontre leur nouveau voisin Wesley Robson, Clarrie est à la fois séduite et agacée par le tempérament du jeune homme. Ce jeune homme issu d’une riche famille est venu en Inde pour faire fortune, mais ses manières sont très différentes de ce à quoi Clarrie est habituée. Et quand son père meurt, malgré l’aide que Wesley lui propose, elle décide de tout quitter et de partir pour l’Angleterre avec sa sœur pour s’assurer un meilleur avenir. Recueillie par un cousin qui les réduit en domestiques et dont la femme les maltraite, les deux sœurs ne vont pourvoir compter que l’une sur l’autre pour traverser les épreuves de la vie… et peut-être enfin trouver l’amour.

Vous l’aurez compris, ce livre est une gigantesque fresque romanesque qui nous fait suivre la vie de Clarrie, son combat pour survivre et être heureuse. Le fond de l’histoire n’est pas particulièrement original car il m’a vraiment beaucoup rappelé Orgueil et Préjugés (ainsi que Au Bonheur des dames dans une moindre mesure à cause de la success story d’une femme qui part du bas de l’échelle sociale pour réaliser ses rêves). Mais cette ressemblance n’est pas désagréable, et les fans de Jane Austen apprécieront certainement de se sentir un peu chez elles.

L’histoire de Clarrie est passionnante, et on a envie de savoir ce qui va se passer au fil des multiples coups du sort qu’elle subit. Car même si dès le début on se doute un peu comment le roman va finir, ce qui est intéressant à suivre, ce sont les péripéties. D’autant que Janet MacLeod Trotter a choisi pour toile de fond le début du XXe siècle, avec à un moment les années de privation et de peur de la Première Guerre Mondiale, mais aussi le mouvement des suffragettes pour obtenir le droit de vote des femmes. Je ne dirais pas qu’il y a un discours féministe dans ce livre, mais c’est vrai que l’auteure insiste bien pour mettre en scène une femme de caractère, ce qui donne du piquant à son histoire. On n’est pas en face d’une héroïne qui attend l’arrivée du prince charmant : on découvre l’histoire d’une femme qui doit se battre pour réussir, et qui, malgré les malheurs, ne baissent jamais les bras.

Parmi les personnages secondaires, tous ne sont pas aussi réussis les uns que les autres. Par exemple, Olivia, la sœur, est très touchante et elle évolue d’une manière intéressante au fil de l’histoire. En revanche, le couple de cousins, Jarred et Lilly, sont un peu un cliché de méchants. Idem pour le beau-fils Bertie et son insupportable épouse Verity que j’ai trouvé un peu simplistes. Mais le personnage de Clarrie est tellement lumineux et chaleureux que l’on passe rapidement sur ces quelques imperfections.

De toute manière, ce roman est surtout une fresque romanesque. C’est un divertissement avec une belle histoire d’amour contrariée et des drames qui rythment la lecture. Le lecteur est agrippé aux pages du roman, espérant toujours que Clarrie s’en sorte. Du coup, je pense que toutes les lectrices qui aiment les romans d’amour ou les romans avec de beaux portraits féminins auront un grand plaisir à découvrir cette histoire. C’est un livre qui remplit parfaitement le contrat : on passe un excellent moment, on est happé par l’histoire, et on ne veut pas que ça finisse trop vite. C’est une lecture idéale pour les beaux jours où on a envie de lire une belle histoire d’amour sans trop se prendre la tête.

Disponible aux Presses de la Cité.

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3 commentaires pour Les Lumières d’Assam, roman de Janet MacLeod Trotter

  1. Nathalie dit :

    Merci pour cette belle critique ! J’ajoute ce livre à ma longue liste, mais je pense lui accorder une priorité 😉

    J'aime

  2. Ping : Sommaire de Juin 2015 | A livre ouvert

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