Liste de lectures de l’été pour ceux qui restent à Paris

tour-eiffelEn été, il y a ceux qui partent en vacances, et il y a ceux qui restent à Paris. Ou encore, il y a ceux qui viennent en vacances à Paris. Afin de faire plaisir à ces deux dernières catégories, je vous propose aujourd’hui un voyage littéraire à travers les rues et les époques de la plus belle ville du monde : Paris, en toute simplicité. Suivez-moi et partez à la découverte des mystères, des mythes, des héros ordinaires et des personnalités hors-normes qui ont participé à faire de Paris l’une des villes les plus bibliophiles du monde.

Hemingway, Paris est une fête. Dans les années 1920, Paris était le centre de l’univers. Rien de moins. Et les artistes du monde entier y couraient pour trouver l’inspiration, boire du bon vin et se mêler à ce qui se faisait de mieux à l’époque en matière d’avant-garde artistique. Woody Allen a commis un très beau film sur le sujet lorsqu’il a réalisé Minuit à Paris. Pour les bibliophiles, c’est l’époque bénie pendant laquelle presque tous les écrivains majeurs du début du XXe siècle se trouvent réunis au même endroit. Songez un peu : Hemingway, Cocteau, Fitzgerald, Orwell… Dans Paris est une fête, c’est à toute cette époque que nous convie Hemingway. Il entreprend tardivement l’écriture de ce livre. Il est déjà vieux, tourmenté par des démons que la reconnaissance d’un Prix Nobel de Littérature de calment pas, et d’ailleurs ce livre n’est pas achevé, car la mort de l’écrivain, mettant fin d’une manière définitive à une époque dorée que plus personne de revivra plus jamais. Pour les lecteurs français, ce texte présente tout l’aspect « exotique » que Paris peut avoir pour un artiste étranger. C’est assez touchant de lire Hemingway qui nous parle de Paris, de sa vie ici « chez nous ». Ce texte est aussi la trace indélébile de ces auteurs étrangers qui l’espace de quelques années ont aimé Paris et ont contribué à forger un peu plus sa réputation culturelle à travers le monde. Loin des stéréotypes intellectuels, les pages de ce livre nous présentent la mémoire d’une génération venue s’amuser, attirée par une énergie infinie, source d’inspiration pour des œuvres variées et enthousiasmantes.

Eugène Sue, Les Mystères de Paris. Colossal, c’est certainement le premier mot qui vient à l’esprit quand on considère le nombre de pages qui forment l’œuvre d’Eugène Sue ! Mais il ne faut pas que le nombre vous arrête, car ce qui importe, c’est que la qualité soit au rendez-vous. J’aime bien Eugène Sue car c’est un auteur dont on ne sent par que l’écriture a été une vocation, mais presque un hasard. Issu de la jeunesse dorée du premier empire, il a hérité de la fortune paternelle qu’il a dilapidée en seulement sept ans. C’est alors en se retrouvant sans le sou qu’il décide de se mettre à écrire. Et le succès sera au rendez-vous avec cette œuvre incroyable qu’est Les Mystères de Paris. Dans ce roman-fleuve (paru à l’époque sous la forme de feuilleton), on découvre la vie palpitante du Paris des bas-fonds, le crime, les embûches, de nombreux personnages qui vont et viennent au gré des histoires… C’est avec les pages de ce livre qui a tenu en haleine presque toute la France de son temps que l’on découvre pour la première fois le « roman social ». Voici un romancier qui écrit des personnages hors de sa propre caste, avec un discours plutôt politique pour son époque. Pour le lecteur contemporain, ce roman présente aussi un caractère de « carte postale », donnant à voir un Paris qui n’est plus, mais dont les accents raisonnent encore par moment.

Gaston Leroux, Le Fantôme de l’Opéra. Indéniablement l’une des œuvres du roman policier les plus connues au monde, Le Fantôme de l’Opéra est aussi un de ses rares livres dont on sait qu’ils existent sans pour autant se souvenir de l’auteur. Eh bien tenez-vous le pour dit, c’est Gaston Leroux (l’excellent auteur des aventures de Rouletabille) qui a imaginé cette histoire machiavélique. Ce qui place immédiatement ce roman à part des autres œuvres de son auteur, outre son phénoménal succès, c’est que c’est un livre « touristique ». Tout comme Belphégor, le roman d’Arthur Bernède qui met en scène une dangereuse créature qui rôde dans les couloirs du Louvre, Le Fantôme de l’Opéra est indissociable de son décor : l’Opéra Garnier. A tel point que les deux sont liés dans l’imaginaire du public, tout comme Belphégor et le Louvre. Dans l’histoire qui nous intéresse, le drame rôde dans les coulisses de l’Opéra car une créature fascinée par la musique se prend d’amour pour la voix d’une chanteuse. L’amoureux légitime ne sait plus quoi faire, les employés sont effrayés, les directeurs de l’Opéra ne savent plus quoi faire… Et pendant ce temps, le fantôme continue de terroriser tout le monde, tout en cherchant un moyen d’emporter avec lui sa bien-aimée dans les entrailles de l’Opéra. A la fois énigmatique et envoûtant, ce roman ne peut pas laisser de marbre. Une invitation aussi à découvrir l’un des plus beaux bâtiments de Paris. Pour information, sachez que la loge numéro 5 est celle du fantôme. Bon spectacle !

Daniel Pennac, Au Bonheur des ogres. Daniel Pennac est l’un des auteurs les plus parisiens que nous ayons en France à l’heure actuelle. Non pas parce qu’il ressemble au cliché répandu de l’auteur parisien attablé aux Deux-Magots devant son carnet Moleskine et des photographes de Paris-Match, mais parce que tout simplement il aime écrire sur Paris. Dans sa grande saga des Malaussène (qui compte plusieurs tomes plus originaux les uns que les autres), il nous présente plus précisément le quartier de Belleville comme élément fondateur de l’ambiance de son histoire. Sur le bitume parisien, nous suivons les pas de Benjamin Malaussène, bouc-émissaire professionnel dans un grand magasin de la rive droite, soutien de famille pour les enfants de sa mère toujours en cavale amoureuse, et doté par-dessus le marché d’un chien épileptique. Ça fait beaucoup, mais surtout ça fait rire. J’adore les Malaussènes, et j’aime l’écriture de Daniel Pennac, qui réussit par ses mots à retranscrire une certaine gouaille parisienne qui n’existe hélàs presque plus. Avec lui, on retrouve la couleur locale de Paris, faite d’une énergie indéfinissable, mêlée d’expressions colorées et savoureuses, décor immortel d’un rythme de vie dans lequel l’aventure trouve sa place à chaque coin de rue.

Lorant Deutsch, Métronome. Comme l’annonce le livre lui-même, cet ouvrage nous invite à découvrir l’histoire de France au rythme du métro parisien. On a écrit beaucoup de choses sur Lorant Deutsch et sa manière de traiter l’Histoire, son prétendu manque de connaissances, sa médiatisation à outrance… Mais il reste tout de même que le meilleur moyen de juger un livre, c’est d’abord de le lire. J’ai lu ce livre à sa sortie, et comme je suis une passionnée d’histoire, j’ai tout de suite été séduite par le propos. Mais mieux que tout, j’ai beaucoup aimé le format ; l’anecdote est pour moi le meilleur moyen de pénétrer dans l’histoire, de rentrer par la petite porte. Ce livre est un grand plaisir. On le lit exactement comme on se promènerait dans Paris : on flâne, tout d’un coup on accélère, on profite du temps, du paysage… On a envie de prendre le temps de savourer des événements aussi passionnants, mettant en scène d’illustres personnages dans ce qui est rien de moins que la plus belle ville du monde ! Si vous êtes à Paris, profitez-en pour errer le long des stations de métro et voyager avec Lorant Deutsch au fil des siècles qui se sont écoulés sur les bords de notre belle ville de lumières.

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