đŸŽ„â€ïžOrgueil et prĂ©jugĂ©s : romance magique Ă  NoĂ«l – Chapitre 4

L’air froid de dĂ©cembre s’engouffrait dans les rues illuminĂ©es de Londres en ce vendredi soir. Charles Ă©tait arrivĂ© en avance Ă  son rendez-vous avec Jane. Il avait voulu l’impressionner avec un lieu romantique. Pour Ă©viter les lieux guindĂ©s dans lesquels ils auraient Ă©tĂ© mal Ă  l’aise, il avait eu l’idĂ©e de choisir quelque chose d’un peu diffĂ©rent. Il espĂ©rait juste qu’elle allait aimer !

Justement, Jane arrivait dans sa direction. Charles en eu le souffle coupĂ©. MĂȘme si elle sortait de son travail Ă  l’hĂŽpital et qu’elle semblait un peu fatiguĂ©e, un sourire chaleureux illuminait son visage.

– Bonsoir, lui dit-elle en le rejoignant. Quelle bonne idĂ©e de se retrouver ici. C’est un de mes endroits prĂ©fĂ©rĂ©s Ă  NoĂ«l !

Charles ne lui avait pas dit oĂč ils allaient dĂźner. Il s’Ă©tait contentĂ© de lui donner rendez-vous devant le théùtre du Globe. Chaque annĂ©e, cette vĂ©nĂ©rable institution shakespearienne s’illuminait avec de splendides dĂ©corations. Et le marchĂ© de NoĂ«l situĂ© sur les quais de la Tamise, Ă  deux pas de lĂ , rendaient l’atmosphĂšre encore plus magique.

– Moi aussi j’adore cet endroit, rĂ©pondit Charles en souriant un peu bĂȘtement Ă  Jane. Chaque annĂ©e, c’est mon petit plaisir de venir m’y promener en sortant du travail.

Charles proposa Ă  Jane de se promener le long de la rive sud de Londres. La nuit Ă©tait dĂ©jĂ  tombĂ©e. Les badauds Ă©taient nombreux. Tout le monde baignait dans l’atmosphĂšre festive de NoĂ«l qui approchait Ă  grands pas. Ils passĂšrent le Millenium Bridge, sur lequel des centaines de londoniens pressĂ©s marchaient la tĂȘte baissĂ©e pour se protĂ©ger du vent. Devant la façade austĂšre de la Tate Modern, ils s’attardĂšrent pour Ă©couter jouer un guitaristes qui reprenaient des standards de la pop anglaise avec enthousiasme. Le long de la rive, les lumiĂšres des rĂ©verbĂšres et des dĂ©corations de NoĂ«l se rĂ©verbĂ©raient sur la surface de l’eau pour crĂ©er un dĂ©cor féérique.

Il leur fallut une bonne demi-heure de marche pour atteindre enfin SouthBank Boardwalk. Jane commençait Ă  se demander oĂč est-ce que Charles pouvait bien l’emmener. La destination la plus Ă©vidente, vu oĂč ils Ă©taient, Ă©tait le Théùtre National… sauf qu’il n’y avait pas de restaurant lĂ -bas. Perplexe, elle se demanda ce que Charles mijotait.

Alors qu’ils arrivaient Ă  proximitĂ© du théùtre, Jane eut la surprise de voir apparaĂźtre dans son champ de vision… des igloos ! Pas de vĂ©ritables igloos puisque ceux-ci Ă©taient transparents. Ils Ă©taient disposĂ©s sur le bord de la large promenade, avec une vue imprenable sur la Tamise. Et ils Ă©taient transparents : Ă  l’intĂ©rieur de certains, des gens Ă©taient dĂ©jĂ  attablĂ©s, en train de boire des verres ou de dĂ©guster des plateaux de fruits de mer.

Jane se tourna vers Charles.

– Ta-Da ! s’exclama celui-ci.

Jane fut immédiatement sous le charme.

– C’est ici que j’ai rĂ©servĂ© une table. J’espĂšre que tu apprĂ©cies la vue ?
– Oui, je l’adore !

Un serveur vint les conduire Ă  leur igloo. A l’intĂ©rieur, il y avait juste assez de place pour une table ronde et des chaises. Un brasero suspendu apportait une chaleur rĂ©confortante. Sur la table, des bougies offraient un Ă©clairage tamisĂ© et trĂšs romantique. Tous les meubles Ă©taient en bois, es les chaises Ă©taient recouvertes de peaux de mouton blanches dont la douceur invitait Ă  la dĂ©tente.

Jane Ă©tait Ă©merveillĂ©e. Charles avait eu une excellente idĂ©e en l’emmenant ici. C’Ă©tait exactement le genre de lieux cosy qu’elle adorait. DĂ©cidĂ©ment, ils Ă©tait vraiment sur la mĂȘme longueur d’ondes, tous les deux !

Le serveur revint pour leur proposer une sĂ©lection de boissons festives et de plats de saison. Charles et Jane firent leur choix et Ă©changĂšrent ensuite des anecdotes joyeuses tout en attendant leurs commandes. L’atmosphĂšre romantique du lieu Ă©tait propice aux confidences. Et rapidement, le sujet de la rencontre entre Elizabeth et Darcy fit son apparition dans la conversation.

– J’ai une idĂ©e Jane, commença Charles, le regard pĂ©tillant. Pourquoi ne pas jouer les entremetteurs entre Darcy et Elizabeth ? AprĂšs tout, NoĂ«l est la saison des miracles, non ?

Jane sourit Ă  cette suggestion.

– Tu as raison. J’adore ma soeur mais elle peut se montrer trĂšs tĂȘtue quand elle veut. Et mĂȘme si elle dit qu’il ne se passe rien entre eux deux, je pense qu’elle aimerait bien le revoir. Peut-ĂȘtre qu’on pourrait organiser quelque chose pour les rapprocher. Mais comment s’y prendre ? Je n’imagine pas Elizabeth ou mĂȘme Darcy tomber facilement dans un piĂšge.

Bien aidĂ©s par l’inspiration procurĂ©e par leurs verres de Scrooge Christmas Punch, les deux complices se mirent Ă  imaginer tous les scĂ©narios les plus incroyables.

– Ce qu’il faudrait, rĂ©flĂ©chit Jane Ă  voix haute en riant, c’est une rencontre par hasard. Les emmener au mĂȘme endroit au mĂȘme moment. Et justement, c’est bientĂŽt les vacances de NoĂ«l.

– Excellente idĂ©e, rĂ©pondit Charles. Profitons justement de la saison des vacances pour leur concocter une rencontre trĂšs romantique.

– Hum… Elizabeth n’est pas trĂšs « diner aux chandelles ». Et je ne pense que le romantisme soit le point fort de Darcy. Est-ce que je me trompe ?

– En fait Darcy est un grand romantique.

Jane prit un air dubitatif avant de s’esclaffer, peu convaincue.

– Si, si, lui assura Charles. DerriĂšre sa mine de Grinch, c’est un grand sentimental. Mais il ne sait pas comment s’y prendre.

– Alors il faudrait peut-ĂȘtre lui faire quelques suggestions.

– D’accord, mais qu’est-ce qui ferait plaisir Ă  Elizabeth ? Comment faire pour la sĂ©duire ? On aurait bien besoin d’un coup de baguette magique sur ce coup-lĂ .

– En fait, commença Jane, j’ai ma petite idĂ©e sur ce qui la ferait fondre. Il faudrait que Darcy lui prouve qu’il n’a pas un coeur de pierre et qu’ils passent un bon moment en tĂȘte Ă  tĂȘte.

Au fur et Ă  mesure que la soirĂ©e avançait, leur excitation grandissait et le plan prenait forme. Ils dĂ©gustĂšrent leur dessert (Christmas Pudding, gĂ©nĂ©reusement arrosĂ© de sauce au chocolat) tout en peaufinant leur stratĂ©gie. Jane dĂ©cida que le meilleur moment pour tendre un piĂšge Ă  Elizabeth serait le jour de NoĂ«l. Toute la famille passait la soirĂ©e du RĂ©veillon de NoĂ«l dans la maison familiale de Hampstead, ainsi que la journĂ©e du 25 dĂ©cembre. Si Darcy venait la chercher ce jour-lĂ  pour lui proposer une excursion romantique, Elizabeth serait bien obligĂ©e de dire oui…ne serait-ce que pour Ă©viter le courroux de leur mĂšre et les commentaires de leurs soeurs.

De son cĂŽtĂ©, Charles devait trouver le moyen de convaincre Darcy de se rendre chez les Bennet le jour de NoĂ«l. C’Ă©tait presque mission impossible. Mais en plongeant son regard dans les yeux souriants de Jane, Charles se dit qu’aprĂšs tout, ça valait le coup de rĂȘver.

Le samedi soir, dans l’ambiance survoltĂ©e de la fĂȘte de NoĂ«l des employĂ©s qui avait lieu dans un pub particuliĂšrement bruyant, Charles et Darcy se croisĂšrent au beau milieu de la piste de danse. Alors que Charles menait une chenille dont chaque membre arborait un pull de NoĂ«l aussi colorĂ© que peu flatteur, Darcy essayait dĂ©sespĂ©rĂ©ment de s’enfuir.

Charles délaissa sa place de capitaine de la chenille de Noël pour aller rejoindre son ami.

– Hey Darcy, mon vieux ! Tu ne vas pas faire la tĂȘte toute la soirĂ©e, si ? C’est NoĂ«l dans deux jours ! Viens et prends un verre de vin chaud avec moi.

Charles ne laissa pas le temps Ă  son meilleur ami de rĂ©pondre. Il l’entraĂźna vers le bar en lui saisissant le bras fermement.

– Tu sais bien que je ne suis pas un grand amateur de ces mixtures dangereuses, rĂ©pondit Darcy avec flegme.

– Et pourtant le vin chaud a de nombreuses vertus. Entre autre, ça aide Ă  dĂ©lier la langue et Ă  dire ce qu’on a sur le coeur.

Darcy lança un regard interrogateur par-dessus son verre.

– Oh allez, fit Charles. Tu as l’air prĂ©occupĂ© depuis des jours. Et mon petit doigt me dit que c’est Ă  cause d’Elizabeth Bennet.

Darcy hĂ©sita avant de rĂ©pondre. Pour se donner une contenance, il avala une gorgĂ©e de vin chaud… et faille s’Ă©touffer avec.

– Bon sang, c’est de plus en plus mauvais chaque annĂ©e.

– Mais non. C’est simplement ta capacitĂ© Ă  absorber le mauvais alcool qui diminue Ă  mesure que tu vieillis !

– TrĂšs drĂŽle, Charles, merci. Mais pour rĂ©pondre Ă  ta question, oui je pense Ă  elle. Et j’aimerais bien la revoir.

– Alors qu’est-ce que tu attends ?

– Je n’ai pas son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone. Je ne connais pas son adresse…

– Il y a les rĂ©seaux sociaux.

– Je ne vais quand mĂȘme pas me comporter comme un cyber-harceleur en l’Ă©piant sur Instagram !

Charles Ă©clata de rires en voyant l’expression outrĂ©e sur le visage de Darcy.

– Non en effet, rĂ©pondit-il. A la place, je te propose un plan plus simple. Vas la voir le 25 dĂ©cembre. Elle sera chez ses parents. Ce serait romantique de lui proposer une sortie Ă  deux le jour de NoĂ«l.

– Le 25 dĂ©cembre ? C’est un peu… audacieux, non ?

– Au contraire, c’est parfait ! NoĂ«l est le moment oĂč les gens sont heureux et disposĂ©s Ă  faire des choses qui sortent de l’ordinaire. Et toi, mon ami, tu vas crĂ©er un miracle romantique rien que pour elle. Imagine : toi, apparaissant Ă  sa porte avec un sourire, proposant une balade ou un cafĂ©. C’est du charme pur.

Darcy plissa le front, mais l’idĂ©e semblait faire son chemin dans son esprit.

– Mais pour lui proposer que genre de balade ?

– Alors lĂ , mon vieux, je ne sais pas. Demande au PĂšre NoĂ«l de t’apporter quelques bonnes idĂ©es !

Je sais que je vous avais promis qu’il s’agissait du dernier chapitre. Mais Ă  force de modifier des choses dans mon histoire, elle a fini par prendre plus d’ampleur que prĂ©vu ! Vendredi prochain, je mettrai en ligne le cinquiĂšme et dernier chapitre. Promis : ce sera bel et bien la fin de cette aventure ! En attendant, n’hĂ©sitez pas Ă  me laisser vos commentaires pour me dire ce que vous pensez de mon histoire. Merci d’avance !!!

Vous en pensez quoi ?