đŸŽ„â€ïžOrgueil et prĂ©jugĂ©s : romance magique Ă  NoĂ«l – Dernier Chapitre

Le jour du rĂ©veillon de NoĂ«l arriva enfin. Encore une fois, les soeurs quittĂšrent leurs appartements du centre de Londres pour retrouver leurs parents dans la vieille maison familiale de Hampstead. Comme chaque annĂ©e, elles se prĂ©paraient Ă  passer deux jours au milieu de la cohue, des rires et de l’excitation propres Ă  l’esprit de NoĂ«l chez les Bennet.

La famille Ă©tait rĂ©unie au grand complet autour de la cheminĂ©e. MĂȘme le lointain cousin Collins Ă©tait lĂ  avec sa mine austĂšre et ses maniĂšres d’un autre temps. Le feu crĂ©pitait dans la cheminĂ©e et l’air embaumait encore des gingerbread men que madame Bennet avait fait cuir dans l’aprĂšs-midi.

On Ă©changea les cadeaux (Kitty, Lydia et leur mĂšre dĂ©testaient devoir patienter jusqu’au matin de NoĂ«l). On fit des plaisanteries sur le pull moche de NoĂ«l qu’Elizabeth avait choisi spĂ©cialement pour son pĂšre (un bouton permettait d’allumer le nez de tous les rennes). Un cadeau qu’il avait tellement aimĂ© qu’il l’avait enfilĂ© sur le champ, sous le regard dĂ©semparĂ© de madame Bennet. Et on commença Ă  servir le champagne.

DĂ©cidant de jeter l’Ă©ponge face aux goĂ»ts douteux de son Ă©poux, madame Bennet se leva du fauteuil :

  • Il est temps de prendre notre photo de famille traditionnelle !

Alors qu’elle brandissait son smartphone et encourageait tout le monde Ă  se rassembler autour d’elle pour le selfie festif, monsieur Collins se prit les pieds dans le fil Ă©lectrique de la guirlande du sapin. Dans un cri aigu terrifiĂ©, il commença Ă  basculer dangereusement en direction de l’élĂ©gant conifĂšre et ne dut son salut qu’au sang froid d’Elizabeth qui eut le rĂ©flexe de tendre le bras pour le retenir par la manche de son pull.

  • Merci chĂšre cousine, je ne sais comment vous exprimer ma gratitude pour votre aide si opportune…

Mais sa phrase fut stoppĂ©e net par la sonnerie de la porte d’entrĂ©e. Qui donc pouvait bien venir leur rendre visite le soir du rĂ©veillon de NoĂ«l ? Mary se dirigea vers la fenĂȘtre du salon pour jeter un coup d’oeil dehors.

  • Vous ne devinerez jamais qui est sur perron ! s’exclama-t-elle en se tournant vers tout le monde.

AprĂšs presque un mois sans nouvelles de lui, Elizabeth ne s’Ă©tait vraiment pas attendu Ă  voir dĂ©barquer Darcy sur le pas de sa maison de famille, le soir du 24 dĂ©cembre. Et pourtant il Ă©tait lĂ  !

Madame Bennet, surprise par cette visite inopinée, alla ouvrir la porte et se retrouva devant une vision inédite.

La neige tombait Ă  gros flocons, et les Ă©paules du manteau de laine noire de Darcy Ă©taient dĂ©jĂ  presque blanches. Etait-il venu jusqu’ici Ă  pied ? Il gelait Ă  pierre fendre au dehors !

Devant la mine abasourdie de madame Bennet (étonnamment muette pour une fois), monsieur Darcy prit la parole :

  • Pardon de vous dĂ©ranger le soir du rĂ©veillon madame Bennet. Est-ce qu’Elizabeth est lĂ  ?

Entendant son prĂ©nom, Elizabeth se mit en mouvement presque malgrĂ© elle. Elle quitta la chaleur du salon et se dirigea vers la porte d’entrĂ©e, ouverte sur l’obscuritĂ© de la nuit mais pourtant illuminĂ©e par la prĂ©sence de Darcy, qui souriait timidement.

  • Bonsoir, dit Elizabeth d’une petite voix.
  • Bonsoir, rĂ©pondit-il chaleureusement. Pardon de passer Ă  l’improviste. Depuis la soirĂ©e de Bingley j’avais trĂšs envie de te revoir. Mais je n’avais pas ton numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone. Et c’Ă©tait un peu Ă©trange de venir le demander Ă  tes parents. Alors je me suis dit que tu serais sĂ»rement lĂ  pour le rĂ©veillon. C’Ă©tait ma chance de te voir pour t’inviter Ă  sortir avec moi.

Elizabeth Ă©tait tellement surprise que pour une fois, elle aussi resta muette de stupĂ©faction. Sa mĂšre eut plus de prĂ©sence d’esprit en lui donnant un coup de coude :

  • Eh bien Elizabeth. Donne-lui ta rĂ©ponse. Le pauvre Darcy ne va pas rester dans le froid et se transformer en glaçon le temps que tu prennes une dĂ©cision !
  • Oui bien sĂ»r, dĂ©solĂ©e ! Merci maman, mais je pense qu’on peut continuer cette conversation sans toi. Pourquoi tu ne retourne pas au salon pour vĂ©rifier que cousin Collins n’a pas accidentellement mis le feu au canapĂ© ?

En levant les yeux au ciel, madame Bennet laissa donc les jeunes gens.

  • C’est une blague entre vous ? demande Darcy avec curiositĂ©.
  • Pas vraiment non, rĂ©pondit Elizabeth en riant. Notre cousin est d’une maladresse pathologique. Il a failli s’effondrer sur le sapin il n’y a pas deux minutes.

Ils échangÚrent un sourire complice, puis Darcy reprit la parole.

  • Si tu es libre demain aprĂšs-midi, j’ai pensĂ© qu’on pourrait aller faire un tour ensemble. Une balade de NoĂ«l en quelque sorte.
  • Une balade de NoĂ«l ? rĂ©pĂ©ta Elizabeth. J’aime bien l’idĂ©e. Oui, avec plaisir.
  • Parfait. Alors on se retrouve demain Ă  16 heures devant le musĂ©um d’histoire naturelle ?

L’idĂ©e d’un rendez-vous le jour de NoĂ«l Ă©tait trĂšs romantique, mais le choix du lieu l’Ă©tait nettement moins. Toutefois Elizabeth cacha sa dĂ©ception et offrit un grand sourire Ă  Darcy. Peut-ĂȘtre qu’il n’Ă©tait pas trĂšs romantique ? Tant pis. Rien que le fait de passer un moment avec lui serait dĂ©jĂ  un cadeau.

Ils se quittĂšrent, non sans avoir pris le temps d’échanger leurs numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone cette fois !

De retour au salon, Elizabeth fut assaillie de questions de la part de sa mùre et de ses sƓurs. Collins faisait grise mine dans un coin, sans que personne n’y fasse vraiment attention.

  • Darcy est passĂ© te voir ? demanda Kitty surexcitĂ©e. Qu’est-ce qu’il voulait ?
  • Ça ne vous regarde pas ! essaya de se dĂ©fendre Elizabeth.

Mais ce fut peine perdue. Les questions fusaient dans la piĂšce, et toutes ces dames Ă©taient en Ă©bullition. Madame Bennet parlait de la magie de NoĂ«l, la pĂ©riode la plus romantique de l’annĂ©e. Jane disait Ă  quel point elle trouvait Darcy plus avenant maintenant que quand ils Ă©taient jeunes. Mary jouait Ă  Angry Birds sur son tĂ©lĂ©phone portable. Et finalement Elizabeth dĂ» admettre qu’ils avaient prĂ©vu de se voir bientĂŽt.

Elle ne voulait pas partager les dĂ©tails de ce premier rendez-vous avec ses sƓurs. C’était un secret qui n’appartenait qu’à elle et Ă  Darcy.

Ce jour de NoĂ«l promettait un beau moment Ă  deux. En tout cas, elle l’espĂ©rait de tout son cƓur.

*********

En se rĂ©veillant le 25 dĂ©cembre, Elizabeth eut le plaisir d’ouvrir les volets sur une ambiance fĂ©erique. Une fine couche de neige Ă©tincelante avait recouvert les rues du quartier d’Hampstead. On avait plus que jamais l’impression d’ĂȘtre hors du temps, dans un petit village tout droit sorti d’un roman d’Elizabeth Gaskell.

Elizabeth se leva avec une lĂ©gĂšre impatience, se demandant Ă  quoi elle devrait s’attendre pour son rendez-vous de l’aprĂšs-midi. Heureusement, la matinĂ©e et le dĂ©jeuner familial la dĂ©tournĂšrent de son interrogation. Et alors que Mary Ă©tait au piano et que toutes les soeurs se lançaient dans des chants de NoĂ«l, Elizabeth pu oublier Darcy pendant un moment.

AprĂšs le dĂ©jeuner, elle remonta dans sa chambre pour changer de tenue. Que devait-elle porter pour un rendez-vous avec Darcy un 25 dĂ©cembre, au musĂ©um d’histoire naturelle qui plus est ?

Evitons les jeans troués et les t-shirts de Nirvana, songea-t-elle en souriant intérieurement.

A la place, elle enfila une longue jupe plissée noire avec le pull à col roulé en cachemire que Jane venait de lui offrir. Elle enfila ses bottines à talon, son manteau et ajouta un peu de rouge à lÚvres avant de se regarder dans la glace. Oui, ça serait parfait.

A l’heure convenue, elle Ă©tait devant l’entrĂ©e du musĂ©um d’histoire naturelle. L’un des musĂ©es les plus cools de tout Londres, mais certainement pas le plus romantique. Pourquoi Darcy avait-il choisi ce lieu ? Est-ce que quelqu’un avait installĂ© une branche de gui au-dessus du redoutable T-Rex animĂ© qui faisait peur aux enfants ? S’il comptait l’embrasser dans ces conditions, il se fourrait le doigt dans l’oeil !

Fendant la foule, Darcy vint Ă  la rencontre d’Elizabeth. Comme la veille, il avait revĂȘtu un chaud manteau de laine noire, et une Ă©charpe Ă  la couleur rouge criarde venait trancher avec ce style un peu guindĂ©.

Elizabeth avait visiblement dĂ» regarder trop longtemps l’Ă©charpe style pompier car Darcy lui lança un regard amusĂ©.

  • C’est Georgiana qui me l’a offerte. Elle trouve que je ne porte pas assez de couleurs.
  • Eh bien, c’est une bonne idĂ©e, mais je ne suis pas sĂ»re que la teinte soit trĂšs flatteuse sur toi !

Ils Ă©clatĂšrent de rire ensemble, puis Darcy saisit la main d’Elizabeth. Il l’attirait sur le cĂŽtĂ© du musĂ©um.

  • Mais l’entrĂ©e n’est pas par lĂ , observa Elizabeth.
  • On ne va pas au musĂ©e, rĂ©pondit simplement Darcy en lui lançant un regard mystĂ©rieux.

Ensemble ils firent quelque pas, et en contournant un bosquet d’arbustes, Elizabeth comprit soudain oĂč il l’emmenait : Ă  la patinoire ! Chaque annĂ©e, une patinoire Ă©phĂ©mĂšre Ă©tait installĂ©e Ă  cĂŽtĂ© du musĂ©e. Ce n’Ă©tait pas la plus connue, il y avait rarement foule. Et c’Ă©tait donc l’endroit parfait pour faire du patin Ă  glace sans ĂȘtre bousculĂ© par des bandes d’adolescents remuants.

MĂȘme en plein jour, l’endroit Ă©tait illuminĂ© d’une multitude de guirlandes multicolores. Des chalets permettaient de louer des patins et de prendre un chocolat chaud aprĂšs avoir fait des tours de glace.

  • Est-ce que tu es prĂȘte pour notre balade de NoĂ«l ? demanda Darcy.

Elizabeth lui sourit, tout en songeant que c’Ă©tait vraiment le rendez-vous parfait. Ils patinĂšrent main dans la main, glissant gracieusement sur la glace, riant de leurs tentatives maladroites de pirouettes et partageant encore une fois un beau moment de complicitĂ©. Les flocons de neige se remirent doucement Ă  tomber, pour ajouter un peu de magie de NoĂ«l Ă  ce doux moment.

AprĂšs avoir savourĂ© cette balade glacĂ©e, ils quittĂšrent la patinoire pour aller se rĂ©chauffer avec un chocolat parfumĂ© Ă  la cannelle. Ensemble, ils se blottirent sur un des bancs en bois, apprĂ©ciant dans un silence confortable le spectacle des autres patineurs en train d’Ă©voluer sur la glace.

Darcy avait prĂ©vu une autre destination pour leur balade de NoĂ«l : Winter Wonderland, le festival de NoĂ«l organisĂ© chaque annĂ©e Ă  Hyde Park. Cela faisait des annĂ©es qu’Elizabeth n’y Ă©tait pas allĂ©e. Quand elles Ă©taient petites, les filles attendaient avec impatience le festival de NoĂ«l, qui Ă©tait leur animation prĂ©fĂ©rĂ©e de l’annĂ©e. Mais Ă  l’Ăąge adulte, il y avait eu moins de place pour la magie.

Cette annĂ©e semble-t-il, c’Ă©tait le moment de renouer avec les Ă©motions d’autrefois.

Les manĂšges Ă©clairĂ©s, les stands de nourriture festive, les chalets des artisans, le village suisse avec son orchestre traditionnel, l’odeur allĂ©chante du vin chaud… tout Ă©tait parfait.

La nuit avait commencĂ© Ă  tomber sur Londres, et Darcy proposa Ă  Elizabeth de faire un tour sur la grande roue. A mesure qu’ils montaient plus haut dans le ciel nocturne, les lumiĂšres de Londres s’Ă©talaient devant eux comme un tableau enchanteur. Darcy partageait des anecdotes sur les NoĂ«l passĂ©s dans des pays Ă©trangers, avec des coutumes diffĂ©rentes, des lieux magiques Ă  dĂ©couvrir. Elizabeth racontait les bĂȘtises de ses soeurs, les chants de NoĂ«l dont elles dĂ©formaient les paroles pour faire enrager Mary, qui aimait tant rĂ©unir tout le monde dans une chorale familiale qu’elle dirigeait tant bien que mal.

La nacelle atteignit le point culminant de la grande roue. Captivée par la beauté du parc enneigé, Elizabeth se tourna avec gratitude vers Darcy.

  • C’est incroyable, murmura-t-elle. Merci de m’avoir emmenĂ©e ici.

Il lui sourit tendrement.

Londres a une maniĂšre bien Ă  elle de devenir magique pendant les fĂȘtes. J’ai toujours aimĂ© NoĂ«l Ă  Londres, mais je n’avais jamais personne avec qui partager ça. Merci d’avoir accepter de venir aujourd’hui.

Il se pencha alors vers elle pour déposer un baiser sur ses lÚvres.

Ils restĂšrent lĂ , Ă  contempler la ville sous la neige, blottis l’un contre l’autre, dans un silence rĂ©confortant.

La grande roue redescendit doucement, ramenant le couple sur terre. Ils quittÚrent Winter Wonderland main dans la main, leurs coeurs chauds malgré le froid de la nuit.

Alors qu’ils marchaient dans les rues enneigĂ©es de Londres, ils rĂ©alisĂšrent tous deux qu’une nouvelle page de leur histoire commençait. Les lumiĂšres de NoĂ«l Ă©clairaient leur chemin, et l’avenir s’annonçait plein de promesses.

FIN.

Si vous avez envie de me laisser un commentaires, n’hĂ©sitez pas Ă  me donner vos impressions. Merci d’avance !

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