Sherlock Holmes 2.0

Série télé BBC SherlockEn voyant dans la rue l’affiche d’une nouvelle série sur les aventures de Sherlock Holmes, je dois bien admettre que j’étais blasée. Puis, en y regardant de plus près, j’ai découvert que la série était produite par la BBC. Et là, si vous connaissez un peu vos classiques télévisuels et littéraires, vous savez comme moi que le lecteur anglophile doit beaucoup, mais alors beaucoup, à la BBC.

Ces gens-là se sont fait une spécialité des adaptations des œuvres anglaises pour le petit écran… avec un succès rarement démenti. Souvenez-vous : « Jane Eyre » avec Timothy Dalton dans le rôle d’Edward Rochester, c’était eux. « Orgueil et préjugés » avec Colin Firth sous les traits de l’inénarrable Monsieur Darcy, c’était encore eux ! Ajoutons à cela que la BBC n’a pas peur de prendre des risques de temps à autres avec d’autres séries (moins traditionnelles) comme « Doctor who ».

Je me cale donc devant France 4 samedi soir, curieuse comme jamais, et là c’est le choc : « Sherlock » est en fait la transposition de l’univers du canon au XXIe siècle ! L’histoire est simple et commence exactement de la même manière que « Une Etude en rouge » (le titre de ce premier épisode était d’ailleurs « Une Etude en rose »). John Watson, médecin militaire de retour de la guerre d’Afghanistan (la plus récente donc) cherche une colocation à Londres. Une connaissance commune va alors lui présenter l’étrange Sherlock Holmes… et le jeu est lancé.

On retrouve avec plaisir nos deux personnages principaux, bien campés par des acteurs à la fois respectueux du texte et inspirés par cette petite révision historique. L’enquête est rondement menée, servie par une réalisation un peu académique toutefois. Pour le reste, les sms remplacent avantageusement les télégrammes, et le taxi va plus vite, c’est vrai, qu’une carriole tirée par un cheval ! Quand à Londres, la belle ville brumeuse, théâtre de tant d’histoires infâmes, elle n’a pas tellement changée.

Le fait de ne pas avoir à recréer une atmosphère et un décor victoriens a visiblement libéré les producteurs, qui ont pu s’intéresser au fond du problème : la qualité des intrigues et de l’interprétation des acteurs. Mission accomplie !

Les holmésiens reconnaîtront de nombreux détails : un problème à trois pipes devient un problème à trois patches car le héros essaye d’arrêter de fumer ; et les déductions qui étaient valables pour les montres à gousset sont tout aussi valables pour les téléphones portables.

Seul bémol : les producteurs sortent tout de suite la carte « Moriarty » alors que le personnage est plus tardif dans les livres. Même chose avec Mycroft, le frère génial et énigmatique, qui entretient ici une relation pour le moins chaotique avec son cadet, alors que dans les livres on sent une certaine complicité entre les deux (relire « l’Interprète grec » pour s’en convaincre).

Mais je ne boude pas mon plaisir puisque j’ai finalement trouvé un Sherlock qui a son âge. Arthur Conan Doyle en avait fait un personnage moderne et énergique : voici enfin une adaptation fidèle à l’esprit de l’auteur. Avec quelques siècles de retard… pardons : d’avance !

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