Mon top 5 des meilleurs Sherlock Holmes

Actuellement en pleine crise de Sherlockite aigüe, j’ai décidé de vous offrir, comme ça juste pour le plaisir, mon top 5 des meilleures incarnations de Sherlock Holmes. Ce classement est totalement subjectif, mais repose toutefois sur des arguments tout à fait recevables. Bien sûr, chacun a son Sherlock préféré, celui qu’il a imaginé dans sa tête pendant de longues heures de lectures. Et puis, il y a les films et les séries qui nous ont offert des variations aussi pertinentes qu’impertinentes, aussi intéressantes que complètement râtées… Dans tout ce chaos holmésien, j’ai sortie mes cinq chouchous, ceux qui ont approché le personnage véritable et qui m’ont fait rêvé.

Cinquième un peu limite : Ian Richardson dans Les Mystères du véritable Sherlock Holmes

D’accord, il ne s’agit pas stricto senso d’un Sherlock Holmes, mais de la personne qui a inspiré le personnage du célèbre détective à Arthur Conan Doyle : le professeur Joseph Bell. Dans cette série de la BBC, Ian Richardson incarne le docteur Bell, éminant professeur de l’école de médecine d’Edimburgh dans laquelle Doyle a fait ses études. Ayant suivi les cours du professeur, notre fabuleux écrivain fut particulièrement impressionné par les talents d’enquêteur et de déduction du médecin, qui le différenciait si radicalement de ses confrères. Ses techniques très modernes firent germer dans l’esprit de Doyle l’idée d’un détective brillant qui se baserait sur le moindre détail pour tirer les conclusions les plus précises.

Ian Richardson apporte tout son flegme britannique au bon docteur, tour à tour enquêteur froid et implacable dans ses raisonnements puis personnage attachant qui se prend d’affection pour son jeune disciple. Dans cette série, c’est vraiment Richardson qui sort du lot tandis que l’acteur incarnant Arthur Conan Doyle dans ses jeunes années laisse à peine entrevoir le futur génie. Une prestation intéressante, au plus proche des racines du mythe.

Quatrième pour la beauté du geste : Michael Caine dans Without a clue

Là encore, un observateur tatillon pourrait me faire des reproches. A la différence de Ian Richardson, Michael Caine incarne vraiment le personnage de Sherlock Holmes… “Incarner”, c’est bien le mot ! Dans cette version, on découvre qu’en fait, Sherlock Holmes n’existe pas ; le personnage a été inventé par le docteur Watson qui a engagé un acteur “de seconde zone” pour incarner son fameux détective aux yeux du public. Problème, l’acteur est un peu cabotin et n’a pas le moindre esprit de déduction. Inutile de préciser que ce “pantin” sympathique en fait voir de toutes les couleurs au pauvre docteur Watson, Cyrano de Bergerac des enquêtes policières.

Pour ceux qui se souviennent de la série Les Enquêtes de Remington Steel, vous imaginez les situations savoureuses du film ! L’idée de base est extrêmement intéressante puisque nous sommes à mi-chemin de la fiction. De plus, c’est l’occasion de voir l’excellent Michael Caine dans un rôle comique qui lui va à merveille. On sent qu’il prend beaucoup de plaisir à déboulonner le mythe et à jouer les anti-Sherlock Holmes dans cette parodie riche en trouvailles. Le docteur Watson est également très bien servi par Ben Kingsley, tout en sobriété et en malice.

Troisième de coeur : Robert Downey Jr. dans les deux adaptations réalisée par Guy Ritchie

Mon admiration pour Robert Downey Jr date de deux films : le premier était une comédie avec des fantômes au cours de laquelle il interprétait l’hymne des États6unis a cappella ; le second est le merveilleux film de Richard Attenborough sur la vie de Charlie Chaplin. Robert Downey Jr y livrait une prestation d’une qualité rarement égalée dans un biopic, faisait montre d’un sérieux et d’un engagement sans faille dans son incarnation. Mais surtout, il avait su faire preuve (selon moi) d’une vraie humilité vis-àvis de Chaplin, ne cherchant pas à épater la galerie avec un numéro d’acteur cabotin, mais scrutant au contraire la vérité d’un homme dans son art et dans sa vie privée.

Bref, autant de raisons de me précipiter avec enthousiasme pour voir le film de Guy Ritchie et l’interprétation de Robert Downey Jr. Je n’ai pas été déçue et je trouve que c’est à la fois une vision très dynamique et bien actualisée. Certains traits du personnage sont un peu épaissis, mais cela permet de rafraîchir l’interprétation et de se distinguer des illustres ainés (je pense notamment à l’inestimable Robert Stephens). Ce Sherlock Holmes est désagréable au possible, maladivement jaloux de la vie normale, apaisée et heureuse qui attend le docteur Watson, sur le point de se marier. Ce Sherlock Holmes insiste sur les aspects mélancoliques et isolée du personnage : il vit en marge et ne se laisse surprendre par personne. Pourtant, la carapace laisse apercevoir des fissures : l’amitié profonde et sincère qui le lie au bon docteur Watson (mention spéciale à Jude Law qui livre une très bonne prestation dans ce rôle), la fascination touchante qu’il éprouve pour Irène Adler, son goût pour les mileux louches (il se déguise en clown, en mendiant, fait appel à une diseuse de bonne aventure)…

Et surtout, ce Sherlock est vif ! Dans les livres (surtout ceux du début du canon), on nous explique bien qu’il s’agit d’un homme dans la force de l’âge, qui pratique la boxe, et qui n’a pas peur de se jetter au-devant du danger. Or, je remarque que de nombreuses adaptations ont souvent négligé cet aspect, en préférant des acteurs un peu âgés et des enquêtes policières pour grands-mères assoupies.

Robert Downey Jr est tout aussi bon dans le second volet réalisé par Guy Ritchie. Notons que l’un des aspetcs les plus enthousiasmants réside dans l’équilibre subtil qui s’établit entre la vivacite de Robert Downey Jr et l’attitude racée de Jude Law, qui permet une synergie parfaite entre les deux personnages.

Second de justesse : Benedict Cumberbatch dans la série Sherlock

Lorsque j’ai appris sur le net que la BBC finançait une série sur Sherlock Holmes qui serait écrite par Steven Moffat et Mark Gattis, j’ai tout de suite été curieuse. En bonne habituée de Doctor Who, je savais que l’imagination débridée et la constante touche de délicatesse des scénaristes ferait des merveilles avec un personnage qui avait bien besoin d’un coup de jeune.

L’idée de le faire évoluer aujourd’hui est évidemment originale. Mais il ne faut pas se laisser bercer par cette transposition temporelle : Sherlock reste le même. Ce sont toujours les mêmes enjeux qui sont au coeur du personnage. Et l’acteur chargé de le défendre sur petit écran doit relever un défi de taille : apprendre au public à aimer ce type désagréable, snob et imbu de lui-même.

Benedcit Cumberbatch a certes un nom imprononçable pour un français, mais il faut avouer que c’est un sérieux acteur. Il exploite judicieusement les multiples facettes du personnage, et semble même le découvrir comme un gamin qui arrive dans un parc d’attractions : toutes les expériences sont bonnes à faire.

Le résultat est sidérant de justesse et de pertinence : il est vivace, mélancolique, énervé, drôle, agaçant, brillant… et semble constamment évoluer sur un fil d’équilibriste. Cette adaptation révèle tout le brio du personnage. Ses défauts autant que ses qualités sont en fait immortels. Il n’a pas d’âge car il renvoie aux travèrs de tous les hommes. Le génie mis à part, Sherlock est un homme comme tous les autres, cherchant sa place dans le monde et luttant à chaque instant.

Cumberbatch incarne à merveille cette lutte. Les scènes les plus pertinentes sont celle avec Madame Hudson. Les deux comédients y établissent un rapport presque mère/fils qui révèle un Sherlock extrêmement touchant et infantile que l’on a rarement (jamais ?) vu avant.

En bon acteur anglais, Cumberbatch accentue aussi le côté faussement “dandy” du personnage en le gratifiant de cette élégance naturelle des anglais et de ce maintien si particulier qui est noté dans les livres.

Premier du classement : L’inégalable Robert Stephens dans La Vie privée de Sherlock Holmes

Incomparable. Exceptionnel. Au plus près de l’esprit du texte. Sir Robert Stephens n’a incarné Sherlock Holmes qu’une seule fois, mais il a laissé dans ma mémoire un souvenir vivace. Dans La Vie privée de Sherlock Holmes, c’est l’excellent Billy Wilder qui prend les rênes de l’univers holmésien pour servir une histoire originale et fidèle à la fois. Lancé sur les traces du monstre du Lock Ness, d’un ingénieur belge et d’un projet top secret de l’armée anglaise, tout en étant poursuivi par des espions de l’empereur Guillaume II, ce Sherlock Holmes oscille parfaitement entre rigueur intellectuelle et profonde mélancolie.

Robert Stephens insuffle de l’énergie au personnage tout en lui rendant justice du point de vue de l’humour et de la sensibilité. L’ouverture du film laisse ainsi apercevoir toute la ressource malicieuse du personnage avec un hommage au compositeur Tchaïkovsky dans la plus pure tradition de l’humour anglais.

Cette incarnation de Sherlock Holmes est sans onteste la plus fidèle car l’acteur choisi offre une ressemblance physique évidente avec le personnage tel qu’il est décrit sous la plume d’Arthur Conan Doyle. Il se tient comme lui et parle avec un rythme de phrasé qu’on a eu l’impression d’entendre en lisant les livres. Ce Sherlock là semble sorti tout droit de l’imagination du lecteur.

Robert Stephens était l’un des meilleurs acteurs de sa génération, et il suffit de regarder ce film pour s’en convaincre. Son interprétation est particulièrement riche, alternant les passages gravement intenses avec des scènes de légèreté et d’humour bienvenu. Il est touchant, tout en restituant bien la noirceur sous-jacente de son personnage. En vérité, il ne cache rien du personnage, de l’homme derrière le détective.

Le spectateur a aussi la chance d’assister à de belles scènes entre Sherlock et Mycroft, incarné par Christopher Lee dans cette version. Les duels tout en douceur valent le détour. On y devine un rapport de force entre les deux hommes, en même temps qu’une admiration mutuelle pour leurs intelligences respectives : relecture intéressante et pertinente de la relation entre les deux frères.

Cette version rétablit également la relation de force entre Sherlock Holmes et le docteur Watson. Ce ne sont pas des égaux. Sherlock considère le docteur comme un assistant, mais l’amitié ne se glisse pas dans les énigmes : il reste seul maître à bord de son enquête. Et aux moments les plus sombres, cette amitié ne peut pas suffir à éloigner Sherlock de ses démons.

La profonde humanité de Sherlock est portée à bout de bras par Robert Stephens, dont on sent la profonde compassion qu’il éprouve pour son personnage. Voilà un acteur qui n’est pas dans le jugement, qui reste au plus près du mythe et ne cherche pas à impressionner les spectateurs. Je parlais tout à l’heure de l’humilité avec laquelle Robert Downey Jr avait incarné Chaplin : c’est ce même profond respect que l’on retrouve ici. En même temps qu’une incarnation intemporelle et parfaite.

Voilà. Mon panorama des meilleurs Sherlock est fini. Il reste encore tant de choses à dire… N’hésitez pas à me faire part de vos préférés !

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Maurice Leblanc

“Nous fabriquons nous-mêmes nos mystères. La vie est beaucoup moins compliquée que l’on ne croit, et elle dénoue elle-même ce qui nous paraît enchevêtré.”

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Des éoliennes dans les Hauts de Hurlevent

Comme l’avait écrit Ronsart en son temps : « Le temps s’en va, le temps s’en va madame ». Aujourd’hui, les sœurs Brontë seraient certainement surprises d’apprendre que la lande si chère à leurs cœurs va être dévisagée pour accueillir un projet d’énergie alternative. En clair, un champ de quatre éoliennes va être construit sur le parcours touristique de Thornton. Et avec leurs 60 mètres de haut, il y a fort à parier que les touristes auront du mal à ne pas les remarquer.

La lande se situe non loin de la maison des célèbres sœurs, à côté de Haworth, et la légende nous raconte que c’est sur cette lande qu’Emily aimait venir se promener. C’est même là qu’elle aurait trouvé l’inspiration pour Les Hauts de Hurlevent.

Bien sûr les temps changent et il ne faut pas systématiquement faire preuve de nostalgie ou pire de passéisme, mais les défenseurs du musée Brontë (la Brontë Society en tête) ont tout de même du soucis à se faire. Les visiteurs pourraient être rebutés par ce projet d’éoliennes et ne plus avoir envie de faire le déplacement jusque dans ce coin reculé du West Yorkshire.

Plus globalement, c’est une vraie question qui se pose sur la préservation des espaces culturels. Qu’est-ce qu’un espace culturel. Est-ce que le fait qu’un lieu ait accueilli une fois un auteur en promenade suffit à en faire un endroit à préserver coûte que coûte ? La question se pose de plus en plus, à l’heure où les promoteurs et autres consortium ont de moins en moins de scrupules.

Et dans le cas présent, je suis de tout cœur avec les défenseurs de la lande. J’espère marcher un jour là où sont nées quelques unes des plus belles pages de la littérature anglaise. Car ce n’est pas n’importe quelle lande : c’est celle qu’ont vu tous ceux qui ont lu ce livre magnifique qu’est Les Hauts de Hurlevent. Il s’agit d’un lieu de recueillement unique en son genre, du témoignage de l’intelligence humaine. Car ce qui définit le mieux notre espèce est peut-être notre capacité infinie à nous extraire de notre propre cadre. Cette lande est un héritage qu’aucun lecteur ne peut accepter de voir disparaître.

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Jack London

“L’histoire de l’homme, c’est l’histoire de l’amour de la femme.”

Dans Le Vagabond des étoiles.

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Maurice Leblanc, Arsène Lupin malgré lui

Juste au cas où vous ne connaitriez pas encore Maurice Leblanc, le père de l’un des plus grands héros de la littérature française et créateur d’une nouvelle branche du roman français, je vous déconseille carrément cette biographie écrite par Jascques Derouard : Maurice Leblanc, Arsène Lupin malgré lui. J’aurais trop peur que ça ne vous dégoûte à vie de l’extraordinaire oeuvre de Maurice Leblanc.

D’un point de vue strictement factuel, je ne peux pas dire que ce ne soit pas intéressant. On découvre une période de l’histoire littéraire et artistique française globalement méconnue, et l’on est à peu près à même de replacer Maurice Leblanc dans ce contexte historique. On sent que Jacques Derouard s’est bien penché sur son sujet, a fait des recherches et qu’il va jusque dans les moindres détails.

Là où je suis vraiment déçue, c’est que le lecteur ne ressent pas cet enthousiasme. Le biographe n’arrive pas à dépasser le stade pragmatique des faits historiques pour passer au niveau supérieur d’auteur capable de communiquer un tout petit peu de sa passion pour un remarquable auteur français.

On sent bien sûr qu’il y a beaucoup d’intérêt dans les faits qui nous sont présentés, mais cette prépondérance du factuel empêche la biographie de décoller. Et finalement, on a presque du mal à bien se représenter l’auteur. Maurice Leblanc nous reste un peu lointain. De nombreuses citations émaillent l’ouvrage, et sa parole révèle un peu de sa personnalité. Cependant, l’essentiel de son être se dérobe à nous.

Je compare surtout ces faiblesses par rapport à la biographie d’Alfred de Musset écrite par Gonzague Saint-Bris. J’y avais trouvé toute l’exaltation propre à Musset. Le portrait était une peinture fidèle qui prenait le lecteur par la main et le faisait basculer dans l’univers de Musset.

Ici, les pages stériles de Derouard n’arrivent pas à rendre vivant Maurice Leblanc. J’étais d’autant plus frustrée par cette lecture que Maurice Leblanc est pour moi synonyme du souffle de l’aventure. Ses Arsène Lupin ont été une lecture essentielle pour moi. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce personnage brillant, charmant, légèrement irrévérencieux, un brin génial et tellement dynamique. Il n’y a pas beaucoup d’auteurs qui ont su rendre un personnage de papier aussi incontournable et vivant dans l’imaginaire collectif !

J’avais acheté ce livre à Etretat, lorsque j’avais visité le Clos Lupin (visite que je vous recommande si vous êtes fan de Maurice Leblanc ou juste un peu curieux des maisons d’écrivains). J’avais donc l’espoir que cette lecture serait en quelque sorte l’apothéose de la visite.

Pour résumer mon impression de lecture, je répeterais donc que l’ouvrage reste trop factuel, et qu’il est globalement mal écrit. Mais disons qu’en attendant de trouver une excellente biographie sur l’excellent auteur que fut (et reste encore !) Maurice Leblanc, ce livre a au moins le mérite de présenter des éléments biographiques intéressants et pertinents.

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Honoré de Balzac

“J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot…”

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Plus célèbres que le Christ, d’Yves Bigot

Les romans, c’est bien, mais de temps en temps j’aime bien aussi plonger dans la réalité. Et comme justement l’un de mes violons d’Ingres est l’histoire du rock, je ne pouvais pas ne pas vous parler de l’un de mes livres préférés : Plus célèbres que le Christ.

Le titre à lui seul est brillant puisqu’il fait référence à la célèbre citation de John Lennon qui constatait, mi-amusé mi-atterré, que les Beatles étaient devenus plus célèbres que le Christ. Et c’est vrai qu’ils auront été nombreux à faire l’objet d’un véritable culte. Fantasme humain et quasi dramatique d’une immortalité atteinte au prix d’une célébrité parfois liée au génie, et parfois aussi à la souffrance et au désarroi.

Au programme, 50 portraits et extraits d’interviews de ceux qui ont fait le rock, ont écrit ses pages les plus épiques, les plus musicalement stimulantes, et aussi parfois les plus sombres. Autre point commun de nos rock stars : avoir croisé, à un moment ou un autre, la route de l’auteur, Yves Bigot. Journaliste musical passé par plusieurs publications avant de migrer vers les ondes télévisuelles, c’est aussi son portrait qui se dessine dans cette anthologie au gré de ses propres confidences.

Le premier bon point est évidemment de donner la parole à ceux qui ont un jour ou l’autre composé/chanté/joué/révolutionné une musique que j’adore plus qu’aucune autre… Et je sais que je ne suis pas la seule. Jimmy Page, Marylin Manson, David Bowie, Eric Clapton, Keith Richards, Miles Davies, Bob Dylan, U2… Ils sont (presque) tous là, accompagnés d’une ribambelle d’anecdotes plus ou moins personnelles qui donnent un brillant aperçu de cette époque révolue où le rock était une musique à vivre et non une bande-son commerciale pour publicitaires en panne d’inspiration.

Deuxième bon point : les personnalités présentées ne sont plus forcément médiatisées aujourd’hui et leur parole a d’autant plus de poids qu’elle est rare. C’est l’occasion rêvée d’entendre (ou en tout cas de lire) ce que pense Dylan de sa musique, de percevoir la vision musical de Keith Richards, de comprendre ce qu’était l’ambition créatrice de Led Zeppelin, d’être témoins des théories musicales de Pete Townshend… Au fil des pages, on comprend que le rock fut une épopée avant de tomber sous assistance respiratoire. Un bon moyen également de comprendre la posture de certains groupes/artistes modernes qui se posent dans une tradition musicale, culturelle et esthétique globalement méconnue.

C’est une tranche de la culture anglo-saxonne qui nous est livrée ici, avec les racines américaines et la forte influence des anglais, qui reprirent si génialement une musique noire pour en faire un courant artistique européen à part entière.

Autre aspect frappant de ce livre qui est presque aussi une étude psychologique : atteindre un peu les personnalités musicales célèbres au travers d’une certaine intimité. Leur parole ne se soucie pas de l’artifice, et seuls les propos les plus pertinents ont été gardés pour restituer une image fidèle de chacun.

Un livre incontournable donc, dans le quel je replonge régulièrement avec plaisir. Des anecdotes comiques aux interviews vérité, en passant par les histoires dramatiques ou grandioses, c’est une vision unique et personnelle de l’histoire du rock que nous livre Yves Bigot. Réjouissant !

P.S : Juste pour info, Yves Bigot a publié l’année dernière un volume 2 à ce livre avec 50 portraits supplémentaires à découvrir.

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