Salut !
Impossible de passer à côté de LA grosse actu qui se prépare demain. Et non, je ne te parle pas du coup d’envoi des Jeux Olympiques de Milan. Encore, qu’il s’agit effectivement de sport et de glace.
Je veux bien sûr parler de l’arrivée tant attendue de la série Heated Rivalry en France.
La série est l’adaptation du second tome de la saga Game Changers écrite par Rachel Reid, qui en compte 7 au total déjà parus dans les pays anglo-saxons.
Peut-être que tu commences à en avoir assez d’entendre tout le monde en parler sur les réseaux. Et pourtant, le phénomène ne manque pas d’intérêt parce qu’il en dit long sur les tendances de lecture en ce moment.
D’abord, ce qui est intéressant, c’est que la saga a généré un grand succès aux USA. Et depuis la sortie de la série fin 2025 le buzz est encore plus grand. Jusqu’à atteindre la France où beaucoup de monde attend la série de pied ferme.
Ce qui est pourtant assez fou, c’est que quand les deux premiers tomes de la saga sont sortis en France, ils n’ont pas rencontré le succès. Pour info, en avril 2011, Juno Publishing avait publié le premier tome intitulé Sortie de zone. Et en 2023, la maison d’édition avait sorti Rivalité Brûlante (le tome dont est tirée la série).
Et pourtant, je ne me souviens pas d’en avoir entendu parler à l’époque.
Pourquoi ? Facile : il y a encore trois ans, la romance queer n’était pas à la mode comme aujourd’hui. Et pour être honnête, moi la première je n’en lisais presque jamais.
Alors qu’est-ce qui a changé dans le paysage littéraire ?
Aujourd’hui, je te propose une séance spéciale du Club de Lecture d’Alivreouvert pour évoquer la mode autour des romances queer.
Ce que ça dit du monde du livre à l’heure actuelle. On parlera aussi des raisons pour lesquelles les lectrices plébiscitent la romance queer. Et bien sûr, je te donnerai les infos sur la série ainsi que sur la date de parution des romans en France. Car oui : une nouvelle publication est déjà annoncée pour mai 2026 !
Bonne soirée lecture,
Emilie – Alivreouvert.net
Sommaire de mon dossier sur Heated Rivalry
- C’est quoi Heated Rivalry
- Où tu peux regarder la série en France
- Date de parution des romans en France
- Pourquoi la saga cartonne
- Pourquoi la première publication n’a pas fait le buzz en France
- Mon rapport perso à la romance queer
- Lectorat féminin et rapport à la masculinité
C’est quoi Heated Rilvary ?
C’est le deuxième tome de la saga Game Changers qui compte 7 romans :
- Game Changer
- Heated Rivalry
- Tough Guy
- Common Goal
- Role Model
- The Long Game
- Unrivaled
Concrètement, la saga est à l’intersection de deux genres : la romance sportive et la romance queer. Et chaque tome se déroule dans l’univers du hockey sur glace. Rachel Reid est canadienne, donc c’est un sport qu’elle connaît bien !

Le résumé de Heated Rivalry (sans spoiler !) :
Rien ne peut perturber le jeu de Shane Hollander, star du hockey professionnel.
Maintenant qu’il est capitaine des Voyageurs de Montréal, il ne laissera rien ni personne compromettre sa place, surtout pas le rival sexy qu’il adore détester.
Le capitaine des Boston Bears, Ilya Rozanov, est tout ce que Shane n’est pas. Roi de la glace autoproclamé, il est aussi arrogant que talentueux. Personne ne peut le battre, sauf Shane. En public, ils sont ennemis. En privé, ils ne peuvent s’empêcher de se toucher.
La chose la plus intelligente à faire ? S’éloigner l’un de l’autre, maintenant que leurs quelques rencontres secrètes se transforment en une bataille médiatique pour garder leur relation à l’abri de la presse. La vérité pourrait les ruiner tous les deux. Mais pour Shane et Ilya, garder cela secret n’est bientôt plus une option…
Où tu peux regarder la série Heated Rivalry en France ?
C’est HBO qui diffuse la série en France. Et le premier épisode sera mis en ligne dès demain, le vendredi 6 février. Ensuite, tu connais la chanson avec HBO : un nouvel épisode sera mis en ligne chaque semaine.
Au total, il y a six épisodes. Et pour info, la saison deux a déjà été validée, même si elle n’est pas encore officiellement entrée en production.
Est-ce que la saga Game Changers est traduite en Français ?
Comme je te l’ai dit au départ : les deux premiers romans de la saga ont déjà été publiés en France. Mais ils n’avaient pas spécialement fait le buzz. Loin de là !
Si tu cherches les livres d’occasion, il est possible que tu mettes la main sur un exemplaire. Mais en format neuf, ils ne sont plus disponibles.
Ce qui est normal, car ce sont désormais les éditions Chatterley qui ont racheté les droits de la saga pour la France. Et dès le mois de mai prochain, Chatterley va commencer à publier les tomes de la série. Seul petit pincement au cœur : ils vont publier la saga dans l’ordre. Donc en mai tu pourras découvrir Game Changer. Et ensuite seulement, tu pourras lire Heated Rivalry. Pour l’instant, aucune date précise n’a été communiquée pour le second tome. Mais je pense que Chatterley le publiera assez vite vu le niveau d’attentes général.

Pourquoi la saga cartonne ?
Aux Etats-Unis, la romance sportive fait le buzz depuis déjà presque une dizaine d’année. J’ai eu l’occasion de lire plusieurs romances dans ce genre (Baseball, Foot américain et même pilote de stock-cars). Pour être honnête, je n’ai jamais accroché à ce genre. Je n’y ai pas trouvé assez de raisons de m’attacher à l’univers sportif. En France, ça fait deux ou trois ans que les maisons d’édition commencent à proposer des traductions françaises de certaines sagas. Et tu les as peut-être vu passer. Elles ont l’air de bien marcher, sans pour autant susciter un raz-de-marée. Peut-être que la France n’a pas la même culture sportive que les US ?
Pour la saga Game Changers, la raison pour laquelle elle a tout de suite suscité l’enthousiasme, c’est tout simplement parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une romance sportive. Mais c’est aussi et avant tout une romance queer. Donc le sujet, ce n’est pas « un sportif tombe amoureux » ; ça devient « un sportif fait son coming out ». Or, si tu t’es un peu documentée sur le sujet, tu sais que selon les sports, le sujet reste encore très délicat. Et la triste réalité, c’est que certains sportifs de haut niveau ont encore peur de révéler des informations sur leur vie privée qui pourrait nuire à leur carrière. Et si tu te souviens des propos tenus contre Amélie Mauresmo, alors tu vois clairement la violence médiatique qui peut se déchaîner contre les personnes.
Rachel Reid le dit elle-même : ce qui l’intéresse, c’est de parler de l’amour au sens large, et de questionner le sujet de l’épanouissement personnel. Aimer ne devrait jamais être une source de honte ou d’insécurité. Mais dans le monde dans lequel nous vivons, le sujet est encore loin d’être réglé.
Donc le fait qu’une romancière utilise la romance queer pour faire passer un beau message d’acceptation de soi a trouvé un large écho auprès du lectorat. Et d’après les commentaires super élogieux que j’ai pu lire à propos de la série Heated Rivalry, cette adaptation rend vraiment hommage à l’intention de départ de la romancière.
Pourquoi la première publication n’a pas fait le buzz en France ?
Alors du coup, tu vas me demander : si le sujet est aussi intéressant, comment se fait-il que la première édition française n’ait pas marché ?
Bonne question.
Si les romans avaient trouvé leur public, j’imagine sans peine que l’éditeur aurait publié les cinq autres tomes. Or, ça n’a pas été le cas. Et moi-même, je ne me souvenais même pas d’avoir vu passer ces romans parmi les nouveautés de l’époque. Il a fallu que je fasse une recherche sur internet pour vérifier si la saga était éditée chez nous. Et c’est complètement par hasard que je suis tombée sur les anciens romans.
Si on reprend les dates de publications (2021 et 2023), les choses s’expliquent assez bien. La romance queer commence seulement à bénéficier de l’exposition qu’elle mérite en France. Et je pense que même en 2023, c’était encore trop tôt pour que ça prenne.
D’une manière générale, la France est toujours en retard sur les tendances en matière de romance. Il faut d’abord attendre qu’un nouveau sous-genre décolle aux US pour qu’il s’installe ensuite, quelques années plus tard, en France. C’est ce que j’ai pu observé au fil des années avec les romances de Noël, les romances d’automne, la romantasy (romance fantastique) et même avec le thriller domestique.
Donc sans surprise, encore une fois c’est le lectorat américain qui jour le rôle de prescripteur. Evidemment, il faut être lucide, et je pense que le fait qu’un roman fasse le buzz sur bookstagram ou booktok incite fortement les lectrices (et lecteurs) françaises à s’intéresser à certaines histoires. Ce qui, pour le coup, est une bonne chose.
Mais ça implique aussi que les maisons d’édition ont totalement perdu leur propre rôle de prescription littéraire. Car quand elles essayent de proposer des nouvelles choses (comme Juno Editions dès 2021), ça ne marche pas, faute d’adhésion des communautés.

Mon rapport perso à la romance queer
Si j’ai envie de te parler de Heated Rilvary aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que j’étais fan des films Les Petits Champions quand j’étais petite (des films Disney sur un groupe d’enfants qui jouaient au hockey sur glace), et que la passion du hockey et des histoires d’amour a temporairement aveuglé mon jugement !
C’est parce que je constate que moi-même, en tant que lectrice, je ne me suis pas toujours soucié du sujet de la romance queer.
D’abord, je pense que c’est une question de biais personnel. Quand on est une lectrice hétéro, peut-être que ça ne va pas automatiquement de soi de s’intéresser aux histoires queer ? Je n’ai pas la réponse, je ne peux parler que pour moi.
Je pense surtout que depuis que je tiens ce blog (janvier 2011, tu te rends compte !), j’ai eu le temps de changer de regard sur la littérature. Et sur mon propre rapport à la lecture. Je me suis mise à davantage me questionner dans mes choix. Par exemple, je m’étais rendue compte à un moment que je lisais principalement des livres écrits par des hommes. Et que je ne faisais pas d’effort pour découvrir des romans écrits par des femmes. Aujourd’hui, c’est très largement l’inverse !
Avec le temps, j’ai commencé à avoir du recul sur ma façon de lire. Et ça m’a donné envie de ne plus me fier à mes habitudes, de découvrir de nouvelles choses.
Donc me lancer dans des romances queer a été une étape logique dans mon cheminement de lectrice. Et ce qui m’a fait basculer, c’est la romantasy. Quand j’ai lu The Last Binding Trilogy de Freya Marske, ça a été un choc. J’ai tout aimé dans ce livre, y compris l’histoire de ces deux hommes qui n’ont normalement pas le droit de s’aimer. Le second tomme parlait de deux femmes et de l’émancipation féminine. Et encore une fois, j’ai adoré qu’une romancière tire un trait d’union entre le sujet de l’amour et la question de l’identité. Pour moi, ça a fait sens. Et quelque part, j’ai eu l’impression de retrouver toute la force de la romance. Parce qu’il ne s’agit pas juste d’aimer l’autre, mais aussi de s’aimer soi-même.
Plus récemment, j’ai eu un véritable coup de foudre pour la trilogie des aventures de Will Darling. Des romans policiers écrits par K.J. Charles (elle a aussi écrit des romances historiques queer, pour info) dont l’un des éléments centraux est justement la question de l’amour gay interdit par la loi dans les années 1920-1930. Et la condamnation à une vie de secret. Romance + intrigue policière + contexte historique = une romance qui ne se contente pas d’être gentille et divertissante, mais qui a vraiment des choses à nous dire.
Alors aujourd’hui, je ne suis sûrement pas la plus grande spécialiste en matière de romance queer. Mais j’apprécie de me plonger dans des histoires qui défendent une vision de l’amour qui me parle vraiment. Et qui encourage la curiosité à l’égard d’histoires qui méritent d’être racontées.
2026 : romance queer, lectorat féminin, inclusion et rapport à la masculinité
De toute évidence, si j’en juge par l’engouement sur les réseaux sociaux et les scores d’audience partout dans le monde, je ne suis pas la seule à m’intéresser à Heated Rivalry. Et ce qui est super intéressant, je trouve, c’est de voir que c’est largement un public féminin hétéro qui porte le phénomène. Ce qui, si on y réfléchit bien, paraît assez logique.
Avec le mouvement Me Too, les femmes ont osé prendre la parole en masse pour dire qu’elles en avaient marre d’être considérées comme des citoyennes de seconde zone dans une société qui permet depuis trop longtemps qu’on les agresse, qu’on les rabaisse, qu’on les invisibilise et qu’on les prive de l’accès aux mêmes opportunités que les hommes. En l’espace de quelques années, le sujet n’a pas assez progressé. Encore cette semaine, j’ai vu une campagne de sensibilisation pour une meilleure répartition des tâches ménagères en France. On est en 2026, et les femmes continuent d’être en lutte pour tout un tas de raisons.
Donc faut-il vraiment être surpris qu’elles se dirigent vers des romances queer qui mettent en scène des couples d’hommes ?
Comme je n’ai pas encore lu Heated Rivalry, je ne peux pas parler pour les romans de Rachel Reid. Mais dans les autres romances queer que j’ai pu lire, j’ai adoré me plonger dans des histoires dans lesquelles on présente une vision particulièrement saine de la masculinité. Des relations de couples fondées sur le respect et une égalité non négociable. Il n’est pas question de rapport de force. Il est question d’hommes qui traitent leurs partenaires en égaux.
Qui pourrait trouver ça surprenant que les femmes hétéro fantasment sur ce genre de relation amoureuse ?
Je n’ai pas d’études statistiques à l’appui, mais je suis curieuse d’avoir ton avis en commentaire pour savoir s’il s’agit seulement de ma perception. Ou si, comme je le soupçonne, la romance queer trouve vraiment un écho dans le public féminin car elle redéfinit les dynamiques au sein de la relation d’une façon beaucoup plus équilibrée.
Je suis persuadée que c’est forcément quelque chose qui entre en ligne de compte. Et qui fait que les femmes ont envie de lire ou de voir ce genre de représentation d’une masculinité qui ne cherche pas à rabaisser ou à contrôler.