L’aiguille creuse renferme un trésor… littéraire

aiguille-creuseJ’adore le bord de mer. Pas vous ? Si. Tant mieux parce qu’aujourd’hui, je vous emmène à Etretat, en Normandie, pour visiter un endroit très célèbre de la littérature française : l’aiguille creuse !

Vous avez certainement déjà vu l’image de cette aiguille impressionnante qui sort de l’eau et se dresse fièrement à part de la falaise d’Étretat. C’est l’un des sites les plus célèbres de l’hexagone. Mais c’est aussi un endroit que tous les lecteurs des aventures d’Arsène Lupin connaissent pour une raison bien précise : un trésor y est caché. Ta dam !

Commençons par le commencement. Un géologue vous expliquera que cette aiguille est due à l’érosion marine ainsi qu’à l’écoulement d’une rivière souterraine. Des facteurs naturels qui ont permis la formation d’une superbe arche naturelle plongeant dans la mer ainsi que de l’aiguille juste en face (qui faisait d’ailleurs partie de la falaise il y a très longtemps).

L’aiguille est haute de 55 mètres, et sa forme naturellement effilée lui confère un charme unique. On dirait qu’elle a été façonnée par la main de l’homme, mais il n’en est rien. Depuis longtemps, les normands sont très friands de ce spectacle. Et du jour où partir au bord de la mer pour respirer le bon air est devenu à la mode, les parisiens en villégiature à Étretat ont aussi pu apprécier cette forme magnifique… et ainsi contribuer à sa renommée.

Mais c’est par la littérature que la célébrité va vraiment venir. Comme vous ne le savez peut-être pas, Maurice Leblanc, auteur d’Arsène Lupin, était normand de naissance et de cœur. Toute sa vie, il resta très attaché à ses racines. C’est la raison pour laquelle il prenait chaque année du repos en Normandie, ce qui finit par le mener à Étretat.

Et comme il fallait bien que cette vue grandiose serve d’inspiration à notre auteur, il écrivit une aventure d’Arsène Lupin dont le cœur de l’intrigue fut l’aiguille. L’Aiguille creuse parut en 1909, et c’est dans ces pages que l’on trouve le début d’un mythe littéraire. Un petit extrait pour se mettre dans l’ambiance : « Roc énorme, haut de plus de quatre-vingt mètres, obélisque colossal, d’aplomb sur sa base de granit ».

Bon, Maurice Leblanc en rajoute un peu avec la hauteur de l’aiguille, mais la description est presque aussi belle que celle donnée par Guy de Maupassant (autre normand) qui offre la belle métaphore d’un éléphant plongeant sa trompe dans l’eau. Chaque promeneur voit ce qu’il veut.

Mais ce qui a valu à l’aiguille de devenir vraiment très célèbre parmi les lecteurs, ce n’est pas seulement quelques phrases de descriptions ou le titre d’un roman. C’est que Maurice Leblanc en fait l’objet d’un mystère, un secret qui est au cœur du roman de l’Aiguille creuse. Dans cette nouvelle aventure, Arsène Lupin est aux prises avec Isidore Beautrelet, un jeune étudiant à l’intelligence capable de rivaliser avec celle de notre gentleman-cambrioleur préféré. On retrouve aussi Herlock Sholmes dans ce roman où les rebondissements sont nombreux et où l’intrigue est palpitante. C’est bien simple, l’Aiguille creuse est mon roman préféré de Maurice Leblanc.

Au fil des pages, on découvre que l’aiguille est en fait creuse, et qu’elle sert de coffre-fort géant pour le plus grand trésor au monde : le trésor des rois de France, rien de moins ! Arsène Lupin, qui s’est rendu maître de ce secret, ne veut évidemment pas le partager. A l’intérieur de l’aiguille se trouvent des pièces d’or, des bijoux, des pierres précieuses en tous genres…

Je me suis rendue quelques fois à Étretat, mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’approcher assez près de l’aiguille pour vérifier si elle est creuse ou pas, et si un chemin secret permet d’y pénétrer. De toute façon, des scientifiques se sont déjà chargés de démolir mes rêves de lectrice en affirmant tests à l’appui que l’aiguille n’était pas creuse.

Pour nous consoler, il reste tout de même un autre trésor : la maison de Maurice Leblanc. Située en plein cœur d’Étretat, elle s’appelle joliment Le Clos Lupin. Cette demeure normande de grand charme dévoile un charmant jardin où poussent bien évidemment des lupins (du moins j’en ai vu la dernière fois que j’y suis allée). C’est là que Maurice Leblanc et son épouse résidaient quand ils venaient prendre le bon air frais du bord de mer.

clos-lupin

La maison a été rachetée en 1998 par la petite-fille de Maurice Leblanc, et elle est devenue un musée en 1999. Le visiteur peut ainsi découvrir la maison de l’auteur, de nombreux souvenirs et des accessoires des différentes adaptations réalisées au fil des années. J’avais entre autre eu le plaisir d’admirer la cape portée par Georges Descrières dans la première série télévisée.

Si vous voulez sentir le souffle de l’aventure, rendez-vous à Étretat ! Le mystère d’un trésor disparu vous y attend !

2 réflexions sur “L’aiguille creuse renferme un trésor… littéraire

  1. mesetageresenfranglais dit :

    Merci pour cet article! Que c’est beau cette falaise. Je n’y suis jamais allee mais en meme temps, j’ai a peu de chose pres la meme chose de l’autre cote de la manche avec la aussi, beaucoup d’Histoire avec un grand H. J’aime aussi ton parallele avec la litterature, c’est tres interessant!

    J'aime

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