Swing low, sweet chariot…

D’accord, les personnes qui ne connaissent rien au rugby n’auront rien compris à l’ironie de ce titre, et pourtant je compte bel et bien vous parler de l’Angleterre et de l’une de ses plus précieuses institutions : l’Encyclopaedia Britannica.

La nouvelle est tombée la semaine dernière : l’Encyclopaedia Britannica tire sa révérence. Son édition papier en tout cas, car virtuellement, l’encyclopédie anglaise reste bien vivante. La faute au grand méchant internet qui s’impose toujours plus comme une source d’information en situation de monopole. La faute aussi à une édition papier tellement complète et tellement bien faite qu’elle coûte la modique somme de 1 395 dollars. Évidemment, ramené au poids, ce n’est pas forcément cher payé pour 32 tomes et un total de 58 kilos.

Mais tout de même, après 244 ans de légende papier sans cesse renouvelé, la nouvelle est rude. Quelle est la bonne nouvelle ? La bonne nouvelle, c’est que l’encyclopédie est toujours disponible en ligne. Et contrairement à son alter ego pseudo-maléfique (alias Wikipedia), elle compte bien s’en tenir à une ligne informative stricte et concentrée sur les faits importans de l’actualité et des savoirs. Ce n’est donc pas demain la veille qu’on y trouvera la biographie de Justin Bieber !

Et la mauvaise nouvelle alors ? Outre le fait que c’est un symbole de l’ère papier qui tombe, je me demande quand même si les dirigeants de l’Encyclopeadia Britannica ont bien compris ce qui faisait la force de Wikipedia et les raisons qui ont poussé les gens à se détourner de leur « trésor national de papier ».

Ce n’est pas un désaveu du format papier, bien que le principe multi-médiatique de Wikipédia soit agréable et souvent pertinant. Avoir plusieurs photos du Sacré-Coeur quand on consulte sa fiche est un plus par rapport à un simple résumé de sa construction. De la même façon, les liens vers d’autres sites de contenu sont toujours un plus.

Ce qui m’intrigue, c’est de n’envisager la numérisation des informations que comme une fatalité et pas comme une opportunité de repenser notre vision des connaissances. Peut-être que c’est ce manque de fraîcheur dans le traitement de l’information qui fait défaut à nos chers futurs disaprus ? Une réelle « déconnection » (sans mauvais jeu de mots) entre les personnes qui font l’information et celles qui la consultent et l’utilisent.

Un lycéen qui fait une dissertation et va sur Wikipedia ne sait pas remettre en question la fiabilité des infos qu’il trouve. Mais l’a-t-on renseigné ? Que sait-il de ces vieilles reliques de papier, rangées sur les étagères poussiéreuses de la bibliothèque de ses parents ? Le manque de contact émotionnel avec l’information sérieuse l’a rendu inacessible à notre société actuelle. Et nous en sommes tous responsables.

Pour finir sur une note un peu plus enjouée, sachez quand même qu’il reste environ 4 000 invendus de la dernière édition de l’Encyclopaedia Britannica…

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