Bilbo le Hobbit, de J.R.R. Tolkien

hobbitAprès une brève incartade dans le monde réel, je vous propose de replonger avec délectation dans le beau monde des livres. Avec un petit arrêt par la case cinéma… Car oui, vous l’avez deviné, je vais (encore une fois !) vous parler d’une lecture que j’ai faite en rapport avec un film.

Avant Noël, mon frère et moi sommes allés voir Le Hobbit au cinéma. En grands fans de la première trilogie du Seigneur des Anneaux, nous avions décidé de suivre aveuglément Peter Jackson dans son nouveau projet herculéen. Bien nous en a pris car nous avons passé un très bon moment dans une belle adaptation du grand classique de fantasy. Mais je ne vais pas vous faire la critique du film ! Ce qui est intéressant, c’est que je me suis enfin décidée à lire Tolkien plutôt qu’à me laisser guider par la vision qu’on m’en offre sur grand écran. Je me suis ruée sur le livre du Hobbit et c’est de ça que je veux vous parler aujourd’hui.

Tout d’abord, il faut souligner que ce roman est le premier que Tolkien a écrit ; il précède effectivement Le Seigneur des Anneaux. L’univers est donc riche, mais pas aussi détaillé que dans la suite de l’œuvre. Ici, le lecteur assiste aux prémices de l’œuvre. Nous découvrons donc la Comté puis le vaste monde des elfes, des gobelins, des nains et des hommes.

Notre histoire commence par une paisible journée au cour de laquelle Bilbo Baggins va être dérangé par Gandalf, le magicien bien connu. Notre personnage (Bilbo) est pour le moins doté d’un caractère placide. Il aime sa vie telle qu’elle est, et ne voudrait pour rien au monde en changer. En gros, ce n’est pas le genre à partir à l’aventure. Mais Gandalf va en décider autrement. Notre magicien compte aider une troupe de nains lancés dans une quête particulière visant à terrasser un dragon et reconquérir un trésor qui leur a été volé voilà longtemps de cela. Et pour que le plan réussisse, il manque encore une personne décisive : un cambrioleur ! Or c’est bien connu, les hobbits, avec leur petite taille et leur capacité à se déplacer très discrètement, sont indiqués pour ce genre de mission.

A son corps défendant, le pauvre Bilbo va se retrouvé lancé dans une aventure qui le dépasse un peu, mais qui va vite révéler en lui des aptitudes cachées et une chance à toute épreuve. Notre compagnie, menée par Gandalf et par le chef des nains, se lance sur une route semée d’embûches. Au fil des pages, on vit avec eux de nombreuses péripéties car il faut bien l’avouer : à chaqu epage ou presque, il se passe quelque chose !

J’ai passé un très bon moment en lisant ce livre, d’autant que l’adaptation faite par Jackson est très éloignée du livre. J’ai donc eu beaucoup de surprises, bonnes ou mauvaises.

Les points positifs d’abord ! L’histoire est très dynamique et on rentre tout de suite dedans, même si on n’a pas lu Le Seigneur des Anneaux. Normal puisque c’est ce livre qui servira de base à la suite. Le personnage principal, Bilbo, est très attachant, d’autant qu’il est tout sauf parfait. Un peu pantouflard, pas très doué au début, on suit son parcours comme un récit initiatique. Nous faisons la découverte du vaste monde de la Terre du milieu en même temps que lui. Par ses yeux, nous apprenons les us et coutumes de différents peuples et parcourons des paysages grandioses.

Les nains, un peu ronchons mais gentils bougres, sont aussi un atout dans l’histoire. Ils partent pour une juste cause, mais leur appât du gain n’en fait pas forcément des héros. Ils aiment la bagarre et n’ont pas peur de partir pour tuer un dragon.. enfin, ça dépend des moments ! Du coup, ils apportent une vraie touche d’humour à cette aventure. L’aspect comique est très présent, et renforce un peu l’impression que ce roman oscille entre deux publics : les jeunes lecteurs et les lecteurs confirmés.

Un autre atout, c’est bien spur l’inventivité de l’auteur. Tolkien était un grand lecteur, ce qui explique son aptitude à donner à voir un univers bien construit. Une logique interne se dégage du récit : on comprend rapidement les rapports de force qui s’exerce entre les différentes races ; de la même façon, la grande aventure n’empêche à aucun moment de toucher les subtilités du caractère de Bilbo. Tolkien n’en fait pas un héros traditionnel : le personnage résiste un peu à l’aventure et sa résolution va venir en cours de route. Le lecteur assiste donc à différentes étapes.

Enfin, on ne peut pas aborder ce récit sans parler de l’anneau que trouve Bilbo sur son chemin. Réstrospectivement, cet épisode a pris une grande importace dans l’univers de Tolkien et le lecteur trépigne d’impatience en attendant d’y arriver. La scène est d’ailleurs assez fascinante, ambiguë et effrayante. Car nous savons (maintenant, et à condition d’avoir lu le livre ou vu les films) que Gollum est tout sauf un gentil personnage en quête de rédemption. Ce face à face est une réussite, même s’il casse un peu le rythme du récit au beau milieu d’une scène d’action dangereuse.

Par la suite, l’anneau est un prétexte pour sortir Bilbo de plusieurs situations. C’est moins un accessoire dramatique qu’un passe-partout qui permet à notre gentille équipée de se sortir des problèmes les plus insolubles.

J’ai aussi beaucoup apprécié les images se raccrochant à toutes les légendes moyen-âgeuses. On ne peut pas ne pas penser aux légendes arthuriennes et autres contes de la rose. Car l’atmosphère est bien celle-là. Le roman initiatique le dispute au roman de chevalerie, et même si nos nains et notre hobbit ne sont pas de jeunes et fringants chevaliers en armure étincellantes, il faut quand même avouer que le vent de l’aventure souffle dans ce livre.

Côté points faibles, paradoxalement, je dirais qu’il y a une ambiguïté qui peut devenir problématique lors de la lecture : c’est justement le ton. J’ai bien aimé le style aventure grande fresque, mais l’humour est peut-être un peu mal dosé à certains moments. Et Tolkien semble rechigner au style dramatique. On perd donc un peu d’intensité au profit d’une narration dynamique et parfois « simpliste ». ça peut ne pas plaire à tout le monde.

Par ailleurs, j’aurais tendance à reprocher à l’auteur la présence plus que discrète de Gandalf, dont on nous explique après coup qu’il avait une affaire en souffrance à régler. J’avoue m’être sentie un peu flouée ! Mais admettons !

Le vrai reproche que je formulerais sur l’histoire concerne le dragon. Smaug apparaît peu, mais ses quelques scènes sont agréables et surprenantes. J’ai ainsi découvert avec surprise et émotion que les dragons pouvaient parler. Qu’ils avaient non seulement un nom mais une personnalité. Smaug est malin, rusé, plutôt cruel, il aime les énigmes et par-dessus tout il aime l’or et les richesses. Du coup, on souhaiterait le voir plus et que l’histoire lui ménage une place plus importante. Il n’arrive qu’à la toute fin de l’histoire, et sa fin est un peu trop rapide et pas assez dramatique. Là encore, ça pêche un peu côté intensité. Car la narration et l’action c’est bien, mais parfois il est nécessaire pour un auteur de sortir les violons !

Au final, et malgré ces points d’insatisfaction, j’ai beaucoup aimé ce livre. Et il m’a donné encore plus envie de lire Le Seigneur des Anneaux, dont tout le monde affirme qu’il est encore plus abouti.

Et vous, avez-vous envie de le lire ?

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