Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas

Couverture des Trois MousquetairesOn ne s’ennuie pas chez Alexandre Dumas ! C’est la première chose qui me vient à l’esprit en repensant aux Trois Mousquetaires, roman que j’ai fini il y a à peine quelques jours. Je n’aime pas faire la critique d’un livre tout de suite ; on est encore dans le ressenti brut de la lecture, et il est parfois difficile de faire la part des choses entre les véritables qualités ou défauts d’un livre, et les sentiments qu’il a suscité en nous.

Pourtant là, même après quatre jours, je reste sur le même sentiment. Mon raisonnement littéraire ne vient pas freiner l’engouement que m’a procuré cette lecture. Reste la tâche difficile de dresser un portrait fidèle de ce roman d’aventure.

J’écris « d’aventure », mais je devrais mettre « d’aventures » tant il se passe de choses dans ce roman. Pour commencer, peut-être un rapide résumé n’est-il pas de trop ? Car les nombreuses adaptations plus ou moins fidèles à l’œuvre de Dumas ont pu donner une mauvaise idée de la trame principale. Ce livre est à la fois un roman d’aventure et un roman appartenant au genre initiatique. Notre héros, D’Artagnan (mais ça vous l’aviez déjà deviné !), est un jeune gascon qui monte à la capitale avec l’espoir d’entrer au service des mousquetaires du roi et de trouver ainsi gloire et fortune. Sur la recommandation de son père, il se présente à monsieur de Tréville, chef des mousquetaires, mais n’obtient qu’un poste aux gardes de monsieur des Essarts (ce qui n’est déjà pas si mal).

Le seul problème de notre gascon, c’est à la fois sa naïveté et son ignorance des usages de la vie parisienne. Il va rapidement se heurter à trois mousquetaires, jusqu’à se retrouver à devoir se battre en duel avec chacun des trois. Un concours de circonstance va renverser la vapeur et notre jeune héros va se faire des amis de nos trois mousquetaires. Les lecteurs assidus auront bien sûr reconnu Athos, Porthos et Aramis !

Je passe sur le lancement de l’histoire avec les nombreuses intrigues : les manigances de Richelieu, l’amour du duc de Buckingham, la reine Anne d’Autriche et ses ferrets, les espions, Milady, l’enlèvement de madame Bonnacieux, le siège de la Rochelle… Comme je l’ai écrit plus haut : il se passe toujours quelque chose dans ce roman ! C’est à se demander pourquoi je ne l’ai pas lu plus tôt !

Pourquoi d’ailleurs ne l’ais-je pas lu plus tôt ? On m’a tellement parlé de ce roman, depuis si longtemps que j’avais l’impression de déjà connaître ce livre. Les Trois Mousquetaires font partie de ces livres tellement présents dans l’inconscient collectif que même les gens qui ne l’ont pas lu savent de quoi ça parle (à peu de choses près car il y a tout de même pas mal de surprises !).  A tel point que je n’avais jamais ressenti la véritable envie de lire ce livre. Après tout, j’en connaissais déjà la trame ? Et je suis certaine que je ne suis pas la seule dans ce cas, à être tellement écrasée par le poids des classiques de la littérature française qu’on n’ose plus finalement ouvrir ces livres-temples pour les découvrir nous-mêmes.

Ce qu’il faudrait dire aux jeunes lecteurs (et aux moins jeunes d’ailleurs), c’est que ces livres ont été écrits pour être lus. Aussi idiote que cette formule puisse paraître, c’est vrai. Il faut en faire l’expérience soi-même pour se rendre compte à quel point ces livres méritent la place qui est la leur dans le panthéon de la littérature française.

Ce roman est l’un des meilleurs que j’ai pu lire. Pourtant, j’ai eu un peu de mal au début. C’est un peu difficile de plonger dans cette époque lointaine, aux usages si différents des nôtres. Et dans les premiers chapitres, D’Artagnan est d’une naïveté qui le rend un peu lointain pour un lecteur moderne. Mais par la suite, on prend spontanément fait et cause pour lui et ses amis.

Parlons d’ailleurs des trois mousquetaires. Ces seconds rôles ne manquent pas de piquant. Porthos, peut-être, est le moins intéressant car le plus caricatural. Mais il n’empêche que les chapitres qui s’attachent à lui comme à Athos ou Aramis ne manquent pas de saveurs. Chacun a son tempérament et sa propre histoire, que nous découvrons au fil des pages. Et pour renforcer ces différences de caractères, il y a encore les valets de chacun de nos quatre compagnons : Planchet (le courageux valet de D’Artagnan, qui va vite se révéler crucial), Grimmaud (le valet à moitié muet d’Atho), Bazin (le valet d’Aramis, plein d’espérance pour l’avenir religieux de son maître) et enfin Mousqueton (le solide valet de Porthos, dont l’adresse dans l’art du braconnage s’avère utile). Ces quatre personnages amusants et hauts en couleurs, apportent une touche de vie supplémentaire à l’ensemble du roman, avec une touche comique toujours bienvenue.

Que dire enfin de l’écriture ? Alexandre Dumas : c’est un nom qui impressionne le lecteur. Qui peut même l’intimider. Disons-le tout de suite, Dumas aime l’écriture vivante. Il n’y a jamais chez lui de description de trop. Il n’écrit pas pour le simple plaisir des mots, mais pour l’amour véritable de l’action. Sa trame narrative est excellente, mais elle ne prend jamais le pas sur l’histoire elle-même. Il n’y a pas d’effet de manche dans son style. Tout est vivant, et nous voyons évoluer nos personnages exactement comme si nous étions devant un écran de cinéma.

Il y a même certains passages d’une modernité déconcertante. Le passage de la captivité de Milady, par exemple, se découpe en cinq chapitres, représentant chacun un jour pendant lequel la terrible Milady engage un duel psychologique avec son geôlier. Et nous suivons ce jeu d’échecs passionnant de l’intérieur. Dumas nous donne à voir la lutte de Felton et la façon dont Milady parvient à trouver ses faiblesses pour mieux les retourner à son avantage. C’est le seul moment du roman pendant lequel l’histoire se met en pause. Mais le procédé est fascinant, et très judicieux car il permet de mieux comprendre Milady tout en ménageant un effet de surprise : on ne sait pas d’avance si elle va gagner son match psychologique contre Felton et si elle parviendra à ses fins.

Vous l’aurez compris, ce roman est un vrai plaisir. Et je ne peux que vous encourager à vous plonger dans Les Trois Mousquetaires. Car non, on ne s’ennuie pas toujours avec les classiques. Pour ma part, je ne vais pas tarder à me plonger dans les deux suites… juste pour le plaisir de retrouver des personnages auxquels je me suis tant attachée.

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