Une semaine entière sans lire : cap ou pas cap ?

Bon lundi,

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler… du fait de ne PAS lire !

Oui, vous avez bien lu.

Je n’ai pas fait d’overdose de chocolats de Noël, et j’ai toujours toute ma raison. Mais j’ai décidé de profiter des vacances pour faire une pause.

J’ai déjà bouclé mon défi lecture de l’année 2024. Et donc j’ai décidé que j’allais la jouer tranquille pour la fin d’année (qui est seulement demain, après tout). Dans la foulée, je me suis dit que je n’allais rien lire du tout cette semaine.

Oui parce qu’on parle toujours des vertus de la lecture. Mais parfois, c’est bien aussi de prendre le temps de savourer autre chose. Je vous explique les raisons de ma pause sans livre dans mon post du jour.

Et vous allez voir qu’en fait, la principale raison pour laquelle j’arrête temporairement de lire, c’est précisément parce que j’aime lire et que j’ai envie que la lecture reste un plaisir pour moi.

Bonne soirée,

Emilie – Alivreouvert.net

Et si on arrêtait de risquer le burn-out livresque

Si vous suivez plusieurs blogs ou comptes du genre Bookstagram ou Booktok, alors vous avez certainement déjà vu passer des contenus qui parlent de ce sujet. Des lectrices/lecteurs qui, à force de lire beaucoup, finissent par avoir une panne de lecture.

Plus envie de lire. Plus de plaisir à lire des bouquins. Moins d’enthousiasme pour les histoires.

Bref : un genre de burn-out livresque.

J’ai déjà ressenti ce genre de coup de mou, notamment quand j’étais à l’université en Lettres Modernes. Et franchement, quand on a l’habitude de lire beaucoup, c’est une sensation très déstabilisante. De se retrouver à ouvrir un livre sans éprouver de plaisir. De sentir que notre cerveau ne se lance pas dans l’histoire. Et d’être confrontée à une frustration qu’on n’arrive pas à expliquer.

En fait c’est tout simple : je pense qu’au bout d’un moment, notre cerveau est en surchauffe. Et il a juste besoin de se reposer. Un peu comme un muscle qu’on aurait trop sollicité à force de courir des marathons. Alors hop : au repos !

Pourquoi ça arrive ?

Quand j’étais étudiante, j’avais des lectures imposées plus les lectures personnelles pour enrichir ma culture et mieux préparer mes examens. Au final, je pouvais lire une vingtaine de livres par mois. Ce qui est totalement délirant.

En tant que blogueuse littéraire, je lis beaucoup. Pas parce que je suis obligée, mais pour le plaisir. Sauf que…

Sauf qu’il y a les livres que je reçois en service presse. Et j’essaye donc de les lire le plus rapidement possible afin de mettre ma chronique en ligne au moment de la parution du roman. Je trouve que c’est un effort légitime. Après tout, la maison d’édition m’offre un livre. Il en va de la visibilité médiatique d’un ouvrage qui a représenté beaucoup de travail pour beaucoup de gens, à commencer par l’auteur. Donc le moins que je puisse faire, c’est de jouer le jeu.

Là encore, c’est normal. Et d’ailleurs, je limite désormais mon nombre de partenariats parce que justement c’était une cadence un peu trop lourde pour moi.

Mais il y a aussi les algorithmes : entre Google et les réseaux sociaux, il faut poster régulièrement de nouveaux contenus si on veut continuer à être visible sur le web.

Indépendamment de tout ça, il y a vous : les personnes qui lisez Alivreouvert, sur le blog ou sur Instagram. J’ai envie de partager plein de choses avec vous. Et je voudrais que ce soit un espace dans lequel vous vous sentiez bien, libre de pouvoir continuer de découvrir plein de nouveaux livres.

Au total, tout ça mis bout à bout, ça représente beaucoup de temps à lire, à écrire des chroniques, à produire du contenu. Bref : un temps de travail considérable qui représente beaucoup d’énergie de mon côté.

Mais alors : et le plaisir de la lecture dans tout ça ?

Savoir revenir à l’essentiel

En y réfléchissant, c’est moi qui me mets de la pression toute seule. Mais j’ai de la chance, parce que ça fait maintenant 14 ans que j’anime ce blog. Et pendant tout ce temps, j’ai appris quelques petites choses sur moi. Et sur mon rapport au blogging.

Pour moi, ce qui reste le plus important, c’est de partager ma passion avec des gens qui aiment la lecture. Point barre. Qu’il s’agisse de 15 personnes, de 100 personnes ou de plus de 1 000 personnes, ça m’importe assez peu. Même si je ne parlais qu’à une seule personne, elle mériterait que je prenne le temps de discuter d’un livre de façon cohérente et argumentée. Que je lui fasse découvrir un livre ou un auteur dont j’estime qu’il en vaut vraiment la peine. Bref, que je m’adresse à cette personne comme une amie.

C’est quelque chose que j’ai appris au fil du temps. Faire abstraction des statistiques du blog pour me concentrer sur ce qui compte.

Et pour mon rapport à la lecture, c’est pareil. Le temps que je passe pour lire, je ne m’attends pas à ce qu’on me le rende. C’est avant tout du temps que je prends pour moi. Alors ce n’est pas grave si je ne lis pas toujours autant que je le voudrais. Si je ne concentre pas mon temps sur les bouquins à la mode dont tout le monde parle. Et si mon dernier article n’a pas suscité beaucoup de commentaires.

Le moindre contenu, début de conversation, ressenti de lecture partagé, c’est un peu comme une bouteille à la mer. Et si quelqu’un répond tant mieux. Mais sinon ce n’est pas grave. Parce quoi, toute seule dans mon coin, j’ai déjà pris du plaisir à lire.

Alors pourquoi faire une pause lecture d’une semaine ?

Tout simplement parce que j’ai envie que les choses restent comme ça. Je ne veux pas prendre le risque de basculer dans une pression un peu ridicule. J’aime lire. Mais j’aime aussi d’autres choses. Et croyez-le ou pas, mais passer une journée en pyjama à regarder de vieux films est aussi un de mes kiffs dans la vie !

Cette semaine, je veux profiter de mes vacances pour faire plein de choses que je n’ai pas forcément le temps de faire le reste de l’année. Donc ce sera balades, virée à la balnéo, visites de musées et même une soirée au théâtre. Un joli programme que je m’accorde pour bien commencer 2025.

Et dès la semaine prochaine, je sais qu’une belle pile de livres sera prête pour moi. Je serai alors dans les meilleures conditions, avec un cerveau bien reposer, pour me lancer dans ces nouvelles aventures.

7 jours sans lecture : vais-je tenir ?

Finalement, c’est un peu LA question qui reste en suspend ! Est-ce que je vais pouvoir tenir ou pas ?

C’est très rare que je traverse une phase sans rien lire du tout. Comme dit ma grand-mère : depuis que j’ai appris à lire toute seule, j’ai toujours eu un livre près de moi. Ce qui est absolument vrai. Il y a toujours un livre entamé sur ma table de chevet. Et dès que j’en termine un, j’en commence un autre aussitôt.

De plus, j’ai l’habitude de lire chaque soir avant de dormir. C’est mon rituel du soir, et ça m’aide vraiment à me calmer, surtout après une journée un peu chaotique au boulot. C’est mon remède à moi contre le stress.

Ce qui va m’aider cette semaine, c’est que je suis en vacances. Et j’ai donc un rythme de vie très différent de mon quotidien habituel. Avec un peu de chance, je ne devrais donc pas ressentir de manque. Mais je vous dirai tout ça prochainement. Et on verra ensemble si j’ai réussi à tenir une semaine entière sans ouvrir de nouveau livre !

L’autre petite question qui me taraude, c’est de savoir si vous aussi vous faites parfois des pauses lectures ou pas ?

21 réflexions sur “Une semaine entière sans lire : cap ou pas cap ?

  1. Mario Thibault dit :
    Avatar de Mario Thibault

    Pour répondre à ta question, une semaine sans lire, je ne crois que j’en serai capable, tout simplement parce que j’aime trop ça. Et je n’ai jamais sentis une surdose malgré mes années de lecteur. Une journée, ça peu arrivé, mais c’est soit que je suis vraiment malade ou occupé comme pas possible, ou encore, je décide de me faire une journée de jeu vidéo( j’adore joué aux Zelda) totalement concentré sur le gameplay. Mais à part ça, je suis trop occupé à gravité autour de ma PAL pour ne pas lire quasiment tout les jours 😉 .

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      Merci pour ton commentaire. C’est super intéressant de constater à quel point le plaisir de la lecture est un ancrage pour beaucoup d’entre nous. Un élément à part entière de notre quotidien. Et je trouve ça beau 🙂

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      Quand j’étais encore salariée, avant de me mettre à mon compte, il y avait aussi des périodes où je lisais peu, mais ce n’était pas un choix, c’était à cause de mon travail. Aujourd’hui, je me rends compte qu’avoir beaucoup de temps pour lire est confortable, mais il y a aussi le côté pervers : utiliser ce temps à mauvais escient. Courir après les nouveautés, ressentir une certaine pression… et au final, perdre un peu de vue le plaisir de lire. Donc cette pause est nécessaire pour moi. Mais il faut dire aussi que mon rapport à la lecture a changé à cause du blog. Et je veux éviter d’avoir un regard « utilitariste » sur la lecture : lire pour chroniquer et poster des articles sur le blog. Je veux lire parce que j’ai envie de découvrir de nouvelles histoires, de nouvelles voix d’auteurs… le blog est un plaisir, et je veux que ça reste comme ça. Je n’ai pas envie que ça devienne un fardeau.

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  2. L'ourse bibliophile dit :
    Avatar de L'ourse bibliophile

    J’adore ton article ! Et je te rejoins totalement : je n’ai jamais cherché à avoir beaucoup de services presse pour ne pas avoir trop d’obligations (à présent, il n’y a plus que les livres des Masses Critiques Babelio de temps en temps) et je ne cherche pas à accroître ma visibilité : de toute manière je ne suis pas sur les réseaux et je préfère quelques personnes avec qui échanger sur le blog de temps en temps que 200 likes (d’ailleurs, je ne regarde jamais les statistiques, ça ne signifie rien pour moi).
    La prochaine étape pour moi, c’est réellement me débarrasser de ce qui me reste de PAL pour ne plus me sentir oppressée par elle. Et puis continuer de me détacher de cette urgence de lire, de cette « injonction » avec tous ces livres appétissants qui nous passent sous les yeux, de réellement intégrer le fait que je ne pourrais jamais tout lire et que ça n’a aucun sens (pour moi) de tenter d’en lire « le plus possible ».
    Je fais des pauses plus ou moins volontaires quelques fois dans l’année, pendant les vacances. Contrairement à d’autres, ce sont les moments où j’ai le moins de temps et/ou d’envie de lire : si je suis en vacances quelque part par exemple, lire n’est absolument pas mon activité première, ou comme ces derniers jours où j’étais en famille et pendant lesquels je n’ai lu que quelques pages le matin car j’étais plus lève-tôt que les autres. Mais je n’ai jamais décidé de ne pas lire une ligne pendant un temps donné.
    Je suis curieuse de savoir comment ta pause se sera passée !

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      Merci beaucoup de partager ton propre ressenti de lectrice ! Il y a beaucoup de choses qui me parlent dans ton commentaire. Et notamment la pression de lire des nouveautés. Je suis d’un naturel hyper curieux, donc j’adore découvrir de nouvelles choses. Mais à force, c’est dur de faire la part des choses entre ce qui relève de la vraie curiosité, et ce qui revient à une forme de course à la nouveauté. En 2025, je vais essayer de prendre un peu de recul par rapport à cette injonction autour du buzz littéraire. Et à la place, j’aimerais me focaliser sur ma PAL moi aussi. En tout cas, pour l’instant la pause se passe bien. Et je ne me sens pas frustrée de ne pas lire. Donc ça confirme que j’en avais besoin !!!

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      • L'ourse bibliophile dit :
        Avatar de L'ourse bibliophile

        Soyons d’accord, je ne dis pas que c’est « mal » de lire des nouveautés, même de ne lire que des nouveautés, on lit bien ce qu’on veut. Mais je ne considère pas que la curiosité ne soit que la lecture du dernier livre sorti. Tous les livres que je n’ai pas lus seront nouveaux pour moi. La curiosité pour moi, c’est aussi mon attrait pour différents genres, différentes époques… mais c’est aussi parce que c’est ça qui me parle. Et parfois je prends un livre dont j’ai beaucoup entendu parler parce que je craque un peu aussi.
        Trop bien pour la pause ! Profites-en bien !

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  3. Sacha dit :
    Avatar de Sacha

    Comme l’Ourse bibliophile, les vacances (surtout estivales) sont sans doute la période où je lis le moins. A la fois parce que je passe plus de temps à faire des activités à l’extérieur et parce que mon cerveau se met au ralenti. D’ailleurs, dans cas moments-là, je ne lis presque que de très courts romans ou des nouvelles car je n’ai aucune envie de me plonger dans un livre « de longue haleine ». Et je confirme que ces « pauses » sont très salutaires 😀.

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      Alors c’est drôle parce que moi c’est l’inverse : d’habitude, c’est pendant les vacances que je lis le plus justement ! Mais là, la fin d’année a été dense au travail, et je pense que c’est pour ça que j’ai besoin de recharger mes batteries en faisant quelque chose de différent. Faire une pause loin des livres, je pense que ça me permettra d’attaquer la nouvelle année avec plus d’envie pour mes futures lectures 🙂

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      Comme je le fais de façon volontaire, je le vis bien. Mais je vois complètement ce que tu veux dire sur le plaisir que ça représente. Je me souviens qu’à un moment, quand c’était dur au boulot et que je n’avais plus du tout le temps et l’énergie de lire, c’était une privation et je le vivais mal. Là par contre, cette semaine se déroule bien. Et j’ai beaucoup de plaisir à prendre du temps pour voir mes vieux films préférés (j’ai une énorme collection de DVD !).

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  4. Mathilde dit :
    Avatar de Mathilde

    J’ai aussi fait une sorte de burn-out livresque suite à ma licence de Lettres modernes. Tu en parles dans ton article, et le fait d’avoir des lectures imposées (+ les lectures plaisir à côté) peut vite diminuer notre envie. On se sent surchargé et on perd le plaisir de lire… Bref, je trouve ton concept de ne pas lire pendant une semaine assez intéressant. J’espère que tu y parviendras car sept jours c’est long pour des lecteurs assidus 😉 Cela m’intéresse de savoir si tu auras réussi à tenir ton objectif 🙂 Et bonnes vacances !

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Pour l’instant, j’ai bien tenu, et je ne me sens même pas frustrée. Je fais d’autres choses, et finalement la lecture ne me manque pas. Mais comme je suis en vacances, c’est vrai aussi que je n’ai pas le même rythme que d’habitude 🙂

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  5. Ludivine dit :
    Avatar de Ludivine

    Merci pour ce bel article, c’était très intéressant de lire ton parcours et ton avis sur le sujet. C’est vrai que tenir un blog modifie la perception de la lecture, on peut vite se sentir pris dans une espèce de cadence assez chronophage et énergivore. Alors qu’en faite, on veut juste partager notre plaisir du livre et parfois pour apprécier la lecture, il faut aussi savoir faire d’autres activités. 🙂 Je te souhaite de bonnes vacances, de bonnes ballades et une belle année 2025 !

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  6. Allys dit :
    Avatar de Allys

    Eh bien, je vais peut-être me mettre à contre-pied par rapport à ton article. Je crois que ce qui est important, c’est de faire comme on a envie. Si lire est un plaisir, alors lisons. Si on en a marre, alors on arrête. S’obliger à faire une pause, c’est encore une obligation. Lire n’est pas une drogue au sens littéral, nul besoin de s’en purger. Si tu ressens le besoin de lire quelques pages pendant ta pause forcée, alors tu sauras que c’est bien le plaisir que tu recherches et non l’obligation. 😉

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    • Alivreouvert dit :
      Avatar de Alivreouvert

      C’est une super réflexion, merci ! Et ce qui est intéressant, c’est qu’au départ, je ne savais pas vraiment comment ça allait se passer, quel serait mon ressenti. Au final, je n’ai eu aucune frustration. Et quand j’ai repris la lecture (hier soir !), j’ai eu beaucoup de plaisir sans pour autant avoir vécu l’expérience comme un manque. En plus, ce temps pris sur la lecture m’a permis de faire plein d’autres choses que je n’ai pas le temps de faire en temps normal. Je pense que la lecture fait partie de mon rythme de vie depuis tellement longtemps que par moment je ne suis plus lucide sur mon propre plaisir : c’est un passe-temps que j’ai, que je pratique peut-être sans plus forcément me rendre compte à quel point c’est un plaisir. Avoir fait une pause a été génial parce que je me rends compte que je n’ai pas besoin de lire autant pour garder le plaisir intact. Et finalement, il y a une différence entre ce qui relève de l’envie et ce qui relève de l’habitude.

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      • Allys dit :
        Avatar de Allys

        Tout à fait !!! C’est le plaisir qui doit primer. La grande question est peut-être de savoir pourquoi nous lisons, qu’est-ce qui nous pousse à nous plonger dans ces livres. Tant mieux si ta pause t’a permis de retrouver ce plaisir. 😊

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