Partez en vacances avec Homère

En ce début de mois de juin ensoleillé, je pense que je ne suis pas la seule à rêver de vacances à la plage ! Et mon envie de boucler mes valises pour une destination exotique a encore été renforcée par la parution, il y a deux semaines du nouveau tome d’une bien jolie collection « Un été avec… » chez les éditions Equateurs. Depuis quelques années, ils publient ces petits livres aussi ludiques que passionnants pour faire découvrir aux lecteurs curieux les grands classiques de la littérature, mais par les chemins de traverse ! J’avais lu et adore Un été avec Victor Hugo, signé par Guillaume Gallienne, et je l’avais adoré. Outre le fait que la lecture était très plaisante, j’avais appris plein de choses que j’ignorais sur Hugo en passant un très bon moment de lecture. Pour cet été 2018, c’est l’écrivain-voyageur Sylvain Tesson qui nous invite en direction de la Grèce pour suivre les pas d’Homère. Rien que ça !

« Un Eté avec Homère ou l’Iliade et l’Odyssée comme on ne vous les a jamais racontées. Un voyage entre la mythologie et le monde d’aujourd’hui, érudit, épique, drolatique, époustouflant.

L’Iliade est le récit de la guerre de Troie. L’Odyssée raconte le retour d’Ulysse en son royaume d’Ithaque. L’un décrit la guerre, l’autre la restauration de l’ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. À Troie, c’est la ruée des masses enragées, manipulées par les dieux. Dans l’Odyssée on découvre Ulysse, circulant entre les îles, et découvrant soudain la possibilité d’échapper à la prédestination. Entre les deux poèmes se joue ainsi une très violente oscillation : malédiction de la guerre ici, possibilité d’une île là-bas, temps des héros de côté là, aventure intérieure de ce côté ci.

Préparons nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille, nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l’assemblée des dieux, nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, nous serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs. Parfois, des hommes mordront la poussière, à mort. D’autres seront sauvés. Toujours les dieux veilleront. Et toujours le soleil ruissellera et révèlera la beauté mêlée à la tragédie. Des hommes se démèneront pour mener leurs entreprises mais derrière chacun d’eux, un dieu veillera et jouera son jeu. L’Homme sera-t-il libre de ses choix ou devra-t-il obéir à son destin ? »

Comme à chaque fois, les livre est découpé en plusieurs chapitres assez courts : une présentation de Sylvain Tesson puis l’extrait d’un texte. Ce qui permet de picorer plein de textes différents et d’en apprendre plus sur l’auteur sans pour autant risquer l’overdose de classique. Le plus souvent, non seulement l’exercice est très éclairant, mais finalement on referme le livre en ayant l’envie d’aller les livres de l’auteur.

Et si Homère n’est pas votre tasse de thé, vous pouvez toujours choisir un autre compagnon de vacances. La collection a déjà consacré des volumes à Proust, Voltaire, Machiavel et même Baudelaire.

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13 commentaires pour Partez en vacances avec Homère

  1. Matatoune dit :

    Une de mes prochaines lecture. Peut-être, attend -il une plage grecque ? Je rêve, moi aussi ! En tout cas, contente de l’avoir à la maison. Merci pour la présentation!

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  2. Matatoune dit :

    lectures. Bien sûr!

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  3. bruno-legrand dit :

    Bonjour.
    Moi c’est ton article qui m’a un peu donné l’envie de lire l’Odyssée d’Homère. 😉
    Par curiosité, le livre dont tu parles dans l’article qui essaye de mettre en avant des classiques (et peut-être de les faire découvrir à certains), combien coûte ce genre de livres ?

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    • Alivreouvert dit :

      Super, je suis ravie d’avoir attisé ta curiosité ! Pour Un été avec Homère, le livre est à 14,50€, et sinon on trouve facilement l’Odyssée en format poche et ça doit être autour de 7€ le livre. Très bonne lecture !

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    • Alivreouvert dit :

      J’en profite pour préciser que l’Odyssée est un livre passionnant à lire. Il se passe quelque chose à chaque chapitre et on ne s’ennuie vraiment pas. C’est un classique qui mérite d’être lu et (re)découvert car il n’est absolument pas rébarbatif. Pour L’Iliade par contre je ne peux pas dire car je ne l’ai pas encore lu.

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      • bruno-legrand dit :

        Merci pour les infos. Pour l’Odyssée, je l’ai vu à moins de 7€ sur livreenpoche (pas en neuf, mais ça ne me dérange pas). Est-ce que c’est un livre en un seul tome ou en plusieurs l’Odyssée ? (sur livreenpoche je l’ai vu en 1 tome et en plusieurs)

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      • Alivreouvert dit :

        Alors ça dépend des éditions ; mon édition était en un seul tome. Il faut aussi vérifier qu’il s’agisse bien d’un texte intégral parce qu’il y a des éditions tronquées pour les étudiants.

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  4. cora85 dit :

    Cette collection m’a l’air géniale !
    Ondine

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  5. bruno-legrand dit :

    Merci pour les infos. 😉

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  6. Anwen dit :

    Bonjour,
    Permettez quelques mots sur « Homère ». Merci.
    Hemoera est une Déesse dont le nom et l’histoire remplissaient l’Europe, qui joua un grand rôle en Grèce et particulièrement dans l’ancienne Achaïe.
    Hemoera signifie la lumière, et il semble bien que Diane, dont le nom signifie aussi le jour, soit la même Déesse dont le nom serait exprimé dans une autre langue (Diane vient de Dia, qui signifie jour, lumière, et ana, ancien).
    Mais ces surnoms sont ajoutés à un nom réel qui devait être Europe, lequel nous a été conservé dans les Mystères de la Grèce et dans la mythologie des Prêtres. On confond Eôs, l’aurore, avec Hemoera, Déesse du jour ; elle a des ailes aux épaules, elle plane dans l’espace et verse la rosée sur la terre.
    De ce nom Hemoera, on fit, par la suite, un nom collectif : les Hemoerides, désignant les prêtresses de la grande Déesse. Dans de nombreuses inscriptions trouvées sur les bords de la Méditerranée, les Prêtresses sont appelées Moeres, d’où le mot Mère. Hemoera c’est la mère spirituelle. Les Muses sont surnommées Moemonides (1).
    Par toute la Gaule, on trouve des inscriptions portant Deabus Moerabus (Déesses Mères) ou bien Deoe Moeroe (Encycl. méthod.).
    Les prêtresses d’Hemoera sont « celles qui regardent » (les astronomes). Du temps de Strabon, on voyait à Dianeum, en face des Baléares, le célèbre observatoire appelé Hemeroscope, tour pyramidale servant, selon la science de ces anciens peuples, à déterminer l’instant précis de l’arrivée du soleil aux tropiques (Odyssée). Hemoera est certainement celle qui est désignée par le surnom Uranie.
    (1) Dans la langue celtique, le mot Mère se dit Ma. (Ce mot répété a fait Mama.) Il a servi de racine au mot Mère dans toutes les langues (Matri, Mater, etc). On s’est étonné que le mot français Mère n’ait pas la même racine ; c’est qu’il a une autre origine : il signifie Mère spirituelle. Il y a donc en français deux mots pour désigner la même personne : Maman et Mère.
    C’est la Déesse Hemoera qui écrivit les poèmes dits homériques, qui sont considérés comme les livres saints de la Grèce. On les faisait remonter à la Divinité, donc à la Femme Divine, comme les livres sacrés de toutes les autres nations.
    Les vers de ces poèmes étaient portés de ville en ville, par des chanteurs appelés « Aèdes », qui excitaient le plus vif enthousiasme. Ces Aèdes, appelés aussi « Hémoerides », faisaient la plus active propagande des vers de l’Iliade, ce qui prouve qu’ils prenaient une grande part dans la lutte, qu’ils avaient un grand intérêt dans le triomphe des idées qui y étaient exposées. On les voyait dans les festins, chanter ou réciter les vers de l’Iliade qui passaient de bouche en bouche et qui devinrent l’ornement des plus brillantes fêtes.
    Le nom d’Hemoera masculinisé est devenu Homère. Fabre d’Olivet nous apprend ceci :
    « Le nom d’Homère n’est pas grec d’origine et n’a point signifié, comme on l’a dit, aveugle. La lettre initiale O n’est point une négation, mais un article (ho) ajouté au mot phénicien moera, qui signifie au propre un foyer de lumière et au figuré un Maître, un Docteur » (Vers dorés, p. 73).
    Mais le mot moera est féminin, et c’est l’article féminin he (la) qui le précédait. Ce nom alors était Hemoera.
    Il est facile de comprendre comment le nom fut altéré : en voulant le masculiniser, on remplaça l’article féminin He par l’article masculin Ho, et Hemoera devint alors Homeros. Ce fut tout simplement un changement de genre pour consacrer un changement de sexe. Donc, c’est par antithèse que de moera, lumière, voyance, on fait d’Homère un aveugle.
    Nous ne connaissons pas les œuvres originales d’Hemoera, d’abord parce que cet auteur ne les écrivait pas et se contentait de les réciter ou de les chanter, ensuite parce que les traductions que nous en avons ont été faites à une époque relativement moderne et dans un temps où il était d’usage de dénaturer l’histoire de l’antiquité.
    Le grammairien latin Diomède (4ème siècle après notre ère) raconte que la Grèce ayant perdu, par accident, une grande partie des chants d’Homère, Pisistrate, qui attachait un grand prix à la conservation de ces Poésies, fit publier dans toute la Grèce, avec promesse de récompense, l’invitation de lui transmettre les vers que chacun aurait gardés dans sa mémoire. Après avoir reçu d’innombrables morceaux, il réunit 72 grammairiens, les enferma dans des chambres spéciales et fit composer, par chacun, un Homère complet à l’aide des fragments recueillis (Repertorium für Biblische und Morgenländische Litteratur, T. I, p. 266-267).
    Cette légende ressemble bien à celle d’Aristée au sujet de la Version des Septante, qui aurait été faite dans les mêmes conditions. Nous ne croyons guère à ces pertes par accident, surtout à une époque où nous voyons partout les œuvres qui chantent les louanges de l’ancien régime dénaturées. Ce qu’il y a de certain, c’est que de nombreux changements et des interpolations ont été faites dans les poèmes d’Homère.
    On croit que c’est Lycurgue (396-323) qui, le premier, rapporta dans la Grèce occidentale les poèmes d’Homère. C’est lui, le mâle législateur, qui en fut le premier éditeur sept ou huit siècles après la mort de leur auteur. Solon et les Pisistratides achevèrent de les fixer par l’écriture.
    La dernière révision des poèmes d’Homère est due à Aristarque de Samothrace (né vers 160). C’est après avoir subi les épurations et les corrections de ce grammairien grec, célèbre par ses études critiques sur les poèmes grecs, que fut fixé le type adopté, d’où sont dérivées toutes les copies que nous possédons.
    Le sujet de l’Iliade est la colère d’Achille. Or, pour qu’Achille ait été en colère, comme Médée, à propos de la conquête du pays par les hommes, il faut qu’Achille ait été, dans le poème primitif, une personne bien attachée à l’ancien régime gynécocratique. Du reste, on nous dit que sa Mère l’avait rendu invulnérable, excepté au talon, en le trempant dans le Styx.
    Or, nous savons que cette légende représentait alors la Femme « mordue au talon » par le serpent, qui représente l’homme vil, celui qui l’attaque lâchement, « par en bas », c’est-à-dire dans son sexe.
    À suivre…
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/la-grece-antique.html
    Cordialement.

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