Mary, premier roman d’Emily Barnett

51Tdjv6+GWL._SX339_BO1,204,203,200_Pendant la rentrée littéraire, il y a toujours beaucoup de nouveautés (forcément, c’est le concept), et du coup il est souvent difficile pour les fans de littérature de faire leur choix. C’est comme dans une bonne pâtisserie : on a envie de tout, mais la réalité de la vie vous force à vous limiter ! Lors de la rentrée littéraire de cette année, j’ai eu envie de beaucoup de choses, mais il a bien fallu que je fasse un choix… J’ai donc pioché ici et là, et j’ai eu envie de me ménager une surprise avec un premier roman. Car oui, la rentrée littéraire, c’est aussi fait pour dénicher les talents de demain. C’est ainsi que Mary, le premier roman d’Emily Barnett est entré dans ma vie.

L’histoire est assez dure à raconter car il s’agit d’une histoire croisée mettant en scène deux personnes qui s’appellent toutes les deux Mary : la première est une américaine qui vit dans les années 50 ; la seconde une adolescente française internée dans un hôpital psychiatrique. Le roman alterne entre leurs deux récits, et évidemment le lecteur est obligé de se poser des questions sur les liens entre ces deux personnages qui a priori ne se connaissent pas. Quel est le rapport entre les deux ? Quand et comment vont-elles se croiser ?

L’histoire, très ambitieuse, repose en équilibre sur un fil, et il faut accepter de la part du lecteur de ne pas tout comprendre d’entrée de jeu. En fait, de ne pas comprendre jusqu’à très tardivement dans le livre. Un peu comme dans un spectacle de magie ou une illusion, Emily Barnett tisse sa toile pour prendre à son jeu narratif le lecteur. Il faut être crédule, il faut accepter de se laisser berner avant d’avoir le droit de connaître l’astuce. De ce point de vue, j’ai trouvé que ce livre était une réussite. Il déploie une histoire originale, fondée sur un principe narratif extrêmement casse-gueule, et la romancière arrive à nous tenir en haleine jusqu’à la fin.

En revanche, je mets un bémol sur l’écriture que j’ai trouvé un peu trop « présente ». C’est certainement un paradoxe, mais j’ai trouvé que l’écriture était trop travaillée, et qu’elle avait tendance à me maintenir à distance du récit, alors que j’aurais voulu être encore plus happée. Certains passages sont inutilement maniérés. Ils cassent le rythme du récit et lui donnent l’air trop stylisé. Je suis davantage sensible à l’authenticité en matière d’écriture, et ce style trop chargé à mon goût a limité mon enthousiasme pendant la lecture.

Je pense donc que ce roman n’est pas pour tous les lecteurs. Je conseillerais fortement aux curieux qui ont envie de le découvrir de se rendre en librairie et de le feuilleter pour voir s’ils sont réceptifs au style ou pas. Je le redis, mais l’histoire était vraiment bluffante, et si ce n’est pour l’écriture, je l’aurais déjà classé dans ma liste des gros coups de cœur de l’année. C’est un roman ambitieux et atypique qui laisse présager beaucoup de bonnes choses pour son auteure.

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