Batman, Requiem vs Renaissance : 1e partie

Depuis toute petite, je suis fascinée par Batman. Les deux films de Tim Burton que j’ai vu quand j’étais gamine ont laissé une marque profonde en moi, poussant ma curiosité vers d’autres superhéros, mais me ramenant toujours au même Batman. Le même ? Non. Il a bien changé au fil des ans (et des décennies).

Maintenant que Christopher et Jonathan Nolan ont dignement clôturé « leur » trilogie de l’homme chauve-souris, j’aimerais revenir sur leur œuvre et la comparer aux films originels de Tim Burton. Je vous propose donc une belle thématique Comics pour ce mois d’octobre ! Tout au long du mois, des articles traiteront à chaque fois d’un point précis pour comparer le dyptique burtonien et la trilogie nolanienne (je crois que je viens d’inventer deux nouveaux adjectifs dans la foulée !).

Il n’y aura pas de vraie comparaison avec les comics originels : les supports ne présantant pas les mêmes contraintes, je suis toujours mal à l’aise quand on essaye de comparer du papier avec un film. Mais j’espère bien que ces articles à venir vous donneront envie de plonger dans cette belle culture des comics !

Œuvres au noir

On peut le dire tout de go : Batman n’est pas un univers qui respire la joie de vivre. Comme tous les héros de DC Comics, celui-là est né dans la violence, portant sur ses épaules des thèmes chers à la culture américaine (la filiation, l’héritage, la culpabilité et la rédemption) en même temps que la réalité d’un contexte historique dur (la deuxième Guerre mondiale).

Plus jeune que Superman de quelques années à peine (Superman est créé en 1932 et Batman naît en 1939), Batman partage une certaine tension avec son camarade kryptonien : les années 30 sont le témoin de la montée du nazisme et du fascisme en Europe, pendant que les responsables américains campent sur leurs frontières isolationnistes. Cette tension se reflète également dans la dualité de sa psyché : l’identité secrète, forte et présentée comme un symbole du combat pour la justice, cohabite avec une personnalité publique lisse et respectable, cassée et tourmentée sous l’apparence normale.

Mais Batman s’inscrit dans un cadre esthétique plus large que les comics. En tant qu’orphelin, Bruce Wayne offre d’emblée un lien avec une tradition littéraire qui remonte à Dickens : l’enfant livré à lui-même dans un monde brutal. Avec le symbole de la chauve-souris, Batman a de quoi séduire aussi tous les psychanalystes adeptes du test de Rorschach. A eux-deux réunis (lé héros et l’orphelin), ils forment un cortège de névroses en tous genres, de complexes et de failles sans égal parmi les autres justiciers. Noire sur noire, la toile ne semble pas offrir beaucoup de lumière pour que des cinéastes s’y engouffrent en insufflant un supplément d’âme à cette plaie béante. Et pourtant, la fascination esthétique va faire son oeuvre.

A suivre : Les maîtres d’œuvre…

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