Bon dimanche !
Hum… ça faisait longtemps que je ne t’avais pas parlé d’une de mes soirées à la Comédie-Française. Il faut dire que je remets à peine du traumatisme de la réservation des places, en septembre dernier ! Comme chaque année, c’était le chaos, et j’ai bien failli ne pas avoir de places pour Casse-Noisette, qui sera pourtant LE spectacle le plus attendu de ma fin d’année vu que j’y vais avec ma meilleure amie et ma filleule. A à peine dix ans, ce sera sa deuxième pièce à la Comédie-Française après avoir vu Le Bourgeois Gentilhomme il y a quelques mois (qu’elle a absolument adoré ! et je vous la conseille : pour le jeune public, cette mise en scène est top).
Après m’être débattue pour la réservation des places, j’ai quand même obtenu un siège pour aller voir L’Ecole de danse. Une pièce écrite par Goldoni. Honnêtement, je ne connaissais ni l’auteur ni la pièce. Et j’y suis allée pour une seule raison : j’ai décidé de faire confiance à Clément Hervieu-Léger, le metteur en scène. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été déçue (même s’il n’a pas vraiment réussi à me réconcilier avec Le Misanthrope.
Résultat ? J’ai adoré ! Cette pièce est une excellente surprise, avec beaucoup d’humour, des personnages très touchants, beaucoup d’énergie sur scène. Et un propos incroyablement d’actualité sur le besoin de s’émanciper des figures d’autorité et de la pression sociale si on veut être heureux dans la vie.
Je t’en parle ce soir… en espérant te donner envie à ton tour de découvrir la pièce.
Bonne lecture,
Emilie – Alivreouvert.net
Mon résumé de la pièce
Monsieur Rigadon est maître de danse. Enfin… au départ, il était coiffeur. Mais il a décidé de se lancer dans le commerce beaucoup plus lucratif de maître de danse. Ainsi, on le paye pour former des jeunes gens, et dès qu’ils décrochent un contrat, il touche un pourcentage sur leurs cachets. Une bonne affaire pour cet homme aigri, mesquin, arnaqueur sur les bords, et qui s’est pris de passion pour l’une de ses charmantes élèves.
En coulisse pourtant, la gronde s’installe. Car les élèves, jeunes filles et jeunes garçons, en ont assez d’être ainsi exploités. Certains comptent trouver du travail ailleurs. D’autres veulent s’enfuir pour se marier. Une danseuse, qui déteste danser (et n’a même aucun talent), donnerait n’importe quoi pour devenir comédienne. Et même la soeur du maître de danse, vieille fille notoire, rêve d’un mariage qui la conduirait loin de ce quotidien triste.
Un riche comte épris d’une danseuse, un courtier prêt à tout pour faire fortune et un imprésario trop crédule vont pourtant définitivement faire éclore la bulle de cette école de danse. Et monsieur Rigadon n’est pas sûr d’en sortir vainqueur…
Mon avis sur L’Ecole de danse
Donc comme je te l’ai dit au début, je ne m’attendais pas à ce que la pièce soit drôle. Surtout à ce point !
Pour te situer un peu, c’est comme une pièce de Molière : très rythmé, avec beaucoup d’humour, des personnages qui se mentent, qui se cachent des choses, qui ont tous un intérêt personnel à défendre. Et bien sûr, il y a le fâcheux de l’histoire, le fameux maître de danse (joué par Denis Podalydès), dont chaque personnage va avoir l’occasion de se venger.
Non pas que la pièce traite de vengeance. C’est plutôt l’histoire d’une galerie de personnages qui ont le choix entre continuer de se faire marcher sur les pieds ou prendre enfin leur destin en main. Ce qui réclame du courage, de la détermination, et pour certains une certaine dose de roublardise.
Non seulement la pièce est très drôle. Mais sa force, c’est donc la pertinence du propos. Si les personnages veulent être libres et heureux, ils doivent s’émanciper de ce maître de danse qui les retient en quelque sorte prisonniers d’un système. Ils se font exploiter. Et chacun doit trouver son propre chemin vers la liberté. Chacun doit aussi trouver la force de faire entendre sa voix.
Le sujet concerne principalement les personnages féminins. J’ai adoré Claire de La Rüe du Can, dans ce rôle de danseuse qui déteste la danse. Elle a beaucoup de caractère, et c’est l’une des seules qui a vraiment le courage de tenir tête à son maître. Mais elle est aussi très vulnérable, comme on le voit dans une très belle scène entre elle et l’imprésario qui vient pour la recruter (joué par un de mes comédiens préférés de la troupe, l’excellent Eric Génovèse).
Les personnages masculins ne sont pas en reste. Et eux aussi doivent apprendre à se prendre en main. A commencer par le comte joué par Loïc Corbery, qui hésite entre son amour pour une jeune danseuse, et l’écart de rang social qui est un frein à un mariage potentiel.
J’ai trouvé que ce qui faisait mouche dans cette mise en scène, c’est l’énergie générale. Et elle repose beaucoup sur des tandems de comédiens particulièrement bien assortis. Clotilde de Bayser, en mère d’une jeune danseuse qui n’arrête pas de parler, fait des merveilles face à Denis Podalydès qui ne parvient plus à dire un mot (ou presque !). Enorme coup de coeur aussi pour le couple formé par Florence Viala (la soeur qui rêve de se marier) et Stéphane Varupenne (escroc tout disposé à se marier en échange d’une dote conséquente).
L’Ecole de danse : est-ce que cette pièce va te plaire ou pas ?
Si tu aimes le théâtre de Molière, je te conseille vraiment de foncer voir cette pièce. C’est la première fois que la Comédie-Française la joue. Et ça vaut vraiment le détour. Car non seulement la distribution est géniale, mais la mise en scène repose sur un bel équilibre entre l’énergie de l’humour et l’émotion liée à la gravité du propos. Tu vas rire, et en même temps te sentir vraiment investie dans les histoires de chacun de ces personnages.
Bon spectacle !
P.S : Pour info, la pièce se joue jusqu’au 3 janvier 2026.



Une réflexion sur “Théâtre | L’Ecole de danse, à la Comédie-Française”