C’est l’histoire d’une lectrice passionnée de roman policier et d’écriture qui n’a pas hésité à se lancer dans une aventure incroyable : écrire ses propres romans. M.J. Straton est française, et cette passionnée de cosy mystery a signé un excellent roman dans le genre : Crimes, vols et papotages. Un roman policier qui sent bon la campagne française et nous embarque dans le Sud pour élucider le meurtre mystérieux d’un auteur de romans policiers. Pour mener l’enquête ? Le club de vieilles filles du village ! Entourée par ces vieilles dames aussi dynamiques qu’encombrantes, Joséphine, l’héroïne (une traductrice littéraire qui cache un énorme secret), est bien décidée à mettre la main sur le coupable. Pour cela, elle peut compter sur l’aide de ses recrues de choc, de sa voisine Sybille (très envahissante) et sur un commandant de gendarmerie pour le moins charmant.
Après avoir lu et adoré Crimes, vols et papotages, j’ai demandé à M.J. Straton si elle voulait bien répondre à quelques questions pour nous expliquer un peu les origines de cette histoire palpitante à l’humour ravageur. Elle a très gentiment accepté de prendre le temps de discuter avec moi par téléphone. Et vous allez voir que les coulisses de ce livre sont déjà une sacrée aventure, qui rend un bel hommage à la détermination d’une romancière qui n’a jamais baissé les bras malgré les refus des éditeurs.
Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter, nous parler un peu de vous et nous expliquer comment vous en êtes venue à l’écriture ?
Tout a commencé il y a très longtemps. J’ai regardé une série à la télévision et c’était l’adaptation des Quatre Filles du docteur March. Je m’en rappelle comme si c’était hier ! C’était dans les années 80 et je devais avoir une dizaine d’années. Et j’ai adoré le personnage de Joséphine. Et c’est comme ça que l’envie est née. Je me suis dit qu’un jour je deviendrai écrivain. C’était tout simplement un rêve.
Et en fait, avant d’écrire Crimes, vols et papotages, j’ai écrit un roman jeunesse. C’est le premier que j’ai publié chez Librinova : Mystère, tartine et chocolat. Et j’ai appelé le village de l’histoire Comfort. Et en fait je me suis trompée ; je voulais l’appeler comme la ville des Quatre Filles du docteur March. Je croyais qu’il s’appelait Comfort, et quand j’ai cherché sur Google je me suis rendue compte que la ville s’appelait en fait Concorde. Mais comme j’avais déjà commencé à écrire, j’ai gardé ce nom de Comfort. Et ensuite je l’ai réutilisé pour Crimes, vols et papotages.
Donc vous êtes repartie de ce village que vous aviez imaginé pour votre premier roman quand vous avez écrit le suivant ?
En fait quand j’ai commencé, Crimes, vols et papotages ne s’appelait pas du tout comme ça. C’était en 2017, j’ai regardé dans mes anciens brouillons avant cette interview. Mais à l’époque l’histoire ne se passait pas du tout dans un village. L’héroïne partait à Paris. Ça n’avait rien à voir. J’ai écrit 90 pages de cette première version, et le seul point commun c’est le crime : J.J. Christie était assassiné. Joséphine était un auteur. Mais à part ça tout était différent. Elle quittait son village pour aller à Paris rejoindre sa sœur qui dirigeait une maison d’édition.
Et comment vous êtes partie de cette première version parisienne pour finalement aboutir à la version qu’on peut lire maintenant, et qui se déroule dans le village de Comfort ?
En fait, le voleur de bouchons, il existe vraiment (rires) !
Ah d’accord ! Le fameux voleur de bouchons qui sert de point de départ dans votre histoire, et après lequel Sybille, la voisine de l’héroïne, passe son temps à courir.
Voilà ! Dans mon quartier on a une fontaine et l’eau nous manque. Et quelqu’un volait le bouchon de la fontaine. Un soir, on était vraiment excédés parce que le bouchon avait encore disparu et ça a été le déclic. Je me suis dit : pourquoi je vais m’embêter avec Paris, que je ne connais pas du tout ? J’ai tout réécrit. J’ai étoffé l’histoire du tueur de vieilles dames. Le Club de vieilles filles est arrivé… Tout s’est enchainé mais j’ai quand même mis trois ans à écrire. Parce que j’écris seulement quand j’en ai envie. Je suis un peu feignante ! Et puisque personne n’attendait le livre, je préférais me faire plaisir en écrivant.
Et quand le livre a été réécrit pour arriver à ce format de cosy mystery dans le Sud de la France, c’est là que vous avez eu envie de le faire publier ?
J’ai proposé le livre à des maisons d’édition. Mais on m’a envoyé une lettre en m’expliquant qu’en dépit de ses qualités, il ne rentrait pas dans la ligne éditoriale. Donc à chaque fois que j’avais un refus, je reprenais mon manuscrit. Je le retravaillais. Je corrigeais les fautes. Je n’arrêtais pas.
Ensuite, j’ai mis Mystère, tartines et chocolat sur Librinova. Parce que celui-là je l’avais envoyé à XO Editions, et ce sont eux qui m’ont fait connaître cette alternative. En cherchant sur internet, j’avais déjà vu Librinova, mais c’est vraiment là que j’ai décidé de franchir le pas. En parallèle j’ai continué à retravailler Crimes, vols et papotages. Et quand je l’ai envoyé à des maisons d’édition, on m’a encore orienté vers Librinova. Et c’est comme ça que ça s’est fait.
On ne s’en rend pas compte quand on lit un livre, mais pour vous ça a été un travail de longue haleine.
Oui d’autant qu’il n’y a personne qui me lit, seulement moi. J’écris seulement quand j’en ai envie, et aussi il faut que j’ai l’inspiration. Et puis en fait, quand je relis mon brouillon du départ en 2017, je me rends compte que l’histoire n’est plus la même. Bien entendu je me suis servie des personnages d’origine. Je me suis un peu nourrie de ma vie, même si aucun des personnages n’existe pour de vrai. Donc à chaque fois que j’avais une réponse négative j’étais un peu démoralisée, mais je reprenais le bouquin et je le retravaillais encore et encore. Parce que je me disais que quand même l’histoire en valait la peine. Si moi ça me fait rigoler, si ça me plait, je ne sais pas… mais c’est que ça peut plaire à quelqu’un. C’est peut-être un peu présomptueux, j’en sais rien…
Pour l’avoir lu, je vous confirme que l’histoire est très réussie ! Elle m’a fait rire et m’a tenu en haleine, et je pense que je ne suis pas la seule.
C’est vrai ! Depuis mars, j’ai vu qu’il y avait des commentaires positifs. J’ai été surprise de voir que j’avais cinq étoiles sur Librinova. C’est le bouche à oreille qui a fonctionné parce que par ailleurs je ne suis pas sur les réseaux sociaux. Et c’est très difficile de se faire connaître.
Et en ce qui concerne l’histoire, si je comprends bien il y a une chose qui n’a jamais varié, c’est le fait que ce soit une intrigue autour d’un meurtre. Et d’ailleurs dans l’histoire on senti bien que vous avez une passion pour le roman policier. Le nom de la victime est une référence à Agatha Christie, on retrouve les codes du cosy mystery avec tout son humour et le cadre du petit village charmant… Il y a aussi un meurtre dans une pièce en huis clos. Du coup je me demandais quelles sont vos références en matière de roman policier ?
Alors moi j’adore Agatha Christie. Je l’ai découverte à l’adolescence. J’ai lu tous ses romans, plusieurs fois même. Après j’ai lu Patricia Wentworth. Plus récemment j’ai lu M.C. Beaton. Et j’adore aussi Hannah Dennison, Joanne Fluke, Julia Chapman… J’ai lu aussi les histoires d’Anne Perry, dans l’Angleterre victorienne. Et là je suis en train de lire Le Murder Club du jeudi. Je n’aime pas trop le thriller. J’en lis mais je préfère les histoires policières davantage dans le style d’Agatha Christie.
Et pour revenir à votre village fictif de Comfort avec tous ses habitants hauts en couleurs, je me demandais comment vous avez réussi à donner vie à tout ce petit monde ?
J’ai des fiches. J’ai des petites fiches parce que des fois je ne sais plus comment est tel ou tel personnages. Alors j’ai des petites fiches et un cahier, et aussi un répertoire dans mon ordinateur avec les caractéristiques physiques des personnages.
Et est-ce que Comfort s’inspire d’un lieu qui existe vraiment ? Vous m’avez expliqué que les personnages étaient inventés, qu’ils n’étaient pas basés sur des personnes réelles. Mais je me demandais si c’était aussi le cas pour le village ou pas ?
Non c’est imaginaire. Tout est inventé. C’est un village un peu à la Pagnol. Mais c’est vrai que c’est important le cadre pour l’histoire.
Dans ce petit village, moi j’ai eu un énorme coup de cœur pour une habitante en particulier : Sybille, la voisine très envahissante et sans-gêne de Joséphine, qui passe son temps à courir après le voleur de bouchon tout en s’incrustant chez sa voisine. C’est un personnage tellement drôle ! Vous pouvez nous en dire plus sur elle, sur vos sources d’inspiration pour l’écrire. Et est-ce qu’elle finira pas coincer son voleur de bouchon ?!
Alors Sybille n’existe pas. Elle ne s’inspire de personne de réel. Mais elle a certains traits de caractère qui sont aussi à moi. Et d’autres que j’aimerais bien a voir. Disons qu’on a toutes envie parfois de parler sans langue de bois. Donc je me suis lâché !
Par contre, Sybille n’existait pas dans la première version. Et je ne sais plus exactement si c’est quand je me suis remise à mon ordinateur pour réécrire le roman qu’elle est arrivée. Parce qu’en fait j’ai beaucoup d’idées qui me viennent dans je fais de la pâtisserie ou du jardinage. A partir de l’idée du voleur de bouchon tout s’est enchainé et les personnages sont arrivés. Au fur et à mesure de retravailler les personnages, elle est devenue comme elle est maintenant.
Et si Sybille apporte énormément d’humour, il y a un groupe de personnages qui fait mouche aussi : c’est le Club des vieilles filles.
Ça aussi, c’est venu en écrivant. Je me suis dit qu’il manquait quelque chose. Et je me suis dit : pourquoi pas un club de vieilles filles ? Mais ça me fait plaisir que vous me disiez ça parce que comme personne ne me lis, je ne me rendais pas compte. J’avais peur que l’histoire soit trop naïve, avec des personnages trop loufoques.
Sans trop en dévoiler, j’ai énormément aimé la fin de votre roman. Parce que le mystère principal est résolu, mais on a quand même une fin un peu ouverte car le fameux voleur de bouchon de Sybille n’a toujours pas été démasqué. J’ai senti qu’il y avait le potentiel pour une suite aux aventures du Club des vieilles filles et de Joséphine. Est-ce que vous allez poursuivre cette histoire ?
Ah oui ça y est ! Le deuxième tome est écrit mais il n’est pas encore publié. Et il y a quelques mois j’ai commencé le troisième.
On arrive à la fin de l’interview, mais il me reste une dernière question. C’est ma question rituel pour conclure : quel a été votre dernier livre coup de cœur ?
C’est la question piège ! Parce que je lis beaucoup et je relis beaucoup aussi. J’ai bien aimé Un crime à donner la chair de poule. C’est humoristique, c’est complètement décalé. Mais sinon j’adore les romans d’Hannah Dennison. Et dans un autre genre, j’ai adoré Le Cercle des amateurs d’épluchures de patates, et aussi Le plus bel endroit du monde est ici.
Je remercie chaleureusement M.J. Straton pour le temps qu’elle m’a accordé ! Dès demain, vous pourrez découvrir ma chronique de son excellent roman Crimes, vols et papotages. Un cosy mystery pour lequel j’ai eu un énorme coup de coeur. C’est un grand plaisir de découvrir une telle pépite et je suis ravie de vous le faire découvrir. En attendant, n’hésitez pas à prendre de l’avance en découvrant le résumé complet du roman sur le site du Librinova.

Bonjour, j’ai adoré lire l’interview de cette écrivaine qui mérite vraiment de connaître le succès. J’ai adoré le lire. Des personnages drôles, émouvants, hauts, en couleurs. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Hâte de retrouver tous ces personnages dans le tome 2. Alors éditeurs prenez le temps de vous attarder sur ce roman car si nous nous l’avons adoré d’autres aussi.
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C’est un roman qui mérité effectivement que les éditeurs s’y intéressent. Et ce serait plaisant d’avoir plus de cosy mysteries écrits par des auteurs français !!
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