Au début de l’été, j’ai profité d’un fin de vendredi après-midi pour aller faire ma visite hebdomadaire à la bibliothèque. C’est mon petit rituel de la fin de semaine. Et j’adore musarder parmi les rangées pour voir les nouveautés ou les vieilleries que les bibliothécaires s’amusent parfois à remettre en tête de gondole, histoire de susciter la curiosité.
Ce fameux vendredi, c’est une nouveauté qui a attiré mon oeil : Les Jours mauves, le premier roman de Kalindi Ramphul. Je n’avais pas entendu parler de ce livre, mais le titre m’a interpellé. Et après la lecture du résumé sur la quatrième de couverture, je me suis laissée convaincre de l’emprunter pour découvrir cette histoire pas banale de road-trip mortuaire sur les routes de France.
Comment c’était ? Complètement inattendu !
Je vous parle de ma lecture surprise dans la chronique du jour.
Mon résumé du livre
Indira n’a jamais été particulièrement proche de son père. Il faut dire que le divorce de ses parents a bouleversé l’équilibre de la famille. Et aussi que son père avait un caractère bien particulier. Entre le père et la fille, ça faisait des étincelles.
Pourtant, la flamme s’est éteinte. Et maintenant que Suraj est mort, Indira doit se résoudre à honorer la mémoire de son père. Comment ? Elle accepte de prendre part à la dernière volonté de son père : aller disperser ses cendres au sommet des Pyrénées, là où il avait de bons souvenirs avec ses amis cyclistes.
Mais au lieu d’une pérégrination solitaire, c’est une véritable procession qui se met en marche. Façon de parler : les amis de Suraj, sa fille Indira, son ex-femme, son ancienne amante et quelques amis d’Indira s’entassent dans un car. Direction : la montagne !
Mais sur la route, rien ne va se passer comme prévu. Entre déconvenues en tous genres, cours de yoga improvisé au grand air et révélations en cascades, Indira commence à découvrir qu’elle ne connaissait pas véritablement son père.
Et le moment de lui dire au-revoir se transforme peu à peu en rencontre par-delà la mort.
Mon avis sur Les Jours mauves
Comme je l’ai dit au tout début de ma chronique, Les Jours mauves est le premier roman de Kalindi Ramphul. Alors je ne vais pas m’attarder sur les quelques détails qui m’ont fait tiquer sur l’écriture car je pense que c’est tout simplement normal.
A la place, je vais plutôt me concentrer sur l’histoire. Sur cette idée gentiment loufoque d’un enterrement qui sert de point de départ à un road-trip avec des gens qui ne se connaissent pas forcément très bien (ou qui ne s’apprécient pas forcément non plus).
L’idée improbable du début du livre nous embarque sur les routes de France, un peu comme si nous aussi, les lectrices et lecteurs, on faisait partie de ce cortège étrange.
Au fil des pages, Indira fait la connaissances des uns et des autres. Et tous, ils ont quelque chose à raconter sur son père. Des anecdotes qui vont à contre-courant de ce qu’elle croyait connaître sur cet homme qui était son père, mais qui avait aussi un existence à lui dans laquelle sa fille n’avait pas de place.
La raison pour laquelle j’ai trouvé que ce livre était très émouvant, c’est que ce n’est pas un énième roman sur les secrets de famille. Il ne s’agit pas tant de ce que Suraj cachait à sa fille. Non : le sujet du livre, c’est plutôt les certitudes que les enfants ont sur leurs parents. Et à quel point on peut être loin du compte.
Nous enfermons nos parents dans des rôles pré-établis. Ils sont nos parents. Pourtant, ils ont aussi leur identité propre. Leur vie propre. Et nous ne le voyons pas toujours, car nous avons toujours cette tentation de les réduire à l’image du cliché réconfortant : « maman » ou « papa ».
Mais que savons-nous vraiment d’eux ?
C’est précisément le beau sujet du roman de Kalindi Ramphul.
Les Jours mauves : une idée lecture pour qui ?
Si vous aimez les livres sur la famille qui sortent un peu des sentiers battus, alors je pense que vous allez beaucoup apprécier cette histoire.
Les amatrices et amateurs de romans feel-good risquent aussi de craquer sur cette histoire décalée avec un humour acide qui confère au roman une énergie particulière.
En ce qui me concerne, j’ai juste eu un problème avec certaines longueurs dans le livre que je ne trouvais pas utiles. Mais comme je le précisais au début, c’est difficile de savoir s’il s’agit du parti pris de la romancière, ou bien si ce sont des maladresse dues à un premier roman.
En tout cas, l’essentiel c’est l’histoire. Et elle vaut le détour.
Alors bonne lecture !