Divergent, le premier roman de Veronica Roth

DivergentC’est en furetant chez Smith (la librairie anglaise en face de la place de la Concorde) que j’ai découvert pour la première fois le roman Divergent, premier roman publié par Veronica Roth, une jeune américaine visiblement passionnée de science fiction. Le résumé était passionnant, mais disons-le tout de go : c’est vraiment le titre qui m’a interpellé. Et comme souvent, j’ai eu raison de faire confiance à mon sens de la curiosité car une belle lecture en a découlé. C’est finalement en français que j’ai lu le livre, et j’ai rapidement plongé avec délectation dans cette histoire bien pensée. 

L’histoire est celle de Béatrice, une jeune fille qui vit dans un monde assez différent du notre. Les individus sont répartis en cinq castes : les érudits, les sincères, les audacieux, les fraternels et les altruistes. Notre héroïne appartient à cette dernière caste. Une fois arrivé à l’âge de seize ans, chaque individu doit choisir dans quelle caste il souhaite vivre et doit ensuite se plier à plusieurs épreuves pour avoir le droit de rester dans cette caste. Mais le parcours est semé d’embûches. Dans ce monde, la pire des choses qui puisse arriver à quelqu’un, c’est d’être sans faction, seul et rejeté par les autres. Enfin, ça c’est ce que pensait Béatrice avant d’apprendre qu’elle est divergente : elle n’appartient à aucun schéma particulier. Ce cas complètement à part pourrait lui coûter la vie. Elle va devoir apprendre à cacher son secret. Car dans ce monde où une guerre se prépare en coulisse, il est difficile de savoir à qui on peut se fier.

A première vue, le roman reprend judicieusement les codes du roman de science fiction, avec une dimension initiatique qui la place habilement sur le segment des romans pour jeunes adultes. On pourrait reprocher à l’auteure d’avoir bien pensé le marketing de son roman au moment où elle a décidé de son histoire tant il est vrai que ce roman tombe à pic. Il y a un vrai essor des romans pour jeunes adultes. Les lecteurs de la saga Harry Potter ont grandi. Ils ont lu Tolkien, sont pour certains passés à Twilight ou Hunger Games. Ils ont envie de nouveauté. On m’a fait remarquer que cette nouvelle saga (qui compte trois tomes) s’inscrit dans la veine de Hunger Games. Mais comme je n’ai pas lu ces films, je préfère arrêter là ma comparaison.

L’héroïne, Béatrice (que l’on va rapidement appeler Tris au fil des pages) se retrouve confrontée malgré elle à une société qui broie les individus d’une manière ou d’une autre : soit en les faisant rentrer dans le moule de la pensée unique, soit en se débarrassant d’eux. Le choix n’est pas très attrayant ! Pour faire face, Tris va devoir faire preuve de détermination et de force. Mais au fil des pages, on va aussi découvrir qu’elle n’est pas aussi sûre d’elle qu’on le croyait. Elle a des faiblesses, ce qui rend son personnage très réel, moins éthéré que d’autre héros pour ados, et donc plus crédible. On se projette assez facilement dans ce personnage qui est globalement dépassé par les événements et qui n’a pas d’autre choix que de se montrer à la hauteur.

A ses côtés, on retrouve les traditionnels acolytes, les opposants et les personnages troubles dont on ne sait pas trop de quel côté ils sont. Sans grande surprise, certains personnages clefs seront sacrifiés pour que l’héroïne prenne conscience de la situation et trouve en elle la motivation nécessaire pour avancer et finalement faire changer les choses. De ce côté-là donc, peu d’originalité mais une recette classique qui a déjà fait ses preuves.

Ce qui est sûr, c’est que Veronica Roth a eu la bonne idée d’apporter un vrai vent de nouveauté dans le cadre de son histoire. Elle construit une société divisée en castes qui s’inspire des grands romans d’anticipation, avec des luttes sous-jacentes entre les différentes factions. Au milieu de ce cadre, on observe l’effacement des désirs et des libertés de l’individu. Et le parcours de l’héroïne sert à la fois de ligne narrative au roman et de mise en abîme du lecteur. Car au-delà de sa fiction, Veronica Roth présente bien un récit initiatique face auquel chaque lecteur est amené à se poser des questions sur lui-même, son cheminement dans la vie, sa place dans la société… A ce titre, je dirais donc que ce roman est assez ambitieux.

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Le roman m’a plut et je ne pouvais plus le lâcher. Je pense que c’est typiquement le genre de livres que les parents peuvent emprunter à leurs ados. Les droits de la trilogie ont été achetés par un grand studio hollywoodien, et le premier film sort aujourd’hui sur les écrans. Il reste à voir si les producteurs auront le courage de se caler sur le livre pour garder son esprit, ou si au contraire ils ont choisi de jouer la sécurité et de gommer les aspérités qui font le sel de ce roman.

Quoiqu’il en soit, je vais surveiller de près les prochaines publications de Veronica Roth. Cette auteure américaine est jeune (elle n’avait que 22 ans quand elle a publié Divergente) et elle pourrait encore nous surprendre.

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Une réflexion sur “Divergent, le premier roman de Veronica Roth

  1. OuiOui dit :

    J’ai pu voir le film et on retrouve toute la description qui a été faite dans cette article. Un bon film avec des acteurs bien fidèles aux personnages. Il est vrai qu’on peut comparer l’histoire à la saga Hunger Games, ou la bravoure d’une femme doit être au rendez vous, contre un système inhumain et intrusif. Une histoire d’amour est présente mais bien ficelé et attachante.
    Un roman à lire et à voir au cinéma sans hésitation !

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