Le Chat et les pigeons, d’Agatha Christie

En guise d’excellente transition suite à ma liste de lecture criminelle de la semaine dernière, je vous propose aujourd’hui la critique d’un roman d’Agatha Christie mettant en scène le fabuleux Hercule Poirot : j’ai nommé Le Chat et les pigeons.

Le titre peut paraître un peu énigmatique ; c’est parce qu’il fait référence à l’atmosphère du livre autant qu’à son intrigue. Il est ici question d’un dangereux prédateur qui s’est glissé dans un nid pour y débusquer sa proie.

L’histoire se passe dans l’un de ces si reconnaissables pensionnats pour jeunes filles de bonnes familles en Angleterre. Nos jeunes innocentes sont encadrées par de sérieuses et austères professeures qui ont la charge de leur éducation autant que de leur bien-être. L’éducation ça peut aller, mais le bien-être est mis en péril lorsque des cadavres commencent à jaillir aux alentours du gymnase. Malédiction sportive ou véritable danger ? Mystère.

La directrice de la noble institution ainsi que son personnel sont sous le choc, mais heureusement la police est déjà dépéchée sur place, à la recherche d’une pierre précieuse échappée du moyen Orient où a justement séjourné une des jeunes élèves. La traque est lancée et le lecteur assiste aux errances des uns et des autres, chacun commençant à observer ses voisins de travers, suspectant le pire à tout moment. Mais je ne vous en dévoile pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir !

Plusieurs grandes réussites sont à noter dans ce très bon roman policier. En premier lieu, et bien qu’elle soit une grande spécialiste du dépaysement, Agatha Christie est particulièrement douée pour raconter des histoires qui se déroulent dans l’aristocratie anglaise, ce milieu qu’elle connaissait si bien. Nous sommes tout de suite dans l’ambiance et nous plongeons avec délectation dans cet univers en vase clôt où la moindre anicroche est un scandale. Un univers normalement paisible et bien agencé qui est donc propice à l’inattendu.

Ensuite, on y retrouve avec plaisir cet humour si particulier qu’Agatha Christie aime distiller dans ces romans. Il y a toujours un personnage un peu à côté de la plaque, un peu cliché, un peu ridicule, qui sert d’agréable diversion face au drame. Cette alliance entre les pointes de suspens et l’humour anglais légèrement en décalage ménagent des pauses dans la lecture sans pour autant casser le rythme de la narration. Il apporte également une plus grande richesse de style.

Enfin, Hercule Poirot se fait désirer dans ce roman ! Il n’intervient que très tardivement (dans les dernières pages) et il laisse au lecteur le temps de se demander où il est passé. Dans l’intervalle, les personnages essayent tant bien que mal de résoudre l’énigme. Mais rien n’y fait, ils ne sont pas à la hauteur des fameuses petites « cellules grises ». Finalement, l’entrée en scène du maître apporte la solution, pour le plus grand soulagement de chacun.

Le suspens est donc maintenu jusqu’à la fin dans ce roman où les rebondissements et les fausses pistes ne manquent pas. Un vrai plaisir pour ceux qui comme moi apprécient une bonne intrigue policière de temps à autre.

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