Entendre la voix des femmes activistes

Entendre la voix des femmes n’a rien d’évident ni de facile. Et le monde des livres n’est pas plus vertueux que les autres sphères culturelles. Souvent, les livres véhiculent l’invisibilisation des femmes, soit parce qu’ils véhiculent une vision non exhaustive de la société, soit parce qu’ils ne leur laissent pas la parole. Le plus souvent les deux. Combien d’ouvrages historiques ont jusqu’à récemment fait l’impasse sur la contribution des femmes artistes et scientifiques ? Combien d’ouvrages écrits par des femmes sont demeurés non édités pendant de longues décennies ?

Les choses bougent petit à petit, mais le mouvement reste lent. Depuis quelques temps déjà, les éditions Folio ont entrepris un formidable travail de réédition d’ouvrages féministes pour rendre leur juste place aux militantes qui ont osé prendre la parole pour exprimer les injustices dont elles étaient victimes. Leurs mots comme leurs noms ne doivent pas rester dans l’ombre.

Ce travail de mémoire, je l’ai moi-même entrepris depuis plusieurs années, en tant que lectrice mais aussi en tant que blogueuse. J’ai envie de partager cet élan avec vous. Nous vivons à une période enthousiasmante pour les femmes parce que les écrits féministes n’ont jamais été aussi nombreux. Et c’est l’occasion d’écouter pour se forger sa propre opinion sur la question. La liste de lecture du jour est donc consacrée à ces ouvrages de femmes activistes qui veulent jeter un nouvel éclairage sur notre société.

  • Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, d’Olympe de Gouges

« Première féministe française, Olympe de Gouges réclame l’égalité des sexes devant l’Assemblée. Dans ce manifeste, elle réécrit au féminin la Déclaration Universelle des droits de l’homme et du citoyen : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Le 3 novembre 1793, avant d’être guillotinée, elle aurait lancé : « Je suis certaine que nous triompherons un jour ». »

Je précise qu’on trouve facilement plusieurs textes d’Olympe de Gouges. Malheureusement, en matière de biographies, le choix demeure limité. Si vous voulez en savoir plus sur elle, le texte que Benoîte Groult lui a consacré est un bon point de départ, mais c’est loin d’être une biographie approfondie.

  • Suffragette : La genèse d’une limitante, d’Emmeline Pankhurst

« Je préfère être une rebelle qu’une esclave » « Emmeline Pankhurst est, d’après Time Magazine, l’une des plus importantes personnalités du XXe siècle. Dès 1905 elle organise des manifestations massives de femmes pour demander à un gouvernement anglais très réticent d’accorder le droit de vote aux femmes. Ces manifestations non-violentes n’obtiennent aucun résultat tangible et sont sauvagement réprimées par la police. Après que plusieurs centaines de militantes pacifiques aient été emprisonnées et gavées de force suite à leur grève de la faim, elle se résout à recommander des actions plus militantes en particulier des bris de vitrines.

Pionnière d’un féminisme engagé et militant, elle démontre une perspicacité politique remarquable et finira par obtenir de vote pour les femmes anglaises à la fin de la première guerre mondiale. »

  • Le Journal d’une suffragiste, de Hubertine Auclert

« Adolescente, Hubertine Auclert avait envisagé de prendre le voile, mais les religieuses n’avaient pas voulu d’elle. Elle se tourne alors vers un autre sacerdoce, la cause des femmes. Il y a fort à faire, comme elle le confie à son journal : exclues de la citoyenneté, privées de leurs droits civils, interdites de présence dans l’espace public, soumises à un moralisme étroit, les femmes de la fin du XIX ? siècle sont en outre, pour les plus vulnérables d’entre elles, souvent exposées à la prostitution. Pourquoi les hommes changeraient-ils les règles d’un jeu qui leur est si favorable ?

Hubertine Auclert estime que le combat doit commencer par le vote, et non par la conquête des droits civils et de l’égalité salariale qui en découleront, contrairement à ce que pensent la plupart des féministes de l’époque. »

  • Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, de Maya Angelou

« Dans ce récit, considéré aujourd’hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d’écrivain et de militante dans l’Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours. Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire. à la lire, on mesure – mieux encore – le chemin parcouru par la société américaine en moins d’un demi-siècle… »

  • Ne suis-je pas une femme, de bell hooks

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des Etats-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.

  • Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet

« Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d’aujourd’hui de figure d’une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.

Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? »

Bonne lecture !

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