Terre des hommes, d’Antoine de Saint-Exupery

terreJe dois bien admettre (à ma très grande honte) que ma découverte de la littérature anglaise lorsque j’étais encore une jeune lectrice m’a très vite détournée de ma littérature nationale. Et force est de constater qu’il y a plusieurs auteurs « classiques » à côté desquels je suis passée. Mais comme je suis curieuse, j’essaye de temps à autre de rattraper mon retard en me plongeant dans certains livres que tout le monde a peut-être lu avant moi. C’est le cas avec Terre des hommes, le superbe texte écrit par Antoine de Saint-Exupéry.

Je l’ai lu récemment, en rêvant de vacances, persuadée que j’allais tomber sur de merveilleux récits d’aventures à l’autre bout du monde… Et en fait, pas du tout. Terre des hommes n’est pas une autobiographie faite pour mettre en lumière les exploits du fameux pilote-écrivain. Le propos de l’auteur est tout autre. Un peu déstabilisée par cette découverte, j’ai néanmoins rapidement accroché à ce texte.

Difficile de résumer Terre des hommes. Il ne s’agit pas d’un texte de fiction avec une trame narrative bien précise que l’on suit de manière logique. Dans ce livre, Antoine de Saint-Exupéry nous convie plutôt à un cheminement au fil des anecdotes. Elles ont bien sûr une forte dimension autobiographique car l’auteur nous y parle de lui, de ses expériences, de ses rencontres surtout : des rencontres avec des hommes qu’il ne connaissait pas, ou alors la découverte dans un individu d’une facette ignorée de son humanité.

Terre des hommes porte bien son titre, car ce livre invite à un voyage : découvrir l’humanité dans ce qu’elle a de plus universel et de plus intime. Qu’il s’agisse de la liberté, du sentiment d’appartenance à un groupe, de la volonté de survivre dans les contrées et les situations les plus hostiles, le goût de la découverte… Tout nous porte à dépasser notre condition de simple être humain pour nous porter à la rencontre de l’inconnu ou de l’impossible. Et telle est donc la nature humaine : en recherche perpétuelle d’un horizon.

Bien sûr, tout le monde ne porte pas dans son cœur l’envie de partir faire le tour du monde, et nombreux sont ceux (j’ai bien peur d’en faire partie) qui sont plus rassurés par la vie quotidienne bien orchestrée, et qui n’ont pas spécialement envie de larguer les amarres. Mais comme l’écrit Antoine de Saint-Exupéry en le formulant autrement : « Tant pis pour eux ». Ce que l’aviateur dévoile, c’est un autre chemin de vie, un chemin dangereux certes, mais sublime aussi. Une voie par laquelle nous pouvons réaliser nos rêves les plus fous.

L’un des portraits qui m’a le plus marqués est celui de cet esclave que rencontre Antoine de Saint-Exupery au cours d’une de ses haltes dans le désert d’Afrique. Et cet esclave, qui ne s’est pas encore résigné à sa condition, lui demande de l’emmener à bord de son avion pour l’aider à s’enfuir. Saint-Exupery raconte bien son dilemme : il a envie d’aider cet homme, mais les répercussions pourraient être très dangereuses. A travers ce portrait et beaucoup d’autres anecdotes, Saint-Exupery se livre lui aussi, et c’est ce qui est le plus touchant. On sent le souffle de l’aventure nous frôler le visage, et c’est presque comme si nous étions embarqués dans son avion, à ses côtés.

Mis à part Le Petit Prince, je n’avais jamais lu aucun livre de Saint-Exupery. Cette lecture que j’ai beaucoup apprécié m’a donné envie d’en lire davantage. Et je pense jeter mon dévolu sur Vol de nuit très prochainement.

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