Focus sur le concept de Book Buying Ban

Vous le savez : j’adore collecter des notions littéraires anglo-saxonnes et voir comment on les traduit en France. La plupart du temps, il n’y a pas de traduction. Les lecteurs français sont-ils trop paresseux ? Ou le monde des livres tricolores est-il en retard de quelques concepts ? Peut-être un peu des deux je crois. Du coup, j’en profite pour vous parler aujourd’hui d’un concept né aux Etats-Unis : le Book Buying Ban.

Le Book Buying Ban : c’est quoi ?

Littéralement, le Book Buying Ban signifie « une interdiction d’acheter des livres ». Rassurez-vous : il ne s’agit pas d’une loi passée par les autorités pour interdire aux gens d’acheter des livres ! Au contraire, il s’agit d’un concept inventé par les lecteurs eux-mêmes.

D’après ce que j’ai pu trouver comme informations en ligne, le concept est né aux Etats-Unis. Comme à peu près tous les concepts cools en lien avec la lecture. Il s’agit tout simplement d’une règle d’auto-discipline : un lecteur décide de s’imposer une période pendant laquelle il n’achètera AUCUN livre.

Quel est l’intérêt d’un Book Buying Ban ?

En fait, les lecteurs américains ont inventé ce concept pour tenter de remédier au problème de la PAL qui n’en finit pas. Nous sommes de nombreux lecteurs dans ce cas. Nous entassons une Pile à Lire, avec beaucoup trop de livres d’avance. Et finalement, on continue d’acheter des livres… et on ne voit jamais la fin de la PAL !

Le Book Buying Ban vise à se recentrer pendant quelques temps sur les livres qu’on possède déjà. Le but est en premier lieu d’écluser un peu le stock de livres à lire qu’on possède. Mais le Book Buying Ban a aussi un but économique. Plutôt que de dépenser de l’argent en continuant d’acheter toujours plus de livres dans une frénésie obsessionnelle, il s’agit de revenir à une consommation plus raisonnable des livres.

Comment on le met en place ?

Comme tout bon défi, il est bon de ne pas se lancer au petit bonheur la chance. Mieux vaut être préparé avant d’inaugurer une période sans achats de livres. Déjà, je pense qu’il faut bien choisir votre moment. Par exemple, si vous appréciez la rentrée littéraire, ne commencez pas à réduire vos achats en août et septembre car ce sera trop frustrant ! Idem pour les amateurs de comédies romantiques : en règle générale, les maisons d’éditions françaises commencent à les sortir fin mai, début juin, en préparation des vacances d’été. Donc si ces livres vous intéressent, vous risquez de finir par saliver devant la vitrine des librairies comme une personne au régime devant une boulangerie !

Dans l’idéal, il faut choisir une période assez longue pour avoir vraiment le temps d’écluser votre reliquat de livres en avance. Mais si la période choisie est trop longue, vous risquez de connaître une grande frustration, de mal le vivre et de ne pas apprécier ce petit défi. En ce qui me concerne, je pense qu’un mois c’est raisonnable pour une première. Je sais que je lis entre 8 à 10 livres en un mois, donc ça m’offre une fenêtre assez importante pour vider une partie de ma PAL. J’ai peur que si je choisis une période plus longue, je finisse par abandonner avant la fin tant j’aurai envie d’acheter des nouveaux livres !

A mon avis, l’astuce consiste à trouver un moyen de cultiver l’envie de nouveauté sans pour autant aller jusqu’à l’achat. Pour ma part, je ne vais pas arrêter d’aller dans les librairies ou de regarder les nouveautés sur les sites des maisons d’édition. Par contre, je n’achèterai rien. Promis ! A la place, je vais faire une liste avec tous les livres qui me font envie. Et dans un mois, je pourrai faire un bilan. Quels sont les livres qui me font vraiment envie ? Quels sont ceux pour lesquels l’enthousiasme est déjà retombé ? Je remarque que la raison principale pour laquelle ma MAL est si grande, c’est que j’achète pas mal de livres sur l’enthousiasme du moment, mais cet élan retombe parfois très vite. Le livre végète sur une étagère, et je n’arrive pas à retrouver mon envie première de le lire. Un peu comme ces femmes qui achètent tout un tas de fringues qu’elles ne portent finalement jamais. J’envisage donc le Book Buying Ban comme un moyen de corriger mon rapport à l’achat de livres afin de revenir à l’essentiel.

Et donc, est-ce que c’est un concept qui peut intéresser le lectorat français ?

Oui, absolument ! Même si je n’ai trouvé aucune traduction en français du concept de Book Buying Ban, c’est quelque chose qui peut intéresser de nombreux lecteurs. Moi la première ! J’ai envie de me lancer dans une période d’un mois entier sans acheter de nouveaux livres. L’idée, c’est de me donner enfin un bon coup de pied dans le derrière pour me motiver à faire baisser ma PAL. Je me connais : j’ai tendance à me laisser séduire par les sirènes des nouvelles parutions. Alors qu’il me reste plein de livres intéressants à lire dans ma PAL.

D’autres lecteurs peuvent être intéressés par cette idée. Se limiter à lire les livres qu’on a déjà. Bien sûr, tout l’intérêt, c’est d’aborder le concept de manière ludique, et pas de le vivre comme une contrainte. Je pense que tous les lecteurs n’ont pas forcément envie de se freiner. Et d’ailleurs, tous les lecteurs ne sont pas forcément dans cette dynamique d’achats effrénés.

Alors, qu’en pensez-vous ? Est-ce que le concept vous tente ? Qui a envie de se lancer à son tour ?

11 réflexions sur “Focus sur le concept de Book Buying Ban

  1. Cecile dit :

    Merci pour ce partage.
    Un peu dans cet esprit de me recentrer sur ceux que j’ai, je me suis fixer de ne racheter un livre ou en sortir que lorsque j’ai bien lai un ou deux que j’ai deja. Et aussi prendre le temps de savourer mon livre, plutot que de vouloir tout savoir vite. Dès que je sens qu’un nouvel èlèment arrive, je referme pour garder le suspens pour plus tard.

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    • Alivreouvert dit :

      C’est aussi une excellente règle de n’acheter des livres qu’à condition d’en lire d’abord ! Et j’aime beaucoup ta réflexion sur le rythme de lecture. Je n’y avais pas pensé, mais c’est vrai que « savourer », ça participe aussi d’un autre rapport au livre et ça doit aider à se recentrer sur le moment présent, plutôt que d’être toujours dans l’anticipation de la prochaine lecture, une fois le livre refermé. Merci beaucoup pour ton commentaire !

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  2. lestribulationsdemisschatterton dit :

    En fait, si j’ai bien suivi le book buying ban c’est pareil que le no buy challenge. Sauf que le no buy doit venir d’un courant décroissant qui dépasse largement les livres. On peut faire un no buy de vêtements.
    Ton article est comme d’habitude très intéressant. Perso, je suis incapable de no buy niveau livres. Je préfère me fixer un budget mensuel à ne pas dépasser 😉

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  3. topobiblioteca dit :

    Ah j’aime beaucoup le concept ! Bon courage pour ce challenge !
    Pour ma part, je sais pertinemment que j’achète trop de livres, étant libraire c’est plutôt logique. Mais il faudrait vraiment que je restreigne un peu mes achats, tout est une question de volonté on devraient donc y arriver !

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