Et le souffle devient signe : magnifique texte de François Cheng

souffleIl y a des livres qui vous convient à des aventures fabuleuses, à un divertissement prenant, à une réflexion sur le monde, à un apprentissage… Et il y a des livres plus discrets qui vous invitent à faire un voyage intérieur. Ces livres, tout en pudeur, livrent quelque chose d’essentiel : leurs auteurs y dépouillent leur âme dans une écriture où seule la vérité est importante. J’ai fait un tel voyage en lisant le dernier livre de François Cheng : Et le souffle devient signe, paru aux éditions L’Iconoclaste.

Je ne me serais pas forcément penché sur ce livre si sa couverture ne m’avait pas interpellé. Avec ce dessin de calligraphie, la couverture m’a tout de suite semblée belle. Le titre était prometteur, et plus encore le sous-titre : « Portrait d’une âme à l’encre de Chine. » François Cheng est membre de l’Académie Française depuis 2002, et je n’avais jamais rien lu de lui. Ce qui n’est pas forcément une croix à porter ! Mais tout de même : cet auteur né dans la langue chinoise a révélé des qualités d’écriture remarquables dans la langue de Molière, et pourtant je n’avais pas encore eu la curiosité de le lire. J’ai eu la chance, en rencontrant ce livre sur mon chemin, de rentrer d’une belle manière dans son oeuvre.

Ce livre, comme le sous-titre le laisse présager, n’est pas un récit de fiction. Le lecteur est face à un texte largement autobiographique ; même si François Cheng n’y raconte pas vraiment sa vie (quelques souvenirs sont convoqués, mais pas plus), le projet d’écriture est hautement personnel. François Cheng pratique la calligraphie tous les jours. Il a été initié enfant par son père, car dans son milieu, en Chine, les enfants apprenaient cet art. Art poétique, art de vie, pratique du quotidien qui mène à la réflexion… La calligraphie a à voir avec le rapport au monde, l’harmonie entre la personne et ce qui l’entoure. Dans les premières pages du livre, François Cheng nous explique quel rapport les chinois entretiennent avec l’écriture : il ne s’agit pas seulement d’un support pour la parole, mais c’est aussi un véritable d’expression, autant formel que sensé. J’ai été frappée par cette découverte, par les explications données par l’auteur, et par la passion de la langue qui se dégage de ce qu’il écrit :

« Aux heures de désolation et de solitude, j’ai su, grâce à cet art de vie, créer un état de communion, par où il m’était donné de capter le vrai et le beau, pour entrer dans la grande rythmique universelle et pulvériser l’absurde. »

La suite de l’ouvrage est un recueil de calligraphies tracées par la main de François Cheng. Les dessins sont accompagnés par ses remarques, ses commentaires pour nous guider dans la découverte de cet art et nous transmettre le sens de sa démarche. Ce voyage émotionnel et artistique m’a beaucoup touché et j’ai eu énormément de plaisir à découvrir ce livre. Une belle curiosité, une bulle de poésie, quelque chose d’inexplicable et de rare… En bref, un livre qui vaut la peine d’être lu.

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