Rien n’est trop beau, Rona Jaffe

Transition toute trouvée avec l’excellent livre d’Anna Sam, j’ai décidé de vous parler aujourd’hui de Rien n’est trop beau, le non moins excellent roman écrit plusieurs décennies de cela par Ronna Jaffe. Je vous ai déjà parlé de ce livre au travers d’une petite biographie de Rona Jaffe que j’ai faite pour ce blog. Voici maintenant le moment de voir ce livre de plus près.

Je dois tout de suite dire que je suis tombée sur ce livre par hasard en furetant dans une librairie (mon sport préféré !). Je ne connaissais pas l’auteure, et c’est vraiment le résumé de la quatrième de couverture qui m’a poussé à acheter ce livre. Eh bien je n’ai pas été déçue car cette lecture m’a emballé ! J’ai eu du mal à lâcher ce livre et j’étais presque déçue qu’il se termine. C’est pourtant un pavé de 700 pages environ !

L’histoire est celle des premières femmes qui ont commencé à travailler dans les bureaux à New York. Nous sommes dans les années 1950, et le destin d’une femme est de se marier, d’être femme au foyer et d’avoir des enfants. Les femmes qui travaillent et qui veulent faire carrière sont des aliens relativement mal vues et globalement pas prises au sérieux. Le livre suit quatre femmes principalement, mais des portraits secondaires se dessinent aussi en filigrane.

Chacune a une situation différente : il y a la mère divorcée, la jeune fille qui s’est fait plaquée par son fiancé à la fin de ses études, la jeune provinciale qui est montée à la ville pour connaître une vie plus trépidante, et enfin la jeune actrice qui ne travaille qu’entre deux rôles. Comme l’écrit si bien Rona Jaffe, il y a des milliers de filles comme elles dans les rues de New York, et leur point commun c’est qu’elles n’ont jamais assez d’argent. Tout du moins, c’est sur ce constat que le roman commence. Et il est vrai que le nerf de la guerre pour ces personnages, c’est la question de l’indépendance financière, qui commence à peine pour les femmes.

L’autre point commun que l’auteur nous tait mais qui se révèle peu à peu, c’est la poursuite de l’amour. Chacune, avec ses rêves et ses espérances, espère trouver quelqu’un dans cette jungle qu’est la Grosse Pomme. Au fil de rencontres plus ou moins hasardeuses et de coups du sort plus ou moins terribles, chacune va faire son éducation et se forger sa personnalité dans l’expérience qu’elle fait d’un monde d’hommes.

Ce monde nous est très bien dépeint, et l’on sent tout de suite que Rona Jaffe a elle-même travaillé dans un service tel que celui qui nous est montré dans le livre. Elle voit et donne à voir une vie quotidienne faite de pauses déjeuner, de patrons plus ou moins respectables et respectés, de quantité de travail à accomplir, la vie de famille le soir quand chacun est fatigué… Mais il y a aussi les mesquineries propre à l’écosystème du travail (particulièrement ici ce monde féminin des secrétaires), et les rituels incontournables : le trousseau d’une collègue qui prépare son mariage…

Chaque chapitre est consacré à une des femmes, ce qui permet de varier agréablement les points de vue, et de confronter d’autant mieux les choix des unes et des autres. Laquelle a raison ? Laquelle va s’en sortir ? Il faudra lire le roman jusqu’à la fin pour le savoir. Sachez qu’il n’y aura pas de happy end pour tout le monde. Ce roman s’attache à la vraie vie ; et en cela il n’est pas entièrement une œuvre de fiction.

D’ailleurs, c’est ce réalisme qui a contribué à son succès d’édition lors de sa sortie. Des milliers de femmes qui vivaient la mêle chose dans leur travail, se sont retrouvées dedans. Et aujourd’hui encore, je le trouve étonnamment actuel. Le jugement sur les femmes a peu évolué en presque cinquante ans. Et les femmes carriéristes se retrouvent encore trop souvent confrontées à l’incompréhension d’une société qui apprécie toujours autant le rôle de la femme au foyer, bonne mère et personnalité facile à cerner.

Sans être militant, ce livre est une bonne piqure de rappel. Il nous rappelle ce que nous devons aux premières femmes qui ont tant enduré pour trouver leur place dans la société des hommes. A l’heure où Mad Men est devenue une série si populaire, ce livre montre aussi que les années 1950 ont encore beaucoup à nous apprendre sur notre monde moderne et les étapes de sa génèse.

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