L’Amour comme par hasard, un roman d’Eva Rice

WIN_20141226_174231Si vous avez suivi ce blog avec ferveur au long de l’année 2014, vous vous souvenez sûrement d’un livre qui avait été pour moi un énorme coup de cœur : Londres par hasard, le roman d’Eva Rice paru aux éditions Baker Street (que j’avais découvert par la même occasion). Je m’étais rendue compte que ce livre était en quelque sorte la suite d’un précédent roman intitulé L’Amour comme par hasard. Afin de réparer mon erreur tout en ayant le plaisir de replonger dans la merveilleuse écriture d’Eva Rice, je me suis fait offrir à Noël ce roman qui manquait à ma bibliothèque. Préparez-vous pour une chronique 100% bonne humeur !

Depuis que je l’ai découverte, Eva Rice est devenue mon héroïne, l’un de mes auteurs préférés, et si je pouvais déménager à l’intérieur d’un livre, ce serait dans l’un des siens. Londres par hasard m’avait tellement enthousiasmé que j’avais des sentiments mitigés avant d’entamer cette nouvelle lecture : d’un côté j’avais peur que ce livre ne soit pas aussi bon que l’autre ; de l’autre, j’étais convaincue que j’allais encore passer un moment magique. Et fort heureusement, ce fut la deuxième option qui se révéla juste.

En fait, L’amour comme par hasard n’a pas vraiment de lien avec Londres par hasard. Il se passe environ une dizaine d’années avant, se situe aussi en Angleterre, mais les personnages sont différents (même si certains personnages réapparaissent dans Londres par hasard). Il est possible de lire chaque livre de manière séparée car chaque histoire est unique ; on peut lire les romans dans le désordre comme je l’ai fait, ça n’a pas d’incidence sur la compréhension ou sur le suspens. Mais je recommanderais quand même de les lire dans l’ordre car les deux livres font référence à la période d’après guerre en Angleterre, donc c’est mieux de garder la continuité historique.

Dans ce roman, Eva Rice nous plonge au cœur de la vie anglaise en 1954. Pénélope appartient à l’une des plus grandes familles du pays, mais il ne reste pas grand-chose de la grandeur passée : son père est mort à la guerre, les laissant seuls sa mère et son frère, un château qui tombe en ruine, une montagne de dettes… Les choses pourraient être dures, mais c’est sans compter sur l’humour et l’originalité anglaise dont fait preuve la famille de Pénélope. D’autant qu’après les années de restrictions liées à la guerre, les années 1950 sont parfaites pour des adolescents qui rêvent de se libérer du passé : tout ce qui vient d’Amérique est à la mode, on recommence à sortir, à participer à des fêtes, le rock n’roll va bientôt faire son apparition ! Le changement est pour ainsi dire au coin de la rue…

Et justement, c’est dans la rue, à un arrêt de bus, que Pénélope va faire la connaissance de la fantasque Charlotte. Cette jeune fille excentrique appartient au même monde qu’elle, les aristos fauchés, et il va suffire d’une course en taxi pour que les deux jeunes filles deviennent amies. Un début en fanfare qui va se poursuivre par une année passionnante ! Entre les petits drames du quotidien, les histoires d’amour, les situations cocasses et les rencontres incroyables, la vie de Pénélope va changer, la forçant à s’ouvrir au monde qui l’entoure et à enfin prendre son envol.

Ce très beau roman qui raconte autant une histoire d’amitié que le parcours initiatique d’une jeune fille au seuil de sa vie d’adulte est tout simplement excellent. Eva Rice, très bien documentée la période qu’elle décrit, nous parle de la transformation émotionnelle de son personnage principal mais aussi de la mutation d’une société aux nombreux archaïsmes, bien forcée de s’adapter au monde moderne. En ce sens, le destin de Magna Hall, le château familial, est sans doute la meilleure allégorie que j’ai pu croiser depuis longtemps dans une histoire.

Outre le fait que l’histoire de Pénélope est passionnante et pleine de rebondissements, l’auteure parvient aussi à tisser plusieurs histoires secondaires. Presque chaque personnage secondaire a droit à son propre portrait, car chaque individu a sa vie à mener, avec des choix lourds à faire. Et ce livre nous dévoile une grande richesse narrative, en exploitant judicieusement sa galerie de personnages, tous plus attachants les uns que les autres.

L’autre grande force de ce roman, c’est bien sûr l’écriture d’Eva Rice. Elle a une plume tantôt légère, tantôt grave, toujours dynamique. L’émotion ne sombre jamais dans le pathétique, et elle évite la plupart des clichés que l’on aurait peur de trouver dans un tel roman. Elle nous plonge avec beaucoup d’énergie au beau milieu des années 1950, et c’est comme si nous aussi, en tant que lecteurs, nous vivions dans une époque où tout est possible. C’est un délice à chaque page, et on a envie que le livre ne s’arrête jamais !

J’ai trouvé ce roman excellent, et je pense qu’il plaira à tous les amateurs de comédies, de portraits féminins, de belles histoires… Je l’ai refermé en ayant l’envie de relire Londres par hasard qui présente exactement les mêmes qualités que ce livre, bien que l’histoire en plein cœur des années 1960 et du swinging London soit un peu différente.

Mon seul vrai regret concernant ce livre est à propos de son titre. L’amour comme par hasard n’est pas franchement un titre à la hauteur de l’histoire. Surtout, il ne rend absolument pas justice au titre original du roman : The lost art of keeping secrets que l’on pourrait traduire par L’art oublié de garder un secret (même si cette traduction un peu trop littérale est encore en-deçà de la poésie du titre d’origine).

Je vous souhaite à tous une excellente lecture !

P.S : Pour info, sachez que L’amour comme par hasard est publié chez Flammarion tandis que Londres par hasard est publié chez Baker Street… ce qui n’est pas pratique pour les lecteurs !

Une réflexion sur “L’Amour comme par hasard, un roman d’Eva Rice

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s