Bonjour,
Si tu es connectée aux réseaux sociaux, je pense que tu as forcément entendu parler de la série Heartstopper sur Netflix.
Cette série est l’adaptation d’une série de romans graphiques qu’on doit à l’imagination poétique d’Alice Oseman, une artiste britannique de grand talent. Elle a publié son premier livre à tout juste 19 ans. Et depuis, son travail a connu un succès planétaire.
Mais ce que peu de personnes savent, c’est qu’avant de devenir célèbre pour ses romans graphiques, Alice Oseman a commencé par le roman classique. Et Heartstopper est en fait le spin-off de son roman L’Année Solitaire.
On pourrait facilement croire que, sous prétexte que ce livre raconte la vie d’une lycéenne, il s’agit d’un livre « pour ado » (je mets volontairement des guillemets parce que je continue d’être choquée par la condescendance qu’on éprouve en France envers la littérature Young Adult !).
En fait, L’Année Solitaire est un roman bouleversant qui évoque avec tendresse et bienveillance le douloureux moment de l’adolescence… et surtout le trauma que peut représenter la vie lycéenne, avec toutes les dérives que ça implique, notamment le harcèlement scolaire.
Donc aujourd’hui, je te parle de ma lecture de ce roman en espérant te donner envie de le découvrir 🙂
Emilie – Alivreouvert.net
Mon résumé du livre
Tori Spring est une ado comme tout le monde. Ou en tout cas, elle s’efforce d’en avoir l’air.
Entre des parents qui ne savent pas communiquer, un frère qui souffre de troubles alimentaires et la pression du lycée, Tori a le sentiment persistent qu’un décalage s’est installé entre elle et le reste du monde. Et le plus drôle, c’est qu’elle parvient quand même à faire illusion auprès de ses proches.
Jusqu’au jour où tout commence à basculer.
Michael Holden, le nouvel élève du lycée a l’air d’un doux-dingue. Le plus étrange chez lui : il semble trouver Tori intéressante.
Et ce qui est vraiment fou, c’est que Tori commence à apprécier le fait de passer du temps avec ce garçon gentil dont le seul passe-temps et de faire du patinage de vitesse. Lui qui semble toujours aller à contre-courant de tout.
Ce qui est nettement moins drôle, c’est que le lycée devient la cible d’un collectif de hacker : Solitaire. Leurs interruptions dans la vie lycéenne commence comme de simples blagues. Mais petit à petit, les évènements dramatiques s’enchainent. Jusqu’à mettre en péril la sécurité des élèves.
Contre toute attente, c’est peut-être l’élément déclencheur dont Tori avait besoin pour arrêter d’être dissociée du réel. Et son objectif est clair : identifier Solitaire pour l’empêcher de faire du mal à ceux qu’elle aime.
Mon avis sur L’Année Solitaire
En fait, c’est difficile de bien résumer ce livre en lui rendant justice. Parce que l’écriture d’Alice Oseman est vraiment subtile. Et comme la romancière déteste les clichés et les stéréotypes vides de sens, ça me semble presque insultant de survoler son histoire avec seulement quelques lignes de résumé.
Mais bon, je ne vais pas non plus te spoiler !
Je pense que la chose importante que j’ai envie de te dire à propos de ce livre, c’est que c’est le roman que j’aurais voulu lire quand j’étais moi-même au lycée.
Je pense qu’on a été nombreuses et nombreux à se sentir en décalage. A avoir du mal à répondre aux attentes qui pesaient sur nos épaules. Des attentes académiques et la pression familiale, bien sûr. Mais aussi la pression sociale de ce microcosme qu’est la vie lycéenne.
Alice Oseman a fait revivre en quelques pages beaucoup des sentiments qui ne me quittaient pas quand j’étais ado. Je faisais des crises de terreur nocturne. Je me sentais inadaptée. Je pensais que ma valeur en tant qu’individu était forcément dépendante de mes résultats scolaires. Et je ne parvenais pas à me libérer de mes peurs.
Ce lourd bagage émotionnel, j’ai continué à le traîner pendant longtemps. Et m’en libérer m’a demandé beaucoup de temps et de travail sur moi-même. A cette époque, je pense que ça m’aurait fait énormément de bien de lire les propos d’une romancière qui parvient à mettre les mots justes sur un ressenti aussi intime que violent.
Ce livre aborde beaucoup de thématiques en lien avec le passage à l’âge adulte. Ironiquement, je trouve que c’est aussi une célébration de l’adolescence, ce moment charnière où on choisit la part d’imaginaire presque enfantin qu’on choisit de conserver dans notre future vie d’adulte.
Le personnage de Tori n’est pas triste. Elle est en attente que quelque chose commence. Et la réponse à son questionnement est la suivante : dans la vie, il ne faut pas attendre que les choses se passent ; il faut accepter de devenir soi-même une force en action.
L’Année Solitaire : une idée lecture pour qui ?
Si tu as de la curiosité pour les romans Young Adult, alors celui-ci est l’un des tout meilleurs que j’ai pu lire. Donc je te le conseille. Et je pense que tu le trouveras très intéressant car son propos est intéressant et son histoire est bien menée.
Si le sujet de l’adolescence dans la littérature te passionne, et que tu es touchée par les sujets que j’ai pu évoquer dans ma chronique, alors L’Année Solitaire devrait te plaire à toi aussi. C’est un roman à l’écriture ciselée, très belle. Et les personnages sont particulièrement riches grâce aux nuances réalistes qu’Alice Oseman leur apporte.
Alors : est-ce que j’ai convaincu quelqu’un de lire ce livre ?

2 réflexions sur “Mon avis sur L’Année Solitaire, le roman bouleversant d’Alice Oseman”