Fight Club Fête des Mères

La Fête des Mères, c’est bientôt. J’aurais pu vous faire une liste d’idées cadeaux pour la Fête des Mères. J’aurais pu trouver un poème sur le sujet. J’aurais pu me lancer dans un panorama des mères dans la littérature occidentale… Mais ça n’aurait pas été très amusant. A la place, je vous propose un Fight Club livresque entre deux mères terribles ! A ma droite, voici madame Bennet, la mère d’Orgueil et Préjugés. A ma gauche, voilà la vicomtesse douairière Bridgerton issue de la saga éponyme. Que le match commence !

Laquelle a le plus d’enfants ?

Lady Bridgerton a 8 enfants qu’elle élève seule depuis la mort prématurée de son mari. Comme elle et son époux étaient très organisés, la marmaille a des prénoms par ordre alphabétique, en fonction de leur ordre de naissance : Anthony, Benedict, Colin, Daphné, Eloïse, Francesca, Gregory et la fabuleuse Hyacinthe.

Madame Bennet n’a « que » cinq enfants. Mais comme ce sont des filles au XIXe siècle, on peut raisonnablement estimer qu’elles comptent double vu qu’à l’époque les filles étaient considérées comme un fardeau pour leurs familles.

Le round est accordé à Madame Bennet.

Laquelle veut le plus les voir mariés ?

Lady Bridgerton est réputée pour être focalisée sur le bonheur marital de ses enfants. Elle n’aura de répit que lorsqu’ils seront tous mariés. Il faut dire que la vicomtesse douairière a eu le bonheur d’épouser un homme qu’elle aimait. Elle entretient auprès de ses enfants l’image d’un bonheur conjugal sans nuage et espère que ses enfants vivront la même chose. Un espoir qui la pousse à régulièrement s’immiscer dans la vie sentimentale de ses enfants. Toutefois, la course au mariage ne l’empêche pas de rester lucide, et elle s’inquiète régulièrement du bonheur de ses enfants. A Benedict qui doute de faire le bon choix avant son mariage, elle conseille la prudence. Et devant l’obstination d’Eloïse à refuser les propositions de gentlemen de bonne naissance, elle choisit de s’accommoder de ce célibat plutôt que d’entrer en conflit avec sa fille.

Madame Bennet est absolument obsédée par le mariage de ses filles. Une obsession au sens clinique du terme. Elle en parle. Elle fait des plans. Elle encourage ses filles. Et qu’importe les messieurs que ces jeunes filles épouseront ! L’obsession de madame Bennet est moins liée au bonheur de ses filles qu’à des préoccupations matérielles. Puisque la famille n’a pas de fils, les filles se retrouveront sans toit sur leurs têtes quand leur père ne sera plus là. Et ça, pour madame Bennet, c’est hors de question ! La mère de famille est bien décidée à jeter elle-même les oisillons hors du nid pour les forcer à prendre leur envol.

Le round est accordé à Madame Bennet.

Bennet-1

Laquelle a les plans les plus diaboliques ?

On lui donnerait le bon Dieu sans confession, et pourtant Violet Bridgerton est tout sauf une gentille et inoffensive lady ! Cette mère de famille nombreuse sait se faire respecter, et son autorité naturelle sur ses enfants (en particulier sur ses quatre fils) mérite l’admiration. Au fil des années, elle a mis au point une technique bien rôdée. Elle fait des listes de bons partis pour chacun de ses enfants, avec les jeunes hommes et les jeunes femmes qu’elle estime dignes d’entrer dans le clan Bridgerton. Elle n’hésite pas à tendre des pièges à ses enfants. Elle séquestre Anthony sous le faux prétexte d’une partie de campagne pour lui présenter des jeunes filles à marier. Elle harcèle Colin pour le convaincre des bienfaits du mariage (le pauvre est obligé de fuir en Grèce !). En un mot : elle est coriace.

On ne retrouve pas la même subtilité chez madame Bennet. Chez elle, la stratégie est moins importante que l’obstination. Sa propension à embarrasser ses filles en public nuit plus à leur image auprès des hommes qu’autre chose, mais madame Bennet ne s’en rend pas compte. Et quand elle essaye de jouer les entremetteuses, une catastrophe n’est jamais loin de se produire. D’une manière générale, elle ne joue jamais aucun rôle crucial dans l’évolution de la vie sentimentale de ses filles.

Ce round est accordé à lady Bridgerton.

Laquelle est la meilleure mère ?

Je crois que ce round va être vraiment très rapide. Madame Bennet est toujours tellement centrée sur ses propres inquiétudes qu’elle n’accorde pas beaucoup d’importance à sa relation avec ses filles. Elle n’est pas un soutien pour Elizabeth ; plutôt que le contraire. Et à force d’être obsédée par le mariage, elle en oublie de faire une enquête poussée sur les prétendants potentiels. La recette pour le désastre !

Au contraire, lady Bridgerton est un personnage dont on découvre, au fil des romans, qu’il est moins centré sur lui-même. Dans le troisième roman, on découvre dans sa relation avec Benedict une profondeur et une tendresse très attachantes. Elle veut que ses enfants se marient… mais pas à n’importe quel prix. Elle accorde de l’importance à leur bonheur et à leur épanouissement. Et si cet argument à lui seul ne suffit pas à faire d’elle la mère de l’année, rajoutons que lady Bridgerton est capable de faire preuve de patience face à la redoutable Hyacinthe, la petite dernière de la couvée, qui a un caractère tellement difficile que même madame Bennet aurait jeté l’éponge avec elle !

Ce round va à lady Bridgerton.

Laquelle est la plus folle ?

Dans les livres, le personnage est un peu plus lisse que dans les différentes adaptations. Mais on a quand même droit au laïus sur les nerfs de madame Bennet. Et dans l’adaptation cinématographique, c’est un aspect du personnage qui est vraiment souligné. Madame Bennet est une mère encombrante, embarrassante pour ses enfants, qui a tendance à jouer les grandes tragédiennes… C’est une lecture du personnage qui fait écho, je pense, à la façon dont elle est globalement perçue par les lecteurs.

A l’inverse, lady Bridgerton semble être la femme la plus mesurée du monde, même si, comme je l’ai dit plus haut, elle n’est pas inoffensive pour autant.

Et un round pour madame Bennet.

Bridgerton-1

Laquelle est la plus touchante ?

C’est délicat. En fait, on sait peu de choses sur chacune de ses deux femmes. Ce sont deux personnages qu’on nous présente à travers leur statut de mère, ce qui limite la vision qu’on a d’elles. Il me semble que lady Bridgerton correspond plutôt bien à l’idée qu’on peut se faire d’une vicomtesse douairière. Une femme importante, qui a conscience de son statut social et des devoirs qui lui incombent. Elle évolue avec grâce. Elle est attachante. Mais je ne peux pas dire qu’elle me touche plus que ça.

Il y a par contre quelque chose de très émouvant dans le personnage de madame Bennet. C’est son réalisme. Finalement, elle a raison d’avoir peur pour ses filles, de s’inquiéter pour leur avenir. Cette angoisse la rend ridicule, mais elle lui confère aussi une certaine authenticité qui m’émeut.

Le round est accordé à madame Bennet.

Laquelle gagnerait sur un ring ?

Madame Bennet évidemment ! Certes, cette bonne vieille Violet a de la ressource, mais le grain de folie de madame Bennet fait d’elle une adversaire bien plus dangereuse… et peut-être même vicieuse ! Personnellement, je n’aimerais pas me retrouver sur un ring face à elle.

Encore un round pour madame Bennet.

Laquelle remporte le match ?

Je déclare donc grande gagnante de ce Fight Club spécial Fête des Mères madame Bennet, par 5 rounds contre 2 !!!

Fight-Club-Fête-des-Mères

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