La Légende de Bagger Vance

Bagger-VanceEn ce qui me concerne, je pense que le golf n’est pas plus un sport que le tricot ! A mon avis, c’est très ennuyeux de regarder une compétition de golf : des types qui marchent à travers la campagne en ne portant même pas eux-mêmes leur matériel ! Quelle arnaque ! Bon, pour essayer d’être honnête, je ne pense pas être très réceptive, ce qui ne veut pas dire que ce sport soit sans intérêt. D’ailleurs, Robert Redford a bien dû trouver le sport un peu intéressant puisqu’il a eu l’idée en 2000 d’adapter au cinéma un roman qui parle de golf : La Légende de Bagger Vance, du romancier américain Steven Pressfield.

Nous sommes en Géorgie dans les années 1920. La crise économique a balayé les derniers vestiges de l’orgueil nordiste, et les temps sont durs pour les habitants de la petite ville de Savannah. Dans cet état où les traditions sont chères aux cœurs des habitants, tout le monde se passionne pour une seule chose : le golf, ce sport qui peut atteindre la perfection d’un art quand il est bien joué. Adèle Invergordon hérite, à la mort de son père, d’un terrain de golf splendide… mais sans le moindre client à cause de la crise économique. Plutôt que de vendre, elle décide de monter la plus grande exhibition de golf que le sud a jamais vu. Pour cela, elle doit convaincre les trois plus grands joueurs du sud de venir participer. L’un des trois n’est autre qu’un natif de Savannah, Rannulph Junuh. Ce jouer qui était promis à un brillant avenir a été broyé psychologiquement par la Première Guerre mondiale, et depuis son retour du front, il n’a pas joué une seule fois. Acceptant finalement de relever le défi, il va devoir retrouver confiance en lui pour espérer gagner la partie. Pour cela, il pourra compter sur l’aide de Bagger Vance, un mystérieux homme qui se présente à lui pour lui servir de caddy lors de la partie.

Malgré un sujet avec lequel, a priori, je n’ai pas la moindre attirance, ce film est devenu un de mes préférés dès la première fois que je l’ai vu. Il est absolument superbe, recréant l’ambiance des années 1920 dans le sud des Etats-Unis, avec de beaux costumes et des décors magnifiques. Ensuite et surtout à cause de l’histoire et des personnages. Comme le titre du film ne le suggère pas, le personnage principal s’appelle Rannulph, et cet homme brisé va devoir trouver un moyen de retrouver sa place dans le monde, de laisser une seconde chance à la vie. Au-delà du parcours émotionnel personnel du Rannuplh, ce film parle aussi beaucoup de l’inspiration, non seulement comme une force qui nous permet de réaliser nos rêves les plus fous et de réaliser des choses dont on se serait crus incapables, mais aussi comme d’une connexion entre nous et le monde. L’inspiration, ce n’est pas seulement une étincelle qui permet d’avancer, c’est aussi cette sensation qui fait qu’on se sent vivant.

Le film, fondé sur des valeurs très positives, est également un bel hommage à la culture du sud des Etats-Unis. Souvent méprisés par leurs voisins nordistes à cause de leur côté un peu passéiste, les sudistes sont très attachés à leur tradition (c’est vrai) mais ils sont aussi très attachés à la notion de communauté. Il apparaît bien dans l’histoire qu’il est important pour tout le monde que ce soit l’un des leurs qui les représentent. Le film parle beaucoup du « sens de la communauté », de la solidarité qui peut lier un groupe, et du fait qu’un seul individu peut être l’inspiration dont ont besoin les autres pour retrouver leur propre voie.

J’ajoute aussi que cette superbe histoire bénéficie d’un casting cinq étoiles puisque, outre Robert Redford qui est derrière la caméra, on retrouve au générique Matt Damon dans le rôle principal, Will Smith dans le très beau rôle de Bagger Vance (et certainement dans l’un de ses meilleurs rôles), et enfin la sublime Charlize Theron dans le rôle d’Adèle.

Je pourrais parler (ou plutôt écrire) des heures de ce film, mais le mieux est encore que vous le voyiez. Je n’ai pas eu l’occasion jusqu’à présent de lire le roman dont le film est tiré, mais le film est une telle réussite qu’il vous donnera forcément l’envie de découvrir le livre. Quel que soit votre genre de lecture habituel, je pense que vos ne resterez pas insensible à l’émerveillement de cette histoire.

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3 commentaires pour La Légende de Bagger Vance

  1. WordsAndPeace dit :

    je ne suis pas non plus une fana de golf, mais il y a un autre film sur le sujet que j’aime beaucoup, avec Robert Duvall, un de mes acteurs préférés: Seven Days in Utopia https://en.wikipedia.org/wiki/Seven_Days_in_Utopia

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