Bonjour,
Nous sommes le 15 janvier, et il est grand temps de préparer les bougies car on fête l’anniversaire de Molière aujourd’hui !
Le patron du théâtre français est justement à l’honneur en ce début d’année. Et tu as l’embarras du choix avec 2 pièces géniales à voir en ce moment à la Comédie-Française : L’Avare et Le Malade imaginaire. J’ai vu la première pièce en DVD. Mais la seconde, je suis allée la voir au théâtre. Et j’ai tellement adoré que je t’en parle aujourd’hui.
Molière, ça te rappelle des souvenirs du collège ? Mais depuis, tu n’as pas forcément pris le temps de lire d’autres pièces ?
Ben je te comprends, d’autant que Molière est beaucoup plus cool à voir jouer qu’à lire. Normal : c’était un comédien lui-même, donc ce qui l’intéressait surtout quand il écrivait, c’était de donner de la matière au spectacle !
Justement, la production du Malade imaginaire qui se joue en ce moment à la Comédie-Française fait la part belle au spectacle et à l’humour. Donc tu vas voir que c’est la pièce idéale pour passer un super moment au théâtre !
Je t’explique tout dans mon post du jour !
Emilie – Alivreouvert.net
Mon résumé de la pièce
Argan ne va pas fort. Monsieur est malade, et son quotidien consiste en visites de médecins, lavements, prise de remèdes en tous genres… Bref, ça ne va pas fort.
Son seul réconfort, c’est l’amour que lui donne sa seconde épouse. Une femme pourtant perfide qui n’attend qu’une chose (la mort de ce mari qu’elle exècre) et complote pour ravir l’héritage qui doit revenir de droit aux deux filles nées du premier mariage d’Argan.
La fille aînée justement, Angélique, est éprise du charmant Cléante. Mais Argan a déjà résolu de la marier à Thomas Diafoirus, un jeune homme aussi pédant que stupide, mais qui l’avantage d’être médecin. Un médecin pour gendre : le rêve pour Argan, éternel malade !
Mais Toinette, la bonne de la maison qui s’est prise d’affection pour le jeune couple Angélique/Cléante, décide d’intervenir. Et pour remettre les idées en place à son maître, elle ne reculera devant rien : pas même se faire passer pour un médecin !

Mon avis sur la pièce
Comme souvent chez Molière, il est question de chasser-croiser entre des personnages qui n’ont pas tous les mêmes intérêts. Le père veut quelque chose. Les enfants veulent autre chose. Et entre les deux, les domestiques ont le don de toujours se mêler de ce qui ne les regarde pas.
A ce titre, Le Malade ne diffère pas tellement d’autres pièces de Molière, comme L’Avare ou encore Le Bourgeois Gentilhomme.
Ce qui fait pourtant que Le Malade imaginaire est ma pièce préférée, c’est que c’est vraiment celle qui parle le plus d’amour. L’amour, un sujet incontournable dans le théâtre de Molière. Lui, le grand auteur qui jette un regard souvent amusé sur ses contemporains, il sait aussi s’attendrir de leurs espoirs et de leurs détresses.
Dans cette pièce, c’est l’amour qui irrigue toute l’histoire. L’amour d’un mari pour sa femme (même si cette tendresse est mal placée). L’amour d’un frère qui s’inquiète de voir Argan croire sur parole des médecins plus dangereux qu’efficaces. L’amour d’une fille pour son père, qui culpabilise à cause de leur dispute. L’amitié sincère et désintéressée de Toinette pour Angélique. L’amour des jeunes gens bien sûr. Mais aussi l’amour d’un père pour ses deux filles, car Argan se réconcilie finalement avec Angélique, après avoir eu un intermède aussi tendre qu’amusant la plus jeune de ses filles, la petite Louison.
Je trouve qu’avec le temps, Le Malade imaginaire est devenu de plus en plus moderne. Il faut dire qu’avec l’avènement d’internet, tout le monde peut jouer au docteur sur internet. Au risque de finir par se faire peur avec de mauvais auto-diagnostiques !
La mise en scène de Claude Startz ne cherche pas la modernité. Et au contraire, elle laisse la pièce « dans son jus », avec son côté patiné par le temps. Mais ça ne l’empêche pas de sonner très moderne.
Et surtout, en évitant de trop donner dans la critique médicale, cette mise en scène se concentre sur les relations très touchantes que les personnages ont entre eux.
Je précise qu’il y a aussi énormément d’humour. J’avais oublié certaines choses, en particulier le personnage de Thomas Diafoirus, le jeune médecin qui, sous les traits du comédien génial Noam Morgensztern, devient immédiatement le catalyseur de tous les rires dans la salle. Mention spéciale aussi à Julie Sicard, une comédienne que j’étais heureuse de voir à nouveau car je l’ai adoré dans chaque pièce où j’ai pu la voir. Son énergie vibrante fait de Toinette un personnage solaire au beau milieu du chaos de la pièce.
Le Malade imaginaire à la Comédie-Française : une pièce pour qui ?
Si tu aimes rire, mais que tu as aussi envie d’être émue, alors Le Malade imaginaire est une pièce qui va vraiment te plaire. L’histoire est prenante. Les personnages sont très touchants. Et il y a de formidables scènes comiques (mon mascara n’était pas waterproof, et je suis ressortie du théâtre avec des yeux de panda, mais c’est pas grave).
Le tour de force de cette mise en scène, c’est aussi de nous restituer Le Malade imaginaire dans ce que cette pièce a de plus grave. C’est la dernière pièce écrite par Molière. Il est mort quelques heures après l’avoir joué. Alors forcément, on ne peut s’empêcher de voir des éléments biographiques dans cette oeuvre.
Si tu as envie de (re)découvrir Molière, je pense que c’est la bonne pièce pour passer un bon moment.
Une réflexion sur “Le Malade imaginaire à la Comédie-Française : pourquoi tu vas craquer sur cette pièce (spoiler : il est question d’amour !)”