Wallander

wallanderPuisque la saison trois de Sherlock se fait attendre, je trompe mon ennui du moment en essayant de trouver une série policière de substitution. La chose n’est pas facile, et je ne m’attends bien sûr pas à trouver un équivalent aussi génial à ma série anglaise préférée du moment. Et pourtant, j’ai quand même réussi à mettre la main sur une pépite : la série anglaise Wallander.

Diffusée sur Arte en France, la série britannique adapte les romans policiers de l’auteur suédois Henning Mankel, dont le personnage principal est donc le commissaire Kurt Wallander. Interprété par l’excellent Kenneth Brannagh, le personnage est d’une humanité désarmante. Divorcé mais visiblement toujours très attaché à son ancienne épouse, Wallander doit faire face à ses responsabilités personnelles (une fille ado, son père malade, et sa vie affective à la dérive) autant qu’à ses responsabilités policières. Devant lui, ce sont tous les crimes qui s’étalent et qui mettent à mal un tempérament déjà sensible et fragile. Tout en délicatesse, ce personnage un peu poète nous donne à voir un policier attachant, et très loin des clichés de grosses brutes insensibles.

L’action se déroule dans la Suède d’aujourd’hui, et nous montre une société où les inégalités entre les riches et puissants et le reste de la société se creuse de plus en plus. La vie avance à deux vitesses, entre ceux qui souffrent et ceux qui infligent la souffrance. Wallander lève le voile sur les vices et les rages d’une société calme en apparence, mais torturée par ses démons intérieurs.

Les paysages sont magnifiques, et l’image est particulièrement soignée dans cette série. On retrouve la fascination anglaise des paysages campagnards frappés par la pâle lumière d’un soleil froid. L’ensemble dégage une impression de calme, évoquant la poésie de paysages parfaits. Le décor naturel contraste fortement avec les êtres humains que l’on croise, qu’il s’agisse des victimes traumatisées ou bien des agresseurs monstrueux. Du point de vue de l’action, le montage reste soft : on n’assiste pas à des scènes violentes et sanguinaires. Mais la nature de certains crimes donne à réfléchir sur la nature humaine. Et Wallander, marqué physiquement par la fatigue et la dépression, est la parfaite métaphore de ses enquêtes : la justice est lasse de constater sa perpétuelle mise en échec.

Pour seconder notre commissaire, on retrouve un casting anglais, avec entre autre le très bon Tom Heddleston, vu récemment dans Thor et Avengers, et que les bibliophiles observateurs auront reconnu sous les traits de Fitzgerald dans le film de Woody Allen Minuit à Paris. Les seconds rôles n’ont pas beaucoup de place et servent réellement de seconds couteaux. Ils ont peu d’impact sur l’histoire, et leurs relations avec Wallander sont presque anecdotiques. Finalement, ils soulignent encore plus l’isolement de Wallander. A ce titre, la fin du troisième épisode de la première saison est particulièrement révélateur : Wallander se retrouve seul après que tous ses collègues ont décliné son offre d’aller boire un verre. Ce personnage est moins un solitaire qu’un homme en détresse.

Brannagh offre une fois de plus une prestation d’une très bonne qualité. Son jeu se fixe agréablement sur la psychologie de son personnage, sur son intérêt pour l’âme humaine plus que sur l’intrigue des crimes. Wallander analyse et sonde la psyché de la société suédoise, ce qui l’amène à résoudre des énigmes. A l’inverse de Sherlock Holmes, ce n’est pas un accro aux énigmes. Il ne recherche pas cette adrénaline dans sa vie ; il tendrait plutôt à vouloir une vie normale. Ce que Sherlock jugerai « ennuyeux » !

Bref, cette série ne se focalise pas sur l’action. Elle s’intéresse plutôt à la part psychologique des meurtres, et au rapport intime qui peut se mettre en place entre un policier et l’horreur d’un crime. On a la sensation, d’épisode en épisode, que Wallander met sa propre humanité en jeu, que son équilibre intérieur est chamboulé par la dureté de sa réalité, que les crimes l’atteignent personnellement.

Une excellente trouvaille, même si le côté psychologique peut dérouter les fans de séries policières. L’ensemble est d’une grande qualité et vaut le détour. Alors si vous aussi vous cherchez de quoi patienter, et que le changement de registre ne vous fait pas peur, je vous recommande vivement Wallander.

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Un commentaire pour Wallander

  1. njchristofe dit :

    la série de livres de Mankel, qui a inspiré la série (!) est aussi passionnante…
    qc

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