Mamie et les fruits du Saigneur, roman policier de Mario Giordano

En début de mois, j’ai profité d’un peu de temps calme pour me plonger dans les pages de Mamie et les fruits du Saigneur, le roman policier de Mario Giordano. Il s’agit du second tome de sa série policière mettant en vedette Poldi, une retraitée bavaroise installée en Sicile. Le soleil, l’humour, une femme un brin caractérielle, une enquête autour d’un meurtre mystérieux… je me disais que c’était les ingrédients parfaits pour passer quelques bonnes soirées de lecture. Au final, mon bilan est un peu mitigé et je n’ai pas retrouvé la magie du premier tome.

Poldi est sur un petit nuage. Après avoir résolu une enquête de meurtre dans laquelle elle a failli mourir entre les mains du coupable, la voilà devenue une véritable célébrité locale. Sa nouvelle vie de jeune retraitée en Sicile se passe bien. Et elle a même trouvé l’amour dans les bras du charmant commissaire Montana. Encore mieux : elle a réussi à réduire sa consommation d’alcool qui affolait tant sa famille ! Mais tout bascule le jour où elle découvre par hasard le corps d’une célèbre voyante entre les pieds d’une vigne, au pied de l’Etna. L’occasion est trop belle de se lancer dans une nouvelle aventure. Poldi n’hésite pas et commence à fureter partout. Et pour mener l’enquête, elle va pouvoir compter sur des soutiens de poids : sa famille un peu trop envahissante, une veuve dépressive qui tient l’épicerie du village, et même le curé qui a toujours été fan de films d’espionnage ! Peut-être pas une équipe de choc, mais toute aide est bonne à prendre !

C’est l’année dernière que j’avais lu Mamie cherche les embrouilles. Je ne connaissais pas les romans de Mario Giordano, mais le résumé avait l’air drôle. J’ai donc ajouté ce roman policier à ma liste de vacances d’été. Et j’avais eu un énorme coup de cœur pour Poldi, cette bavaroise ex fan des sixties, totalement délirante. Eu début de l’histoire, cette veuve qui souffre de dépression chronique et d’alcoolisme avait pour projet d’emménager en Sicile, près de famille, pour se lancer dans un grand projet : le suicide par comas éthylique avec vue sur la mer. Un projet qui avait tourné cours car elle s’était retrouvée embringuée dans une affaire criminelle qui lui avait (ironiquement) rendu la joie de vivre.

Dans ce nouveau tome, Mamie et les fruits du Seigneur, j’ai retrouvé tous les éléments qui m’ont fait aimé le premier livre. C’est drôle, original, assez déjanté, et l’histoire criminelle en elle-même est intéressante à suivre. En plus le personnage de Poldi est une réussite. Et l’histoire est racontée par son neveu, ce qui donne un côté décalé à la narration. Non seulement cet effet fonctionne très bien, mais en plus il rappelle de nombreux classiques du roman policier, à commencer par les enquêtes de Sherlock Holmes.

Là où mon enthousiasme est retombé, c’est que ce second roman s’avère mal ficelé. Le narrateur, qui écrit lui-même un grand roman familial, a tendance à être beaucoup trop présent, ce qui casse le rythme de l’histoire avec des choses inutiles. D’ailleurs, ce projet d’histoire familiale tourne en rond, et on a envie de dire à l’auteur qu’il faut qu’il revienne à l’essentiel.

Ensuite, il y a aussi des problèmes avec la traduction française. Il y a trop d’expressions italiennes qui ne sont pas traduites. Et aucune note de bas de page pour éclairer les lecteurs français. Le pompon, c’est un message entier de répondeur qui est retranscrit en italien sans aucune traduction proposée. Non seulement c’est frustrant, mais ça ne sert à rien ! Cet élément est d’autant plus rageant que Mario Giordano use et abuse des mots et expressions en anglais. Au global, toutes ces expressions non traduites n’apportent aucun charme à la lecture. Au contraire, elles ont franchement tendance à taper sur les nerfs du lecteur.

Je me suis accrochée jusqu’au bout de ce livre parce que l’histoire ma plaisait. Il y a beaucoup de bonnes choses, et le personnage de Poldi est vraiment une excellente trouvaille. On dirait Agatha Raisin… mais façon hippie, et sous le soleil de Sicile ! Malheureusement, les points négatifs l’emportent et je suis ressortie très déçue de cette lecture. Cette série policière s’annonçait très prometteuse, mais l’auteur se tire lui-même une balle dans le pied avec ses détours narratifs inutiles, qui ne mènent nulle part.

Si d’autres personnes ont lu ce roman, je suis curieuse de connaître leur avis pour voir si je suis la seule à tiquer ou pas.

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