L’Amandière, roman de Simonetta Agnello Hornby

Je sais qu’on n’est pas sensé juger un livre d’après sa couverture, mais en ce qui me concerne je ne peux pas m’en empêcher ! Parfois, je vois une couverture de livre et bam : je suis saisie d’une irrépressible envie de le lire. A l’inverse, certaines couvertures trop ternes ou trop cliché ont parfois un effet « tue l’amour » sur moi. En ce qui concerne L’Amandière, le roman de Simonetta Agnello Hornby, j’ai tout de suite été séduite. Le soleil qui baigne la campagne italienne, franchement ça donne envie. Et quand j’ai lu le résumé et que j’ai vu que l’histoire proposait de me transporter dans la Sicile des années 1960, j’ai tout de suite eu envie de sauter dans les pages du livre.

L’Amandière vient de rendre son dernier souffle. Dans son petit village de Sicile où tout le monde la connaissait, c’est l’émotion. Cette femme était si aimée, une travailleuse infatigable qui a servi la même famille, les Alfallipe, toute sa vie. Et pourtant, elle avait aussi ses secrets. Après tout, comment une simple domestique a-t-elle fait pour devenir l’administratrice des biens d’une riche famille, prenant ainsi le pouvoir sur tous les membres de la famille ? Tandis qu’on prépare ses funérailles, les langues se délient, et chacun au village y va de sa petite histoire sur celle qu’on a toujours surnommé L’Amandière. Mais pour les héritiers Alfallipe, le moment du deuil est surtout synonyme de mystère : dans une lettre qu’elle a laissé, L’Amandière leur promet des richesses à condition qu’ils respectent ses dernières volontés. Eux qui pensaient rafler le magot facilement se rendent bien vite compte qu’un danger rôde : des lettres arrivent avec des instructions. Des lettres écrites par L’Amandière en personne…

Malgré mon a priori favorable sur ce livre à cause de sa jolie couverture, je n’avais pas la moindre idée du genre de roman que j’allais lire en l’ouvrant. Un drame ? Une histoire à suspens ? Une saga familiale ? Un roman historique ? Inutile d’essayer de faire rentrer ce livre dans une case. Avec L’Amandière, Simonetta Agnello Hornby signe un roman singulier et vraiment fascinant.

Au début, je me suis sentie un peu perdue dans ma lecture. L’histoire ne tient en fait qu’en quelques jours. Et comme un puzzle, elle est fracturée en plusieurs morceaux. Chaque habitant du village, chaque membre de la famille Alfallipe détient une pièce du puzzle, mais il faut attendre d’avoir plusieurs pièces en main pour commencer à voir l’ensemble prendre forme. Du coup, dans les 50 premières pages, c’est un peu frustrant. Il faut accepter de se prendre au jeu, et de devenir un lecteur/enquêteur pour suivre la trace de L’Amandière.

Par contre, une fois qu’on pénètre vraiment dans l’histoire, là on se sent totalement absorbé par l’histoire. Au fur et à mesure de ma lecture, je lisais de plus en plus vite parce que je voulais avoir le fin mot de l’histoire. Et je n’ai pas été déçue. Le roman dévoile une histoire palpitante qui revisite habilement l’histoire de la Sicile, notamment dans la période des années soixante. L’ambiance du livre est totalement immersive, vraiment très soignée : on sent le soleil, l’atmosphère moite, sensuelle, avec aussi l’idée d’un danger qui rôde (la mafia n’est jamais loin). C’est donc une lecture dépaysante et fascinante, qui vous fera voyager jusqu’en Sicile sans quitter votre canapé.

En plus de cette atmosphère envoûtante, j’ai été séduite par l’histoire très bien ficelée. Jusqu’à la toute fin, il y a des rebondissements. Et on se rend compte à quel point L’Amandière avait tout prévu. Tout comme ses héritiers, le lecteur est dans une position passive, obligé d’attendre de nouvelles informations pour bien comprendre ce qui se joue. En tant que lectrice, je me suis sentie à la merci de ce personnage. Et c’est vraiment une expérience de lecture unique en son genre.

Le personnage est d’ailleurs très intéressant. Ce n’est pas une héroïne. C’est une femme de la vie quotidienne, une travailleuse des champs devenue domestique dans une grande maison. C’est une femme simple, mais ça ne veut pas dire qu’elle manque d’intérêt, au contraire. La banalité aussi peut faire naître le romanesque, et j’apprécie l’effort de la romancière d’ancrer son histoire dans un contexte réaliste, parce que ça rend toute l’intrigue encore plus incroyable.

Ce roman m’a enchanté. Au début, je pensais que j’allais droit dans le mur avec cette lecture. J’avais peur que l’histoire ne décolle pas. Et en fait, je me suis fait cueillir par cette histoire qui m’a vraiment surprise. Simonetta Agnello Hornby offre une histoire très différente de ce que je peux lire d’habitude. Et enfant, je n’arrive à penser à aucun autre livre qui ressemble un temps soit peu à celui-ci. C’est une histoire singulière, une expérience de lecture terriblement immersive construite autour d’un personnage charismatique auquel on ne peut pas résister.

L'Amandière

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