Le Type qui voulait arrêter de mourir, roman de Justine Bo

justine-boAvec un titre comme celui-là, le roman de Justine Bo était presque certain de ne pas passer inaperçu pendant cette rentrée littéraire 2016. Le Type qui voulait arrêter de mourir a un second avantage pour lui en cette période de tumulte littéraire : c’est un livre qui parle d’un auteur et du milieu (relativement cynique de l’édition). De là à dire qu’on est en plein dans l’actualité, il n’y a qu’un pas ! Mais loin d’être un livre convenu sur un milieu un peu louche, le roman de Justine Bo s’ouvre sur des sujets plus vastes, notamment sur l’inspiration, tant dans la vie que dans l’oeuvre, et la possibilité d’une renaissance. Des thèmes forts qui avaient donc toutes les raisons d’attiser ma curiosité et de me faire mettre ce roman sur ma wishlist de la rentrée littéraire.

Zakar Lerov est un auteur au bout du rouleau. Lui qui a connu la gloire, s’est fait encensé par le tout Paris et a bien fait la fête est maintenant en pleine gueule de bois. Finies les années fastes, il ne reste que des pages blanches qu’il n’arrive plus à remplir, et le succès le fuit désormais. A l’aide de son éditeur, Zakar met au point une idée de génie : se faire passer pour mort. En mettant en scène sa propre mort prématurée, Zakar est certain de relancer l’intérêt pour son oeuvre. L’éditeur voit là un moyen d’être sûr de bien vendre le prochain livre qui sera donc posthume. Le stratagème est mis en place, mais la mort ne règle pas tous les problèmes de Zakar. Expulsé de sa propre vie, il n’a plus d’identité, plus rien à faire, plus de place. Il part alors pour le Moyen-Orient. Ses pas le mènent jusqu’à Jérusalem où il doit trouver le moyen de reconstruire sa vie. Mais que reste-t-il à vivre quand on est déjà mort ?

Le livre de Justine Bo s’ouvre sur une idée de génie : un auteur has been décide de simuler sa mort pour relancer sa carrière avec la complicité d’un éditeur pour le moins opportuniste. Evidemment, rien ne va se dérouler comme prévu, et l’errance de notre ancien auteur commence alors. Une errance géographique autant que personnelle dans laquelle la quête identitaire et la quête d’inspiration s’entremêlent de façon très intéressante.

Le sujet est servi par une écriture nerveuse, aussi nerveuse que son personnage. L’histoire est ramassée en peu de pages (moins de 200 pages) et on sent bien l’urgence de cette fuite en avant, le fait qu’il n’y a plus de retour arrière possible. Justine Bo nous entraîne dans un rythme effréné pour suivre les pas de son personnage. Et ça fonctionne, on se prend au jeu.

Malgré les points positifs à noter dans ce livre, je dois avouer que Le Type qui voulait arrêter de mourir m’a un peu laissé sur ma faim. Je n’ai pas complètement adhéré à la stratégie narrative de Justine Bo, notamment parce que j’étais assez frustrée au fil des pages. L’histoire est très intéressante et le personnage très riche, malheureusement la romancière ne s’attarde pas assez sur certains passages. On n’entre pas assez profondément dans le tumulte intérieur de Zakar. Ses émotions font surface de temps à autres, mais j’aurais voulu le voir d’encore plus près et qu’il aborde davantage son rapport à l’écriture.

Le Type qui voulait arrêter de mourir pourra ne pas plaire à tous les lecteurs, mais il vaut quand même le détour. Je pense que les lecteurs curieux auront plaisir à découvrir ce roman et à se faire leur propre idée. Au fil des pages, Justine Bo égratigne avec un plaisir évident le petit monde de la littérature française, et c’est assez jouissif à lire.

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