Sainte Futile, d’Alix Giraud de l’Ain

Couverture Sainte Futile

Couverture Sainte Futile

Les lectrices avisées de l’édition française de Elle le savent bien : Alix Giraud de l’Ain a une sacrée plume ! A la fois vive et toujours très drôle, on ne s’ennuie pas en la lisant. Dans ce roman Sainte Futile, paru il y a quelques années maintenant, l’auteure déploie tout son talent en s’attaquant avec un humour corrosif à l’univers de la chik lit.

L’histoire est très simple mais regorge de rebondissements et de personnages attachants. Nous faisons connaissance avec Pauline alors qu’elle n’est pas encore une sainte. Il s’agit d’une journaliste qui met sa plume au service de Modelle, un magasine féminin basé à Paris, à mi-chemin entre la sphère fashion et la sphère people. Pauline, mariée et mère de famille, évolue dans un monde on ne peut plus futile, où les designers font la loi et où la mode est vénérée jusqu’au grotesque. Le dernier cocktail à la mode ? Un mélange unique d’eaux. A déguster sans modération !

Mais un jour, notre brave fashionista a un accident « de travail » : au bar à eau de Colette (le concept store parisien que les lecteurs à la point fréquentent peut-être déjà), Pauline décède malheureusement. Dieu lui apparaît sous les traits de Karl Lagerfeld (une vraie trouvaille qui fonctionne à méerveille et nous fait bien rire) et commence à faire avec elle le bilan de son existence. Et puisque le résultat n’est pas brillant, Dieu-alias-le-grand-Karl décide de la renvoyer sur terre avec pour mission de donner du sens à sa vie. Le problème ? Ni sa famille ne son boulot ne sont prêts pour cette Pauline nouvelle version.

L’idée de départ est excellente, et Alix Giraud de l’Ain arriver parfaitement à faire avancer son histoire sans jamais tomber dans la redite ou dans la longueur. On rit beaucoup des pérégrinations de sa charmante mais un peu naïve héroïne. Le bonus c’est que ce livre est à peine un pastiche de Elle. Mais contrairement au Diable s’habille en Prada auquel on pourrait le comparer, ce livre n’est pas une charge contre cet univers un peu bizarre de la mode. Il y a beaucoup de tendresse dans le regard qu’AGA porte sur son propre travail et sa propre vie. Car loin de tirer à boulet rouge sur ce milieu et ses confrères, l’auteure se rit plutôt d’elle-même et de notre fascination à tous pour ce microcosme tout en strass et en paillettes.

On est happé par les efforts quasi désespérés de Pauline pour donner du sens à sa vie. Le problème évidemment, c’est que c’est plus facile à dire qu’à faire ! Donc même s’il s’agit ici d’une comédie, il y a aussi une réflexion sur notre société. Car même sans travailler dans une industrie réputée pour sa futilité, il est bien rare que chacun d’entre nous prenne le temps de réfléchir à sa vie et au sens à lui donner.

L’autre gros point fort, c’est évidemment l’écriture d’AGA. Vive et dynamique, elle ne nous laisse aucun temps mort. On sent bien que sa plume acérée s’est longtemps exercé chez Elle. Et je trouve d’ailleurs qu’on y retrouve bien le style moderne propre à ce magasine. Contrairement à d’autres éditions de la presse féminine qui versent au choix dans l’humour, le sensationnalisme ou le guindé, Elle a toujours eu un style moderne sans forcer le trait. Pareil ici : l’auteure n’en fait pas trop et l’ensemble dégage une impression de fluidité très agréable.

Bref, je recommande vivement ce livre à toutes les fans de chick lit. Et comme Noël approche à grand pas, ça peut être une bonne idée de le glisser dans la chaussette d’une inconditionnelle de Elle.

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