Orgueil et Préjugés aux Caraïbes – Chapitre 2 : Premières perturbations

Le soleil caraïbéen se levait à peine lorsqu’Elizabeth ouvrit les yeux, encore engourdie par le sommeil. Elle sourit en sentant le bras de Darcy autour de sa taille, son souffle chaud dans son cou. Doucement, elle se retourna pour lui faire face, admirant ses traits détendus.

  • Bonjour, belle endormie, murmura Darcy, ouvrant paresseusement les yeux.
  • Bonjour toi, répondit Elizabeth, déposant un baiser léger sur ses lèvres. Prêt pour notre première journée complète au paradis ?

Darcy sourit, resserrant son étreinte.

  • Oh que oui. Pour une fois que je ne dois m’occuper de rien : aucun dossier, pas de crise au bureau, pas de crise de famille. Le rêve !

Ils commencèrent leur journée par un petit-déjeuner copieux sur leur terrasse privée, savourant des fruits exotiques et du café fraîchement préparé tout en admirant la vue imprenable sur l’océan.

  • Que dirais-tu d’une petite exploration de l’île ce matin ? proposa Darcy entre deux bouchées de mangue juteuse.

Elizabeth acquiesça avec enthousiasme.

  • Oh oui ! J’ai vu qu’il y avait une cascade pas très loin. On pourrait y faire une randonnée ?

Leur plan établi, ils se préparèrent pour leur excursion, inconscients des machinations qui se tramaient dans l’ombre.

Car pendant ce temps, dans son bungalow à l’autre bout du domaine, Lady Catherine de Bourgh était déjà debout, scrutant les allées du domaine à travers ses jumelles. Elle avait passé une partie de la nuit à élaborer des stratégies pour séparer son neveu de cette Elizabeth Bennet indigne de lui.

  • Collins ! appela-t-elle sèchement.

William Collins n’était pas seulement l’assistant personnel de lady Catherine. Par un curieux concours de circonstance, il était aussi le cousin d’Elizabeth. Avant de partir de Londres, lady De Bourgh avait pris soin de laisser des instructions pour que Collins la rejoigne au plus vite. Son aide serait précieuse pour mettre son terrible plan sur pied. Et de toute façon, elle aurait bien besoin de quelqu’un pour répondre à toutes ses demandes vu que le personnel de l’hôtel n’avait pas l’air très professionnel !

  • Oui, Lady Catherine ?
  • Avez-vous réussi à localiser la suite de Darcy ?

Collins s’éclaircit la gorge nerveusement.

  • Pas encore, madame. Le personnel est très… discret concernant les informations sur les clients.

Et pourtant le pauvre Collins avait usé de tous les moyens. Il avait essayé de faire ami-ami avec le portier. Avait tenté de soudoyer une femme de chambre. Et il avait même essayé de se glisser discrètement derrière le comptoir pour atteindre l’ordinateur et consulter le fichier des réservations. Sans succès, hélas.

Lady Catherine renifla avec dédain.

  • Incompétents, tous autant qu’ils sont. Très bien, nous allons devoir être plus… créatifs.

Elle se tourna vers Collins, un sourire machiavélique aux lèvres.

  • Voici ce que nous allons faire…

Pendant que Lady Catherine complotait, Darcy et Elizabeth entamaient leur randonnée vers la cascade. Le sentier serpentait à travers une végétation luxuriante, offrant des vues spectaculaires sur l’océan en contrebas.

  • C’est magnifique, s’extasiait Elizabeth, s’arrêtant régulièrement pour prendre des photos.

Darcy souriait, tout aussi émerveillé par la beauté du paysage que par celle de sa compagne. Dire qu’il y a quelques mois encore son quotidien se limitait à son travail et à quelques soirées au cinéma avec sa sœur. Comme la vie avait changé depuis qu’Elizabeth en faisait partie.

Ils atteignirent finalement la cascade. Une chute d’eau cristalline se déversait dans un bassin naturel d’un bleu turquoise, bordé par des rangées de fleurs aux couleurs vibrantes. Sans hésiter, Elizabeth retira ses vêtements, ne gardant que ses sous-vêtements, et plongea dans l’eau fraîche.

  • Allez, Darcy ! l’appela-t-elle en riant. L’eau est bonne et il n’y a personne d’autre que nous. Viens !

Darcy la rejoignit rapidement, et ils passèrent un moment idyllique à nager dans ce cadre romantique parfait.

En fin de matinée, ils prirent le chemin du retour pour rentrer à l’hôtel. Et ils décidèrent de déjeuner au restaurant de la plage.

Alors qu’ils consultaient le menu, un serveur s’approcha avec une bouteille de champagne.

  • Avec les compliments de la maison, leur annonça-t-il.

Surpris mais ravis, Darcy et Elizabeth acceptèrent l’attention. Cependant, dès que le serveur eut le dos tourné, la bouteille glissa mystérieusement de la table, se brisant sur le sol dans un fracas de verre et de bulles.

  • Oh non ! s’exclama Darcis, confus. Comment est-ce arrivé ?

Elizabeth fronça les sourcils, perplexe.

  • Je ne sais pas. C’est bizarre.

Le déjeuner dans un cadre de rêve prit une tournure inattendue. Car ce n’était que le début d’une série d’incidents étranges.

Leurs commandes furent systématiquement mélangées. Elizabeth se retrouva avec un plat épicé qu’elle n’avait pas demandé. Et Darcy vit arriver à table une salade composée… certainement pas ce qu’il avait demandé !

  • Je suis vraiment désolé, s’excusait le serveur, visiblement mal à l’aise. Je ne comprends pas ce qui se passe aujourd’hui

Elizabeth et Darcy échangèrent un regard intrigué, mais décidèrent de prendre les choses avec humour. Ils n’allaient pas faire une scène pour si peu.

  • Eh bien, commenta Elizabethavec philosophie, au moins, ça nous fera une histoire à raconter !

L’après-midi, ils décidèrent de se détendre sur la plage de l’hôtel. À peine furent-ils installés sur leurs transats, un groupe bruyant de vacanciers du troisième âge s’installa juste à côté d’eux, perturbant leur tranquillité.

  • C’est étrange, murmura Darcy. Cette partie de la plage est censée être réservée aux clients des bungalows privés.

Elizabeth haussa les épaules.

  • C’est peut-être encore une erreur de l’hôtel ?

Tandis que Darcy commençait à passer langoureusement de la crème solaire sur le dos d’Elizabeth, les tourtereaux furent interrompus par un vendeur ambulant particulièrement insistant.

  • Colliers ! Bracelets ! Je vous fais un très bon prix ! criait-il, agitant sa marchandise sous leur nez.

Darcy, irrité, tenta de le congédier poliment, mais le vendeur semblait ne pas vouloir partir.

  • Allez, monsieur ! Un beau collier pour la jolie dame !

Elizabeth décida qu’il était temps d’intervenir. Elle acheta finalement un bracelet pour avoir la paix. Ça ferait un petit cadeau à rapporter en souvenir à l’une de ses jeunes sœurs. Kitty adorait les babioles.

Le vendeur partit enfin, tout en se cognant contre une chaise longue qu’il renversa dans son sillage.

  • Tu as remarqué ? dit Elizabeth une fois le vendeur parti. On aurait dit qu’il avait un accent britannique, non ?

Darcy hocha la tête, pensif.

  • Oui, c’est vrai. Bizarre pour un vendeur local.

Le soir venu, ils décidèrent de dîner dans le restaurant gastronomique de l’hôtel. Pour l’occasion, Elizabeth avait revêtu une élégante robe de soirée qu’elle avait apportée dans sa valise tout spécialement pour un tête à tête amoureux. La robe, qui s’arrêtait à mi-cuisse, mettait particulièrement en valeur sa nouvelle paire d’escarpins (un cadeau de Jane en prévision des vacances).

Tandis qu’ils se dirigeaient vers le restaurant quand Elizabeth trébucha soudain, au beau milieu du chemin de bord de plage.

  • Aïe ! s’exclama-t-elle en se rattrapant à Darcy.
  • Ça va ? s’inquiéta-t-il.

Elizabeth examina sa cheville.

  • Oui, je crois. Mais c’est étrange. J’ai l’impression que quelque chose a attrapé ma cheville.

Ils regardèrent autour d’eux, mais ne virent rien de suspect. Haussant les épaules, ils continuèrent leur chemin.

Le dîner semblait se dérouler normalement, jusqu’à ce que le dessert arrive. Au moment où Elizabeth allait goûter son gâteau au chocolat, une nuée de guêpes surgit et sema la pagaille sur la terrasse du restaurant. Il fallu plusieurs minutes aux serveurs pour réussir à les chasser. Et pendant ce temps, les invités durent se réfugier sous les tables pour éviter tout risque de piqûre.

  • Oh non, soupira Elizabeth, déçue en constatant les ravages des bestioles sur sa belle part de fondant au chocolat.

Darcy appela le serveur pour demander un remplacement, mais à peine le nouveau dessert arrivé, l’alarme incendie se mit à retentir !

  • C’est une blague ? s’exclama Darcy, incrédule.

Les serveurs, mortifiés, s’excusèrent auprès de tous les clients. En quelques minutes seulement, l’alarme fut coupée. Il n’y avait visiblement aucun départ d’incendie. Mais le mal était fait. L’ambiance romantique était quelque peu gâchée.

De retour dans leur bungalow sur la plage, Elizabeth et Darcy durent se rendre à l’évidence. Tous ces événements étaient vraiment étranges.

  • Tu ne trouves pas que c’est un peu trop pour de simples coïncidences ? demanda Elizabeth, pensive.

Darcy acquiesça.

  • Je commence à me poser des questions. Mais qui pourrait vouloir saboter nos vacances ?

Elizabeth eut soudain une pensée.

  • Tu crois que ta tante aurait pu…
  • Non, l’interrompit Darcy en secouant la tête. Elle ne sait même pas que nous sommes ici. Et puis, ce n’est pas son style. Elle est peut-être pénible, mais même elle ne peut pas forcer un essaim de guêpes à venir gâcher notre dîner à l’autre bout du monde.

Elizabeth n’était pas entièrement convaincue, mais décida de ne pas insister.

  • D’accord, tu as sûrement raison. C’est juste une série de malchances. Et demain ça ira mieux.

Ils décidèrent de terminer la soirée sur une note positive en prenant un bain moussant dans leur jacuzzi privé, savourant la vue sur l’océan éclairé par la lune.

  • Malgré tout, c’était une belle journée, dit Elizabeth, blottie contre Darcy.

Il déposa un baiser sur ses lèvres.

  • Et la soirée n’est pas encore terminée, dit-il en défaisant le nœud du haut de bikini de sa partenaire.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, dans le petit appartement londonien de Lydia et Kitty Bennet, l’heure était aux lamentations devant la grisaille londonienne.

  • J’en peux plus de la pluie, se plaignit Kitty.
  • Alors regarde ce que j’ai trouvé chez Lizzie l’autre jour ! s’exclama Lydia, agitant un prospectus coloré. Ça va te faire penser au soleil.

Kitty s’en saisit, les yeux écarquillés.

  • Le Paradise Palm Resort ? C’est là que Lizzie et Darcy sont partis en vacances ?

Lydia hocha la tête avec enthousiasme.

  • Exactement ! Et regarde, ils ont une offre spéciale pour les réservations de dernière minute !

Les deux sœurs échangèrent un regard complice.

  • Tu penses à ce que je pense ? demanda Kitty, un sourire malicieux aux lèvres.
  • Vacances surprise aux Caraïbes ! s’écrièrent-elles en chœur.

Sans plus attendre, elles se précipitèrent sur leurs ordinateurs pour réserver des billets d’avion et une chambre d’hôtel.

  • Lizzie va être tellement surprise de nous voir ! gloussa Lydia.
  • J’ai hâte de voir la tête de Darcy, ajouta Kitty en riant.

Ce qu’elles ignoraient, c’est que leur arrivée allait ajouter une nouvelle couche de chaos aux vacances déjà mouvementées de leur sœur et de son petit ami.

Avant de se coucher, Elizabeth décida d’envoyer un message à Jane pour lui raconter sa journée :

« Chère Jane,

Quelle journée ! Darcy et moi avons vécu quelques péripéties étranges aujourd’hui. Une bouteille de champagne qui tombe toute seule, des commandes mélangées au restaurant, un vendeur ambulant avec un accent britannique… C’était comme si quelqu’un essayait de saboter notre journée ! A moins que je ne lise trop de thrillers !

Mais ne t’inquiète pas, nous prenons ça avec humour. Après tout, ce sont les petits imprévus qui font les meilleurs souvenirs, non ? J’espère que tout va bien pour toi à Londres. Je t’embrasse fort !

Lizzie »

Elizabeth posa son téléphone et se blottit contre Darcy, s’endormant rapidement au son des vagues. Elle était loin de se douter que les « péripéties étranges » n’étaient que le début d’une série d’aventures rocambolesques qui allaient bouleverser leurs vacances aux Caraïbes.

Vous en pensez quoi ?