‘Mrs Queen takes the train’, premier roman de William Kuhn

Quand on me demande pourquoi j’aime tant la littérature anglaise, je réponds invariablement la même chose : parce que c’est original et varié. Et cette vérité personnelle est régulièrement renforcée par des livres qui me touchent, qui me transportent, qui m’interpellent et qui me donnent à lire, à vivre des histoires incroyables. Mrs Queen takes the train est l’un de ces livres. Je l’ai lu pendant mes vacances et j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce roman, le premier de son auteur William Kuhn.

J’avais remarqué ce livre pour la première fois dans les pages d’un magazine anglais qui vantait la drôlerie de son histoire. Ma curiosité avait été piquée, mais pas encore au point d’acheter le livre. Et puis en maraudant dans les rayons d’une libraire anglaise de Paris (dont je n’ose même plus citer le nom tant je lui ai déjà fait une publicité incroyable dans les pages de ce blog !), je suis tombée sur ce livre. A la lecture de la quatrième de couverture, j’ai su que lui et moi, nous étions faits l’un pour l’autre !

L’histoire nous invite à embarquer dans le quotidien de la reine d’Angleterre. Ça ne va pas fort pour elle. Depuis quelques temps, elle déprime, elle pense de plus en plus aux joies quotidiennes de son enfance, quand tout était plus facile. Elle repense à ses années de règne avant le scandale de l’affaire Diana, avant les coupes budgétaires et la désaffection du public, avant la nouvelle ère des médias tout-puissant… Elle a beau essayer de se mettre à twitter et de s’initier au yoga pour se calmer, on ne peut pas dire que ça l’aide vraiment. Heureusement, il reste tout de même deux choses pour lui remonter le moral : ses chevaux et le Queen Mary, l’ancien paquebot de la famille royale devenu musée quelque part en Ecosse. A la suite d’un quiproquo, la reine saisit l’opportunité de quitter le palais en toute discrétion. Une fois dans la rue, elle se dit que c’est l’occasion ou jamais d’aller voir le paquebot par ses propres moyens, espérant que ça lui redonnera un peu d’entrain. Ni une ni deux, la voici à bord d’un train…

Mais l’histoire de ce livre, c’est aussi celle de six personnes qui font partie de l’armée de serviteurs de Buckingham Palace. Ils sont six seulement à découvrir que la reine a disparu, et ils sont les mieux placés pour savoir que si jamais quelqu’un découvre la fuite de la reine, tout le monde pensera qu’elle perd la tête, et les ennuis pour elle pourraient être énormes. Ni une ni deux, les voilà qui partent à la poursuite de la reine pour tenter de la ramener avant que les services de sécurité ou la presse se rendent compte de sa disparition !

Construit un peu comme un road movie dans lequel sept personnes se retrouvent sur la route, chacune avec sa propre histoire et ses propres difficultés, ce roman devient de plus en plus palpitant au fil des pages. C’est bien simple : impossible de le lâcher ! Heureusement que j’étais en vacances quand je l’ai lu, car sinon il aurait fallu que je me fasse porter pâle pour ne pas aller travailler et lire tranquillement chez moi !

J’étais surprise parce qu’en lisant le résumé, je pensais que le livre ne serait que sur la reine. Mais en fait, nous avons bien sept personnages au total que nous suivons dans leur péripéties. Et je trouve que c’est la très grande force de ce roman. On s’attache à tous ces personnages, à leur fêlures et à leurs tentatives pour se sortir de leur isolement, de leur tristesse, de leur quotidien qui ne les rend pas heureux. William Kuhn arrive à tenir la distance avec une idée de départ très originale (la fuite de la reine) et en injectant une dimension intimiste très touchante, très élégante qui fait que les personnages nous semblent réels et proches de nous. En plus, les rebondissements sont nombreux ! Jusqu’à la fin, ce roman ménage pas mal de suspens.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur nous parle de la reine : comme d’une personne normale. Pas vraiment ordinaire, mais normale tout de même, avec ses inquiétudes, ses peines, ses espoirs aussi. Derrière la figure historique, l’auteur nous donne à voir une charmante vieille dame qui voudrait reprendre un peu de contrôle sur sa vie. Au fil des pages, on découvre des photos en noir et blanc qui retracent les années de règne d’Elizabeth. Ces photos, touchantes ou guindées, nous donnent à voir un personnage insaisissable, dont on ne peut pas connaître la vérité entière… un peu comme un personnage de fiction !

Les chapitres portent tous des noms de postures de yoga (l’un des fils rouges de l’intrigue), et ils soulignent bien l’intention de l’auteur de se focaliser sur l’harmonie intérieure de ses personnages. Cette histoire ne cherche pas à vous plonger dans un suspens de cinéma, dans une aventure effrénée, mais plutôt dans le cheminement personnel de sept personnes : leur ouverture aux autres, leur acceptation de ce qu’ils sont.

Cette histoire extrêmement positive m’a touché parce qu’elle aborde de nombreux thèmes porteurs de sens : l’amitié, l’importance des liens humains, la confiance en soi, la confiance en les autres… Autant de sujets d’importance dans notre monde moderne où l’isolement des individus semble être devenu une norme.

Ce roman n’existe pour l’instant qu’en version originale. A ce jour, aucune traduction en français n’est prévue et c’est bien dommage. Espérons qu’un éditeur aura la bonne idée de ce saisir de ce roman.

Si vous avez envie d’en savoir plus, sachez que vendredi je vous proposerais l’interview que j’ai réalisé de William Kuhn. Donc rendez-vous vendredi pour en savoir plus !

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